GANGRÈNE VULVO-VAG I NALE
employé avec succès pavBar, consiste à appliquer sur les plaies vulvo -vaginales des pansements au bouillon lactique (voy. p. 658), répétés matin et soir, et à l'exclusion de toute autre substance. Sous l'influence de ces pansements, qui ne sont ni douloureux ni caustiques, on voit rapidement les plaies se déterger, prendre un aspect rosé et net, et marcher vers la guérison. Nous ne saurions trop recommander l'emploi de cette méthode.
Diphtérie puerpérale. — En dehors des cas assez rares signalés par Williams, Bumm, Andérodias, où il s'agit d'une infection à bacille de Lœffler, on peut rencontrer, au niveau de la vulve et du vagin, des lésions diphtéroïdes dues à différents germes, particulièrement au Streptococcus pyogenes. Les plaies sont recouvertes par de véritables fausses membranes blanchâtres ou grisâtres, adhérentes, que l'on ne peut détacher sans une légère hémorragie. Ces membranes recouvrent parfois toute l'étendue du vagin, envahissant même le col. Tout autour existe un œdème très prononcé, capable, dans quelques cas, de s'étendre assez loin (érysipèle malin interne de Virchow). L'état général fébrile et souvent mauvais est une preuve de la gravité de l'infection. Il faut se contenter d'attoucher ces membranes au jus de citron ou à Tiode, d'isoler les plaies les unes des autres; bientôt les fausses membranes deviennent plus molles et se détergent vers le dixième jour. Il serait dangereux d'essayer de les détacher à la curette, car on ouvrirait de nombreuses bouches lymphatiques et sanguines, et on risquerait ainsi de généraliser l'infection.
Il est bien entendu que, si l'on se trouve en présence d'une infection à bacille de Lœffler, il faudra en outre recourir au traitement général par le sérum de Roux.
Lymphangite vulvaire. — Une plaie de la vulve peut devenir le point de départ d'un érysipèle de cette région. Dans quelques rares cas, il y a lymphangite simple : l'attention est attirée par une brusque élévation de température, à 40° ou 41°, en même temps que la femme se plaint de céphalée. On croit, alors, à une lymphangite mammaire, mais l'examen des seins est négatif ; par contre, en écartant les grandes lèvres, on voit , au niveau de l'une d'elles, une plaque lymphangitique rouge, rayonnant autour d'une petite plaie. La fièvre tombe dans la journée, et, au bout de trente-six à quarante-huit heures, tout rentre dans l'ordre. On aura, dans ce cas, recours aux applications de compresses humides et antiseptiques (à l'eau chloralée, par exemple).
Gangrène vulvo-vaginale. — Bien décrite par Jacquemier, cette affection est aujourd'hui exceptionnelle. A la suite d'un accouchement lent et laborieux, les tissus mortifiés se sphacèlent. En certains points, apparaît une tache rouge obscure dont la partie centrale présente une escarre d'étendue variable. Les plaies de la région donnent lieu à une suppuration ichoreuse et très fétide ; leur fond est lardacé. Le processus gangréneux peut s'étendre à toute la hauteur du vagin, à la vessie, au rectum, donnant naissance à des fistules vésico ou recto-vaginales. L'état général est profondément touché et le pronostic très sombre. Quand la femme guérit, il peut persister des cicatrices