‹ La pratique de l'art des accouchementsChapitre 342 sur 492 · SEPTICÉMIE PUERPÉRALE AIGUË PRIMITIVE · texte numérisé non relu

SEPTICÉMIE PUERPÉRALE AIGUË PRIMITIVE

nisme, sidéré par les toxines microbiennes, ne réagit pas, et le sujet succombe avec tous les symptômes d'un empoisonnement violent. La contamination a été faite par une main souillée de matière septique fraîche, telle que du pus de phlegmon diffus, ou bien la nouvelle accouchée était placée dans un foyer d'épidémie puerpérale, les germes qui l'atteignent ayant exalté leur virulence par passages successifs sur plusieurs sujets. L'éclosion de tels accidents est facilitée par la moindre résistance du terrain, comme c'est le cas chez des femmes ayant subi quelque grave traumatisme obstétrical ou quelque abondante hémorragie. Toutefois, il faut bien savoir que cette septicémie aiguë peut frapper une femme jusque-là bien portante, et dont l'accouchement avait été parfaitement normal.

Le début de l'infection est remarquablement précoce : elle éclate le premier ou le deuxième jour des suites de couches, parfois même quelques heures après l'accouchement (fîg. 313). Après un frisson initial violent, prolongé, inconstant d'ailleurs, la température s'élève à 40° ou 41°, en même temps que le pouls bat à 120, 140 ; le lendemain, le thermomètre monte encore, et ainsi de suite pendant trois à six jours, la courbe thermique atteignant, par un lysis ascendant, 41°, 41°, 5, parfois même 42° et plus ! Très rapidement l'état général est grave : le pouls, rapide, est faible, irrégulier, puis incomptable; la respiration est très accélérée : on compte de 40 à 60 inspirations par minute ; il existe de la dyspnée toxique, sine materia. Le faciès est terreux, la langue peut être rôtie, les extrémités cyanosées. Les matières fécales sont souvent diarrhéiques ; la peau devient le siège d'éruptions, et au niveau des membres

on note, dans quelques cas, des œdèmes fugaces et ambulants (Budin), parfois des plaques érysipélateuses rouges, quelquefois livides ou presque blanches. Cependant, l'abdomen n'est ni douloureux ni ballonné, les organes génitaux semblent indemnes, les lochies sans odeur, rares ; fréquemment, la montée laiteuse fait totalement défaut. Finalement, on observe de l'incontinence des matières et la malade tombe dans le coma, soit en hypothermie, soit en hyperthermie, le thermomètre continuant alors à monter pendant les deux ou trois premières heures qui suivent la mort.

La septicémie primitive aiguë est toujours mortelle : la malade peut succomber au bout de quatre à cinq jours ; souvent la mort n'arrive qu'un peu plus tardivement : du sixième au dixième jour (Tarnier); elle peut même attendre le quinzième jour (Widal). Ces cas se rapprochent de ceux qui ont été étudiés précédemment (voy. p. 589).

Fig. 313. — Courbe de pouls et de température chez une femme morte de septicémie puerpérale aiguë.

L'infection, d'emblée générale, a débuté dés le lendemain de l'accouchement. La température pouls s'élèvent constamment qu'à la mort.

T, température; P, pouls.

t le jus-

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