C JEANNIN
lades. En effet, en 1909, Latzko rapporte une statistique personnelle de 90 cas de péritonite traités chirurgicalement, avec 17 guérisons, soit une proportion de 21 p. 100.
Le pronostic opératoire varie suivant les éléments suivants :
a. La rapidité de l'intervention. — Plus on intervient tôt, plus on sauve de femmes ; ceci est absolument capital.
b. La date du début de la péritonite. — Faible pour les péritonites déclarées dès les tout premiers jours, le pourcentage de guérisons s'élève à 66 p. 100, quand les accidents ne sont apparus qu'après le dixième jour.
c. La nature « post-partum » ou « post-abortum » de V injection, beaucoup meilleure dans l'infection post-abortum que post-partum: la proportion des guérisons opératoires s'élèverait, dans ce premier cas, à près de 50 p. 100.
d. La variété anatomique de la péritonite. — La proportion des guérisons opératoires est nulle lorsqu'il s'agit de péritonite suraiguë ; elle est faible dans les péritonites aiguës diffuses, beaucoup plus forte dans les péritonites phlegmoneuses, nettement purulentes -, elle s"1 élève encore dans la péritonite à kystes multiples.
Ces résultats doivent nous inciter de plus en plus à intervenir le plus rapidement possible et toujours par V opération minima.
C. Colpotomie. — Nous établirons pour cette intervention, la même division que pour la laparotomie, la colpotomie ayant été proposée, et contre l'infection généralisée, et contre les accidents péritonitiques.
a. De la colpotomie comme traitement des infections puerpérales généralisées : méthode de Pryor. — Pryor avait traité, avec succès, une femme atteinte d'infection puerpérale généralisée de la manière suivante : après avoir curetté l'utérus, il ouvrit largement le cul-de-sac postérieur et remplit de gaze iodoformée l'espace rétro-utérin; ce pansement fut renouvelé durant trois jours, puis supprimé. Sourdille, nous l'avons déjà dit, obtint également deux succès, dans de semblables conditions, mais en remplaçant la gaze par des drains.
Cette méthode ne mérite pas de se généraliser : sans doute, elle réduit encore le traumatisme qu'entraîne la coeliotomie abdominale, mais, contrairement à cette dernière, elle ne permet souvent pas de se rendre compte des lésions utérines ou même péritonéales ; elle ne présente donc pas le seul avantage certain que nous avons reconnu à la laparotomie.
b. De la colpotomie comme traitement des péritonites puerpérales. — Cette opération a été dirigée contre les péritonites généralisées et contre les pelvipéritonites.
1°De LA COLPOTOMIE D ANS LE TRAITEMENT DES PERITONITES GÉNÉRALISÉES. —
Nous ne nous occupons pas, bien entendu, de la colpotomie complémentaire de la laparatomie, cette question ayant été déjà tranchée (voy. p. 672). Demandons-nous ce qu'elle vaut en tant qu'intervention unique ? Son grand avantage est de constituer un traumatisme presque nul ; par contre, elle présente deux graves inconvénients : 1° c'est une opération aveugle ; 2° c'est souvent une intervention insuffisante, capable de donner issue à une petite