LA CONTRACTION UTÉRINE
truelle ; l'auteur admet pour cela qu'il y a une fluxion, une congestion ovarique régulièrement chaque mois au cours de la grossesse, ce qui n'est pas prouvé.
On peut rattacher à cette théorie de Smith l'idée plus précise qu'ont eue Sobotta et Prenant de considérer le corps jaune de la menstruation, et surtout celui de la grossesse comme une glande dont la sécrétion interne, déversée dans la circulation, pourrait être la cause efficiente spécifique de l'accouchement et de l'instauration régulière de la menstruation.
Mais de nouvelles recherches sont nécessaires, car on sait, d'autre part, que le corps jaune gravidique n'évolue chez plusieurs mammifères (lapines, cobaye) que jusqu'à mi-terme.
Les travaux de ces dernières années sur les glandes à sécrétion (l'hypophyse, par exemple) interne pendant la grossesse sembleraient indiquer que ces organes ne sont pas sans influence sur la contractilité utérine.
En 1911, Von der Heide aurait plusieurs fois provoqué le travail chez les femmes près du terme, en leur injectant de 8 à 20 centimètres cubes de sang défibriné, prélevé sur des femmes en travail, à la période de dilatation ou d'expulsion : pour lui, l'accouchement serait un incident anaphylactique. D'après ces recherches expérimentales, le sérum foetal agirait comme excitateur des contractions utérines.
En 1911 également, Amigues, étudiant le quotient fœto-placentaire, c'est-àdire le rapport arithmétique existant entre le poids du fœtus divisé par le poids du plac nta,a montré que, dans le cours du développement, le placenta perdant de plus en plus d'importance par rapport au poids du fœtus, le quotient fœtoplacentaire croît d'une façon constante, pour arriver à un chiffre à peu près fixe au moment de l'accouchement. Il voit là une cause déterminante de l'accouchement. L'interruption de la grossesse est probablement amenée par une disproportion trop considérable entre le volume du placenta, filtre des matériaux nutritifs, et celui du fœtus, champ d'utilisation de ces matériaux.
Il est vraisemblable aussi que le travail soit provoqué par l'arrêt d'une sécrétion interne.
Quoiqu'il en soit, qu'il s'agisse d'un excitant fœtal, utérin, sanguin, ovarique ou glandulaire, l'utérus entre en travail à un moment donné où son irritabilité est particulièrement excitable. Cela est si vrai qu'une émotion, un traumatisme sur ses parois, un rapprochement sexuel (traumatisme génital), la trépidation d'un train, d'une automobile, une excitation électrique sur la moelle ou sur l'utérus peuvent mettre brusquement en jeu la contractilité latente de cet organe.
On peut dire que l'utérus est sous la dépendance d'un système nerveux qui agit sous de multiples influences centrales et périphériques, et cela particulièrement à la fin de la grossesse.
Nous avons vu quel était ce système nerveux et quelle est la composition de l'arc réflexe de l'utérus :
1° Un centre médullaire lombaire qui, chez la chienne, se trouve au niveau de la cinquième vertèbre lombaire ;
KEIFFER ET DEVRAIGNE.
2° Un plexus de nerfs et de ganglions sympathiques et les nerfs hypogastriques ;
3° Des nerfs et des ganglions intra-utérins.
En dehors de l'excitant spécifique encore mystérieux qui détermine l'accouchement, les excitants les plus puissants de l'utérus sont : le courant faradique appliqué soit au niveau du centre lombaire ou directement sur l'utérus, l'anémie aiguë (hémorragie) et l'asphyxie.
Des expériences, instituées chez la chienne par Keiffer, au moyen de ces excitants, pour connaître les différentes actions et réactions qui se passent dans le corps de l'utérus et dans le col, ont permis à cet auteur de poser les conclusions suivantes :
a. Il n'y a pas antagonisme des actions musculaires du corps et du col, mais succession et combinaison d'actions contraires en vue d'un maximum d'effet utile à obtenir ; et l'effet utile est le raccourcissement de l'utérus, la diminution de sa capacité et la dilatation progressive du col; il faut, par conséquent, la contraction et l'inhibition associées. La dilatation du col utérin, qu'il y ait ramollissement gravidique ou non, est donc le résultat d'une action positive du corps utérin combinée à une action négative des fibres sphinctériennes du col, ces deux actions pouvant survenir après une seule excitation ;
b. Le tonus du col utérin est entretenu par l'activité réflexe de la moelle lombaire ;
c. L'asphyxie contracte le corps et le col utérin, puis les paralyse tous deux ;
d. L'anémie aiguë provoque le relâchement complet du col utérin ; la transfusion intra-artérielle ou intraveineuse de liquide physiologique amène sa contraction ;
e. L'utérus se contracte sous l'influence d'excitations sensibles périphériques, d'excitations directes de sa musculature et sous l'excitation d'organes voisins (péritoine, vessie, intestin).
Rhenter,dans une étude récente de la physiologie de la contraction utérine, a montré que les anesthésiques généraux ne semblent pas l'influencer défavorablement ; par contre, les anesthésiques rachidiens semblent plutôt indifférents, et en tout cas ne pas avoir l'action eutocique qu'on leur avait prêtée.
Enfin, en 1911, Ancel et Bouin ont décrit dans l'utérus de la lapine gestante, pendant la seconde moitié de la grossesse, la formation d'un organe glandulaire à sécrétion interne qu'ils appellent glande myométriale. Il est constitué par des amas de grosses cellules arrondies ou allongées, entre les faisceaux musculaires, dans toute la zone d'insertion placentaire. Ces cellules, qui ont les caractères des cellules glandulaires, sont en' contact avec un grand nombre de capillaires dans lesquels elles déversent leurs produits de sécrétion. Cet ensemble de cellules est constitué comme une glande endocrine diffuse. Ces cellules ne sont que les cellules conjonctives du muscle utérin; elles prennent le caractère épithélioïde, puis, après une phase glandulaire endocrine, subissent la fonte et se reconstituent en éléments conjonctif s.
Pour ces auteurs, cette glande myométriale sécréterait une hormone (voy. mamelle), qui produirait les phénomènes particuliers dont l'organisme est