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LES INJECTIONS INTRA-UTÉRINES

nous donc exclusivement des procédés dirigés contre l'infection utérine, utéroannexielle et péritonéale. En allant du simple au complexe, nous avons à notre disposition : les injections intra-utérines, le drainage de l'utérus, les pansements intra-utérins, le nettoyage de l'endomètre (par curage digital, curettage instrumental, écouvillonnage), enfin les interventions chirurgicales, hystérectomie, laparatomie, colpotomie, ligature et excision des pédicules veineux thrombosés. Etudions la technique, les résultats et les indications de chacune de ces méthodes.

1° Injections intra-utérines. — Historique. — Le lavage de l'utérus infecté, déjà prévu par Harvey, a été fait méthodiquement en 1704 par Ruleau, pour obvier à la fétidité lochiale. Recolin et Levret eurent recours à cette pratique pour enlever des portions d'arrière-faix en voie de putréfaction in utero ; Gensoul, Roche et Hervez de Chégoin la recommandent en cas de fièvre puerpérale à forme putride. Cependant, les résultats étaient si douteux que l'usage des injections utérines ne se généralisa pas ; il fallut les travaux d'Hervieux et de son élève Fontaine, puis de J. Rendu, pour les faire entrer définitivement dans la pratique courante. Elles furent alors employées avec une fréquence d'autant plus grande que les accoucheurs ne possédaient aucun autre moyen de combattre l'infection ; c'est ainsi que Tarnier conseillait de laver l'utérus de toute femme ayant au moins 38° pendant les cinq premiers jours des couches, et de répéter ces injections deux et trois fois par jour, jusqu'à la chute définitive de la température.

Manuel opératoire. — On se sert, pour faire une injection utérine, d'un récipient de 2 litres, muni d'un tuyau de caoutchouc dont l'extrémité s'adapte à une canule spéciale : on peut faire usage de la sonde plate de Tarnier, longue de 28 centimètres, en métal ou mieux en verre. Il est préférable d'employer une sonde à double courant dont il existe de nombreux modèles, depuis que Stoltz en eut l'idée en 1856 ; les deux meilleures sont, sans conteste, celles de Budin et de Doléris. La sonde de Budin présente une gouttière profonde sur toute sa longueur, si bien qu'une coupe perpendiculaire à la surface revêt l'aspect d'un fer à cheval. L'extrémité de cette sonde, très arrondie, est perforée de deux ou trois larges yeux. Cette sonde est facile à introduire : elle ne risque pas de blesser l'utérus et surtout elle assure, grâce à sa gouttière, la facile sortie du liquide, qui ne saurait s'accumuler in utero et pénétrer dans les sinus, même en cas de contraction utérine. D'autre part, le liquide injecté entre bien en contact avec l'endomètre, car la courbure en fer à cheval est calculée de telle sorte que la capacité de la gouttière soit égale à la capacité du calibre de la sonde. Budin a fait construire tout un jeu de sondes de différentes dimensions, en métal ou mieux en verre. La sonde de Doléris a la forme d'une lyre dont on peut, à volonté, rapprocher ou écarter les deux branches, à l'aide d'une vis montée sur une armature mobile ; cet excellent appareil permet , grâce à ce dispositif, d'exercer une certaine dilatation du col.

L'injection sera faite avec un liquide antiseptique, mais non toxique. On a,

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