INFECTION PUERPÉRALE LIMITÉE AU COL
3a température atteignant 40° et 41°, en même temps que des frissons se répètent ; le pouls est fréquent, la langue sèche, l'haleine fétide ; la malade •est épuisée par une diarrhée tenace, verdâtre et horriblement putride ; elle peut succomber dans l'algidité. Le pronostic n'est pas aussi uniformément sévère que semblent l'indiquer les symptômes, et tous les accoucheurs ont vu guérir des femmes dont l'état avait paru absolument désespéré ; toutefois, la mortalité s'élève à 10 p. 100 quand l'infection est consécutive à la putréfaction du liquide amniotique, à 35 p. 100 quand elle fait suite à la putréfaction fœtale (Demelin).
Entre les deux formes extrêmes que nous venons de décrire, l'une très bénigne, l'autre très sérieuse, il y a place pour tous les intermédiaires, avec prédominance, suivant les cas, des signes locaux ou des symptômes généraux.
Traitement. — S'il y a fétidité des lochies sans réaction générale, on se contentera de faire chaque jour plusieurs injections vaginales (à l'eau oxygénée ou à la liqueur de Labarraque) et de glacer la région hypo gastrique ; si les lochies restent fétides et abondantes, on pratiquera le toucher intra-utérin. L'utérus contient-il quelque débris ? il convient de l'en débarrasser par l'écouvillonnage, le curage digital ou le curettage ; dans le cas contraire, on se bornera à une injection intra-utérine (à l'eau oxygénée, par exemple), que l'on pourra répéter pendant quelques jours si cela est nécessaire.
Y a-t-il endométrite putride avec réaction générale ? débarrassons, au plus vite, l'utérus par un nettoyage bien complet (voy. p. 658), de tous les débris qu'il peut contenir, et qui fourniraient un aliment aux germes ; puis instituons, pour peu que l'écoulement lochial reste abondant et fétide, les grands lavages utérins discontinus (voy. p. 655). Si l'infection apparaît consécutivement à la putréfaction fœtale, que l'état général soit d'emblée fortement touché, mieux vaut pratiquer immédiatement Vhystérectomie (voy. p. 665) : l'indication de cette intervention serait absolue, en cas d'emphysème utérin.
Enfin, est-il besoin d'ajouter que, dans ces formes sérieuses, il faudra recourir à tous les moyens de nature à soutenir l'état général (voy. p. 647)
Infections limitées au segment inférieur ou au col. — 1° Infection limitée au segment inférieur. — On observe cette variété clinique à la suite d'un placenta prsevia ayant nécessité la délivrance artificielle, quelques débris de l'arrière-faix persistant au niveau du segment inférieur. Dans d'autres cas, cette région a subi, au cours d'opérations antérieures, des délabrements considérables. C'est là que, primitivement du moins, se localise l'infection. L'examen local montre, en effet, que le corps utérin, indemne, est bien revenu sur luimême.
On se contentera, en pareil cas, de réviser, par un curettage très prudent, le segment inférieur, pour le débarrasser des débris qui peuvent y être demeurés, et de Vattoucher à Viode, mais sans pénétrer dans le corps utérin, afin de n'y point porter une infection dont il est resté jusqu'alors indemne.
2° Infection limitée au col. — Très rarement isolées, les lésions du col coïncident habituellement avec celles de la vulve et du vagin, ou avec celles de
La pratique de l'art des accouchements. I. — 38