CLASSIFICATION ANATOMO-CLIN1QUE DES INFECTIONS PUERPÉRALES
de la putréfaction. Actuellement, il n'est plus possible d'admettre ce terme de « non pathogène » appliqué à des microbes capables de donner naissance même à une infection septicémique.
b. Olshausen (1889), envisageant la façon dont les germes agissent sur l'organisme, tantôt par leur diffusion dans le sang, tantôt simplement par l'élaboration de leurs toxines, distingue l'infection proprement dite de la simple fièvre par résorption (Resorptionsfieber). Mais n'y a-t-il pas habituellement coexistence, en un même cas, de ces deux processus ?
c. Doléris, Krônig, Varnier, etc., ont tenté de décrire des infections streptoooecique, staphylococcique, colibacillaire, anaérobique, etc. A priori, cette classification est fort tentante; toutefois, elle ne saurait être adoptée, et ceci pour deux raisons : 1° chaque germe est capable de donner naissance à des formes cliniques très variées ; 2° chaque infection, en particulier, est très souvent polymicrobienne, du moins dans sa phase utérine : 3, 6, 10 espèces, aérobies et anaérobies, cohabitent dans les lochies.
4° Classification anatomo-clinique, que nous adopterons. — Dans ces conditions, nous adopterons une classification basée à la fois sur la lésion anatomique dominante et sur l'allure clinique de l'infection, et nous décrirons les multiples formes de l'infection puerpérale en les groupant comme il suit :
1° Les infections vulvo- vaginales : escarres vulvo-vaginales, diphtérie puerpérale, lymphangite vulvaire, gangrène vulvo-vaginale.
2° Les infections utérines : d'abord, le type habituel de l'infection, c'est-à-dire la métrite puerpérale, se bornant à des accidents utérins (endométrite, métrite parenchymateuse), ou donnant naissance à une infection de tout l'organisme (septicémie secondaire) ; puis, quelques variétés courantes, telles que la lochiométrie, l'endométrite putride, l'infection limitée au col et au segment inférieur; enfin, les formes exceptionnelles: la gangrène utérine, l'abcès utérin.
3° Les infections annexielles : salpingo-ovarites, phlegmons péri-utérins, cellulite pelvienne diffuse.
4° Les péritonites : péritonite généralisée suraiguë, péritonite phlegmoneuse, péritonite subaiguë, péritonite à kystes purulents multiples, pelvi-péritonite.
5° Les phlébites puerpérales, groupe d'infections très diverses, mais ayant dans leur pathogénie et leur localisation anatomique d'importants points de contact. Nous y décrirons la phlébite utéro-pelvienne simple ou adhésive, la phlébite utérine infectante (pyohémie puerpérale, infection purulente, ou septicémie intermittente), la phlegmatia alba dolens.
6° Les septicémies puerpérales, évoluant d'emblée comme telles : la septicémie aiguë primitive, la septicémie gazeuse.
Dans cette classification, nous avons abandonné, à dessein, la division en formes localisées et formes généralisées, et ceci pour plusieurs raisons : tout d'abord, il est souvent très difficile de dire si une infection est, ou non, généralisée ; de plus, nombre d'infections, au cours de leur évolution, passent par ces deux phases ; enfin il est tout un groupe d'infections, les péritonites, qui ne pourraient rentrer dans aucun de ces groupes, car, localisées au sens