‹ La pratique de l'art des accouchementsChapitre 343 sur 492 · C. JEANNIN · texte numérisé non relu

C. JEANNIN

Étude anatomique. — Uautopsie est négative, ne dévoilant que des lésions banales de congestion au niveau des poumons et des organes abdominaux; mais tous les viscères sont farcis de germes : les coupes histologiques les décèlent dans le parenchyme du foie, de la rate, des reins; ils existent également dans les différentes humeurs, jusque dans les sécrétions bronchiques (Rendu).

Traitement. — La septicémie aiguë primitive échappe actuellement à toute thérapeutique : aux premiers signes d'infection, on tentera un traitement local rapidement reconnu inutile ; aussi se bornera-t-on à combattre l'hyperthermie par la balnéation ou les enveloppements humides. On organisera le traitement par l'essence de térébenthine, sous forme de sérum térébenthiné, et d'essence pure (voy. p. 681), ainsi que par l'argent colloïdal (voy. p. 685). Les inhalations d'oxygène, les injections sous-cutanées de sérum, voire même le lavage du sang, pourront également être essayés.

B. — Septicémie gazeuse.

Près de la septicémie aiguë classique, il faut placer la septicémie gazeuse, infiniment plus rare. Elle fait suite habituellement à quelque infection locale putride, emphysème utérin, physométrie, gangrène utérine. Les accidents débutent du deuxième au quatrième jour des suites de couches, par une ascension thermique qui s'accentuera les jours suivants. L'état général est profondément touché; la malade est épuisée par une diarrhée fétide; le pouls est rapide et petit ; souvent il existe de l'ictère.

Au bout d'un temps qui varie de un à trois jours, la femme succombe, d'habitude en hypothermie, après plusieurs heures de coma. A l'autopsie, on est frappé de trouver les viscères spumeux (Schaumorgane), laissant échapper, à la coupe, des gaz fétides. Ce phénomène a surtout été signalé au niveau du foie : Bar et Belloy, Bonnaire et Thoyer-Rozat ont observé cette hépatite gazeuse chez des femmes ayant eu de l'éclampsie ; Demelin et Létienne en ont également publié un cas. Le foie se trouve transformé en une masse spongieuse, aréolaire, flottant sur l'eau. L'examen histologique démontre qu'il s'agit là d'un phénomène ante mortem, car il révèle des signes de réaction cellulaire, des petites hémorragies résultant de la dislocation des lobules par les gaz. Westenhôfîer a vu, dans un cas, cette hépatite gazeuse coïncider avec des abcès de même nature, disséminés dans les différents viscères ; Wendeler, dans une observation qui, d'ailleurs, n'est pas unique, signale la présence des gaz dans le sang même, toute la masse sanguine étant devenue spumeuse.

Ces septicémies gazeuses ont d'abord été attribuées à l'action du vibrion septique (Bacillus septicus de Pasteur), dont Pirogoff, Koch, Chauveau et A.rloing ont bien établi le rôle. On sait actuellement, grâce aux travaux de Perkins, Gôbel, Schnell, Halban, Jeannin, etc., que tous les microbes anaérobies peuvent leur donner naissance. Ils agissent habituellement, associés entre eux et avec des aérobies (Roger, Penzo, Besson). Le plus redoutable de ces germes

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