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L. DEVRAIGNE

Accoucheur des hôpitaux de Paris.

1. — ASPECT EXTÉRIEUR DE LA FEMME EN DEHORS DE LA GROSSESSE ET PENDANT CET ÉTAT

Les documents les plus précieux sur les lois qui régissent les proportions des différentes parties du corps humain nous sont fournis par l'art, par l'anthropologie et par l'anatomie artistique.

Les canons, depuis ceux de Polyclète et de Lysippe jusqu'à celui de Richer, mesurent les segments du corps à l'aide d'un module pris parmi les parties du corps : la longueur de la paume de la main, des doigts, la hauteur de la tête. Ce dernier module a prévalu. La hauteur du corps serait ainsi divisible en sept têtes et demie ou huit têtes.

Canon de Richer. — Voici quelles sont les proportions admises par Richer : « La tète est comprise sept fois et demie dans la hauteur totale ; le milieu du corps est situé un peu au-dessus du pubis. Le tronc, y compris la tête, mesure quatre longueurs de tête. Les divisions correspondent à des points de repère situés à la partie antérieure et postérieure. La première division est tangente au menton; la deuxième répond aux mamelons; la troisième, en avant au nombril ou un peu au-dessus, et en arrière à la limite supérieure des fesses. La quatrième, qui coupe en avant les organes génitaux à leur partie inférieure, est située, en arrière, juste au niveau du pli fessier. Le membre inférieur comprend quatre longueurs de tête à partir du sol jusqu'au milieu du pli de l'aine qui répond à l'articulation coxo-fémorale (fig. 1).»

Les deux segments du membre inférieur sont égaux, et la ligne qui joint la plante du pied à la pointe de la rotule est égale à celle qui réunit la pointe de la

KEIFFER ET DEVRAIGNE.

rotule à la région sus-trochantérienne. L'horizontale passant par le sommet des deux trochanters coupe l'arcade de Fallope en son milieu. Le membre supérieur mesure trois têtes, du creux de l'aisselle à l'extrémité du doigt médius. L'olécrâne occupe juste le milieu de l'espace compris entre le sommet de l'épaule et l'articulation métacarpo-phalangienne du médius. La femme étant debout dans la position du soldat sans armes, l'extrémité des doigts arrive sensiblement à la réunion du tiers inférieur avec les deux tiers supérieurs de la cuisse.

Pour avoir une idée exacte de l'aspect extérieur normal chez la femme, il faut choisir comme modèle une oeuvre de la statuaire antique. Si nous prenons par exemple la Vénus de Médicis, nous voyons que le « tronc représente un ovoïde à grosse extrémité supérieure, mais, tandis que chez l'homme la différence

entre cette large extrémité supérieure et la petite extrémité inférieure est considérable, chez la femme cette différence est beaucoup moindre» (Duval). Si nous observons l'aspect général des formes, le tronc et les membres présentent à peine les reliefs des régions musculaires les plus saillantes ; ils sont atténués par une couche adipeuse suffisante pour leur donner l'aspect fuselé, trop peu importante pour en alourdir les contours.

On n'aperçoit aucune saillie brusque au niveau des points squelettiques les plus superficiels ; de même, les fossettes dues aux adhérences cutanées avec les aponévroses profondes et les plis comme le pli fessier sont estompées, adoucies. Les mains et les pieds également fuselés forment une élégante terminaison aux membres, grâce à des attaches délicates ne révélant rien de leur charpente osseuse et tendineuse.

Comparons la Vénus de Médicis à VÈve d'A. La tête est comprise sept fois Durer, et nous voyons que les grandes lignes sont et demie dans la hauteur totale conservées : largeur du bassin, thorax

du tronc. . °

ample, chairs bien étoffées.

L'art moderne est plus tourmenté, et il suffit de jeter un coup d'œil sur la Danseuse de Falguière pour juger de la forme de la femme telle que la voit un grand artiste contemporain, telle que les médecins de notre époque la voient souvent, au moins dans les grandes villes.

Au début du xx£ siècle, cette forme anti-esthétique, anti-naturelle, est due, notons-le en passant, à la déformation profonde causée par l'habitude du corset. Le tronc n'a plus la forme d'un ovoïde comme dans la Vénus de Médicis, mais de deux troncs de cône qui se regardent par leur sommet.

Certaines déformations tiennent à la race (races de couleur, Hottentotes).

Examinons, en médecin, une femme jeune et de structure normale, placée dans la position verticale.

1° Vue de dos. — On remarque latéralement la saillie du bassin dont le maxi-

lyu-

Fie. 1. — Canon de Bicher.

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