C. JEANNIN
actuellement, complètement renoncé à l'acide phénique ; de même, il faut délaisser tous les sels de mercure, et particulièrement le sublimé : nous savons, en effet, que le bichlorure de Hg, peu antiseptique à faible dose, devient très toxique à dose forte. Nous pourrons, par contre, nous adresser aux substances suivantes : 1° Diode, d'après la formule de Tarnier :
Iode métalloïde 3 grammes.
Iodure de potassium 6 —
Eau distillée bouillie 1 000 —
C'est là une excellente préparation qui peut servir dans tous les cas.
2° L'eaiî oxygénée, à 12 volumes, que l'on coupe d'une quantité égale d'eau bouillie. Cette substance est très active, en raison du dégagement d'oxygène à l'état naissant, dont les bulles pénètrent dans les moindres fissures de l'endomètre. La crainte d'une embolie aérienne engage à proscrire l'emploi de l'eau oxygénée durant les premières heures du post-partum.
3° Le permanganate de potasse, à la dose de 1 à 2 grammes par litre ; il est spécialement indiqué en cas- d'infection gonococcique. On l'associera, utilement, avec l'eau oxygénée, au cours d'un même traitement.
4° La liqueur de Labarraque, ou hypochlorite de soude, à la dose de deux cuillerées à soupe, soit 30 grammes, par litre d'eau. Cette solution est excellente, surtout dans les formes putrides.
5° L'aniodol conseillé par Pinard, à la dose de 1 p. 4.000, combat également la fétidité lochiale d'une manière très efficace.
6° Y? essence de térébenthine est préconisée par Fabre, sons la forme suivante : dans un litre d'eau stérilisée, on verse, après agitation, 30 centimètres cubes du mélange suivant :
En agitant ce mélange, il se produit une émulsion assez fine quipersiste un temps suffisant pour pratiquer l'injection.
D'une façon générale, la quantité de liquide à injecter est de deux litres ; l'injection sera faite à une température moyenne de 38° à 45°.
Le mieux pour pratiquer une injection intra-utérine est, incontestablement de mettre la femme en position obstétricale, c'est-à-dire en travers du lit, ou sur une table à spéculum. On écarte, à l'aide d'un spéculum ou de deux valves, les parois du vagin, on attouche à la teinture d'iode le col, que l'on immobilise ensuite à l'aide d'une pince de Museux jetée sur la lèvre antérieure du museau de tanche. Rien n'est alors plus aisé que de faire pénétrer, in utero, la sonde, sans la souiller au contact de la vulve et du vagin.
Dans la pratique de ville et même à l'hôpital, on néglige très habituellement ces utiles précautions, et, sous prétexte de simplifier, on laisse la femme couchée en long dans son lit. L'usage nous oblige à décrire cette seconde manière de faire, beaucoup moins aisée et beaucoup moins sûre que la précédente.
Tout étant préparé, la femme ayant uriné, reste allongée dans son lit et le
Essence de térébenthine . . .
Eau stérilisée
Teinture de bois de Panama
300 centimètres cubes.