ETUDE AN ATOMIQUE ET CLINIQUE DES INFECTIONS PUERPÉRALES
Classification. — Tous les auteurs qui ont étudié les infections puerpérales ont tenté de les classer -, mais il faut reconnaître que, parmi les multiples classifications proposées, aucune n'est pleinement satisfaisante. Ces classifications ont été établies d'après trois bases différentes : la lésion anatomique dominante, l'allure clinique de la maladie, le germe infectant.
1° Classification basée sur les lésions anatomiques. — Jadis, on décrivait, à l'infection puerpérale, des formes utérine, péritonéale, pulmonaire, arthritique, cardiaque, méningitique, etc. Cette division, dont le principe est loin d'être mauvais, n'est critiquable que parce qu'elle est poussée trop loin : c'est ainsi que les prétendues formes arthritique, cardiaque, etc., ne sont, en réalité, que des accidents d'une seule et même forme, l'infection pyohémique.
2° Classification basée sur l'allure clinique de la maladie. — a. Widal (1889) reconnaît quatre groupes de formes d'infection puerpérale : les formes avec suppuration limitée à l'utérus, aux annexes, au péritoine ; les formes avec suppuration généralisée (infection purulente) ; la forme pseudo-membraneuse ; la forme septicémique pure. Cette division manque de rigueur par certains points : il est bien certain, par exemple, que la production de pseudo-membranes peut s'observer au cours de diverses formes, et, de ce fait, ne mérite pas de donner naissance à une forme individualisée.
b. Schiavoni (1900) admet trois types : la fièvre septique, la fièvre pyohémique, et la fièvre toxémique, classification très incomplète, ou du moins beaucoup trop générale.
3° Classification basée sur la nature ou le mode d'action du germe infectant. — a. Fritsch (1885) reconnaissait deux groupes d'infection : l'infection pathogène due au streptocoque, et l'infection non pathogène dépendant des bactéries