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SOINS A DONNER A LA FEMME ACCOUCHÉE

la muqueuse cervicale est congestionnée, surtout au niveau de la lèvre antérieure. Dans certains cas, il existe des déchirures larges pouvant aller jusqu'à l'insertion vaginale ou atteindre le segment inférieur.

Des soins à donner à la femme accouchée. — L'examen complet de l'accouchée ayant été pratiqué, on doit traiter les plaies vagino-périnéales afin de supprimer ces portes d'entrées pour les microorganismes. On verra plus loin comment il faut s'y prendre (voy. Infection puerpérale).

Pansement de la nouvelle accouchée après la délivrance. — L'accouchement et la délivrance terminés, le médecin se nettoie à nouveau soigneusement les mains, puis, si tout est normal, il fait la toilette de la femme. A cet effet, il glisse sous le siège de l'accouchée un bassin, puis place entre ses jambes légèrement écartées une cuvette remplie d'eau bouillie ou stérilisée dans laquelle il aura placé quelques morceaux de coton hydrophile stérilisé. S'il est partisan des injections vaginales, il la prépare à ce moment de façon à ne pas avoir à se relaver les mains.

Ceci fait, l'accoucheur commence par faire la toilette de la vulve; au besoin, il coupera aux ciseaux les poils des parties inférieures latérales, sur lesquelles le sang coagulé a formé des caillots adhérents. De la main gauche, il écarte les grandes lèvres, et projette sur la vulve de l'eau bouillie. Il examine la région en passant doucement des tampons de ouate humide, en ayant soin de ne pas se servir du même tampon pour la face interne des cuisses et larégionvulvaire; il veillera à ce que le tampon soit toujours conduit de haut en bas et ne ramène jamais de sang ou de souillures des parties latérales ou inférieures ano-périnéales vers l'orifice vulvo-vaginal.

La toilette vulvaire terminée, beaucoup d'accoucheurs ne font, après l'accouchement normal, ni pansement intra-vaginal, ni injection. A la clinique Tarnier (Bar), on ne donne d'injection vaginale que dans des cas très spéciaux; habituellement, on se contente d'une simple toilette. Si on fait une injection vaginale, la canule est conduite en bas et en arrière clans le vagin, et on voit le liquide de l'injection ressortir chargé de sang, de caillots, de petits débris d'enduit sébacé et quelquefois teinté de méconium. Cette injection est faite avec de l'eau bouillie ; il n'est pas nécessaire, dans les cas normaux, de l'additionner d'un antiseptique. En se servant d'eau simple, on respecte la vitalité des tissus, qui sont pour l'accouchée les meilleures moyens de défense contre l'infection. Certains accoucheurs ont préconisé l'introduction de deux doigts dans le vagin pendant le cours de l'injection, pour frotter les parois et les débarrasser plus sûrement des caillots et produits qui y seraient restés accolés ; cette manœuvre est inutile, douloureuse et peut être dangereuse. En effet, les chances de contamination sont d'autant moins grandes que le traitement sera plus simple sans manoeuvre vaginale. Aussi, sans proscrire l'injection vaginale immédiatement après la délivrance, nous croyons qu'il vaut mieux la supprimer et n'y recourir que dans certains cas spéciaux (Bar).

Faut-il pratiquer une injection intra-utérine immédiatement après l'expulsion du placenta? Nous croyons que, tout étant normal, cette injection ne doit pas être faite sans indication précise; elle peut être utile dans les cas où

MACÉ ET CHIRIÉ.

l'utérus reste atone, car, faite à une température élevée (40°-45°), elle réveille les contractions utérines. A la clinique obstétricale de Lyon, M. Fabre fait à toutes les femmes des injections intra-utérines de deux litres d'eau térébenthinée à 10 p. 1000 et a obtenu un abaissement de la morbidité de 20 à 14 p. 100 ; cette précaution peut être considérée comme inutile dans la majorité des cas ; on n'y aura recours que lorsque le travail aura été particulièrement long, et surtout dans les cas où les membranes ont été rompues de bonne heure et si le liquide amniotique verdâtre est fétide. Il sera bon alors de faire d'abord une injection intra-ovulaire d'eau iodée dès la sortie du foetus, puis une injection intra-utérine du même liquide, après la délivrance.

Dans le cas de rétention de membranes, il vaut mieux attendre vingt-quatre heures; on fera alors un écouvillonnage qui ramènera en général ce qui reste de membranes ; il est bon de terminer ce nettoyage de la cavité utérine par un attouchement iodé.

Un pansement vulvaire formé de ouate hydrophile aseptique est alors appliqué sur les organes génitaux externes. On ne doit jamais employer de ouate imbibée de solution antiseptique qui, par son contact prolongé, pourrait déterminer un érythème de la région vulvaire. Bar emploie souvent la gaze au peroxyde de zinc qui n'est ni odorante, ni irritante, ni toxique.

La malade est alors couchée, les jambes allongées, sur un lit propre et chaud. Elle va pouvoir jouir dès lors de la tranquillité et du repos auxquels elle aspire ; l'accoucheur ne devra la quitter qu'une heure ou deux après les derniers soins donnés : passé ce délai, il est rare de voir des accidents se produire.

Accidents immédiats observés dans les premières heures des suites de couches. — Dans les heures qui suivent l'accouchement, on peut observer des hémorragies secondaires, des frissons, enfin des phénomènes de shock. Les hémorragies secondaires et le schock ont déjà été étudiés et nous renvoyons à l'article de Commandeur (t. I, p. 464).

Le frisson est très fréquent après l'accouchement ; on doit même le considérer comme normal, surtout chez les femmes très nerveuses : il peut s'accompagner de claquements de dents. Il a pour caractère de ne s'accompagner ni d'élévation de la température, ni d'accélération du pouls durable. Il comporte le traitement habituel : boissons chaudes, linges chauds, boules chaudes, et cesse alors rapidement.

DE L'lN\OLUTION UTÉRINE

Ce chapitre comporte :

1° L'étude anatomique de la régression utérine ;

2° L'étude des phénomènes cliniques qui l'accompagnent ;

3° Les anomalies que l'on peut observer au cours de cette régression.

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