‹ La pratique de l'art des accouchementsChapitre 312 sur 492 · C. JEANN1N · texte numérisé non relu

C. JEANN1N

citer ceux de Krônig et Menge en Allemagne et, en France, ceux de Jeannin (thèse de 1902), on sait que ces accidents sont dus à tous les germes anaérobies. dont les plus fréquents sont : le B. perfringens, le Micrococcus fœtidus, le B. radiiformis, le B. ramosus. Ces microbes agissent habituellement en association, si bien que dans un même examen on trouve de 4 à 10 espèces différentes ; très fréquemment, on rencontre même une association aéro-anaérobie, les germes précédemment énumérés s'alliant au streptocoque ou au colibacille ; d'ailleurs, ce dernier germe peut, à lui seul, donner naissance à une infection putride (Gebhardt).

L'endométrite putride éclate surtout quand il reste in utero des débris placentaires, à la suite d'un avortement incomplet, par exemple; elle est grandement favorisée par tout obstacle au libre écoulement des lochies, et par la mortification des tissus utérins, résultant de laborieuses interventions obstétricales.

D'ailleurs, cette endométrite n'est bien souvent que la suite d'une infection ayant débuté au cours même du travail : putréfaction du liquide amniotique, putréfaction fœtale, physométrie , emphysème utérin.

Étude clinique. — L'infection putride de l'utérus revêt deux formes principales :

1° La simple fétidité des lochies.

— Les lochies sont abondantes, crémeuses, grisâtres, d'odeur infecte, mais il n'y a pas de réaction générale, et c'est à peine si le thermomètre oscille entre 37°,5 et 38°. Cet accident est bien souvent causé par l'ascension in utero des saprophytes anaérobies du vagin ; dans certains cas également où il y a rétention stercorale, l'infection est d'origine intestinale, colibacillaire. Cette forme est essentiellement bénigne, et, si l'utérus ne contient aucun débris ovulaire, elle guérit spontanément au bout de huit à dix jours.

2° L1 endométrite putride proprement dite. — L'infection est alors, fréquemment, consécutive à la physométrie au cours de l'accouchement, particulièrement s'il y a eu putréfaction foetale ; elle débute du troisième au quatrième jour des couches, après un laps de temps durant lequel tout semblait rentré dans l'ordre (fig. 303). Les lochies brunâtres, très abondantes, d'odeur stercorale ou cadavérique, irritent et enflamment les parties génitales externes, produisant des ulcérations et de l'oedème au niveau de la vulve et du périnée. Quelques gaz peuvent s'échapper avec le flux lochial. L'état général est grave,

Pouls

A = Accouchement

emperacure .

Fig. 303.— Courbe de pouls et de température, chez une femme ayant eu des accidents puerpéraux à la suite d'une infection amniotique.

La température, qui s'était élevée pendant le travail, s'abaisse durant les deux premiers jours des couches, pour reprendre à partir du troisième jour.

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