COLPOTOMIE ET PÉRITONITE PUERPÉRALE
quantité de pus, la plus grande partie de Pépanchement, endiguée par des adhérences, demeurant dans la grande séreuse abdominale. Dans de telles conditions, le mieux est de la réserver aux seuls cas où la malade parait dans un état tellement précaire que l'on n'ose même plus tenter la laparotomie. En une telle occurence, on opérera sans anesthésie : en deux minutes, le cul-de-sac de Douglas sera ouvert et drainé, et il n'est pas impossible, qu'à titre rarissime, guérison s'ensuive.
2° De LA COLPOTOMIE DANS LE TRAITEMENT DES PELVI-PÉRITONITES. — C'est
là, par contre, l'indication formelle de la colpotomie ; faite, quand il le faut, la colpotomie donnera, très habituellement, d'excellents résultats.
Il faut, d'ailleurs, reconnaître à la colpotomie deux indications distinctes : près delà pelvi-péritonite (voy. p. 604), nous devons, en effet, placer les vastes suppurations annexielles (voy. p. 597) ; le problème se pose un peu différemment dans les deux cas.
a. De la colpotomie dans la pelvi-péritonite. — Ici, tout le monde est d'accord : il faut opérer, par voie basse, et au moment où Pépanchement, bien constitué, fait bomber le cul-de-sac postérieur qui apparaît au toucher, tendu, empâté et très douloureux. C'est dire que nous devons étudier successivement : 1° le traitement pré-opératoire ; 2° la technique de l'intervention.
a) Conduite à tenir en attendant le moment d'inciser. — La malade reste couchée sur le dos et rigoureusement immobile, des briques sont placées sous les pieds de la tête du lit, de façon à mettre la femme en situation proclive et à empêcher ainsi tout liquide de refluer du Douglas vers la région haute du péritoine. Si la femme peut, sans trop en être incommodée, demeurer à demi-assise, cela est encore mieux. Le traitement consiste en :
1° Glaçage, en permanence, de la totalité de V abdomen, à l'aide de trois ou quatre vessies suspendues à un cerceau. Nuit et jour, ce glaçage doit être surveillé.
2° Immobilisation des intestins à Vaide d'injections de morphine répétées, trois à quatre fois par jour, par quart de seringue ;
3° Diète absolue pendant trois à quatre jours. - — Pendant ce temps, la malade trompera sa soif en suçant de petits fragments de glace et en se rinçant la bouche, toutes les trois ou quatre heures. Puis, quand les signes de péritonite généralisée sont écartés, on reprend l'alimentation liquide, en faisant absorber, toutes les heures, quelques gorgées d'eau et de lait.
4° Injections sous-cutanées de sérum artificiel, à la dose de 1.000 grammes par jour (en une ou deux fois) pour soutenir la malade.
$) Technique de la colpotomie. — Cette opération, qui est très simple, nécessite un minimum d'instruments, une valve vaginale courte et large, une pince de Museux, un bistouri, une paire de forts ciseaux droits, une paire de forts ciseaux courbes, un clamp courbe, une pince à pansement, trois ou quatre pinces de Kocher, une canule de verre à trou terminal. La malade est légèrement anesthésiée, et mise en position obstétricale ; la vulve et le vagin sont soigneusement désinfectés.
La valve, que tiendra la main droite de l'aide placé à la gauche de l'opéra-