ABLATION DES VEINES THROMBOSÉES
On termine l'intervention en plaçant un drain en T dans la poche pelvienne, drain que l'on peut fixer, par un point de catgut à la tranche vaginale, si l'on craint qu'il glisse. Il doit être maintenu en place assez longtemps. La vulve est recouverte d'un pansement absorbant, renouvelé trois à quatre fois par vingt-quatre heures.
Si, dans les jours suivants, le pus paraît ne s'écouler qu'avec peine, on peut faire un lavage de la cavité, à l'eau oxygénée, en entrant une canule à trou terminal dans le drain. Dans le cas contraire, les lavages sont inutiles. Après l'ablation des drains, on institue les injections vaginales chaudes, répétées matin et soir.
b. De la colpotomie dans les grosses suppurations annexielles. — En thèse générale, il vaut mieux laisser refroidir ces lésions, pour les opérer plus tard, à froid, par la voie haute. Cependant, il arrive dans certains cas, que l'on a la main forcée par le mauvais état général, la persistance et l'intensité des accidents fébriles. Au lieu de s' adresser à la voie abdominale, si meurtrière en pareil cas, on tentera d'évacuer le pus, par colpotomie, en effondrant à l'aide d'un clamp, ainsi qu'il vient d'être dit, les différentes poches que l'on rencontre. Ce traitement qui, bien souvent, amène la sédation du moins momentanée des accidents, ne doit être entrepris qu'en cas de nécessité, car il présente le grave inconvénient de créer, pour plus tard, de sérieuses difficultés opératoires, lorsqu'il s'agira de pratiquer l'ablation des poches annexielles.
D. Ablation des veines thrombosées. — Dans l'infection puerpérale, l'hystérectomie enlève le foyer utérin ; mais, dans nombre de cas, cette opération est insuffisante, parce qu't7 existe des thromboses veineuses, latéro-utérines et pelviennes, plus ou moins étendues. De cette constatation naquit l'idée de pratiquer une opération plus complète, en enlevant ou, tout au moins, en liant les veines thrombosées.
Historique. — Cette opération est bien connue en chirurgie, et depuis longtemps : en 1870, Raynaud proposait en effet la ligature de la fémorale, contre l'infection consécutive aux amputations ; depuis, maints cliniciens pratiquèrent l'excision de varices enflammées ou des sinus phlébitiques dans l'infection post-otitique. En obstétrique, Freund exécuta le premier cette opération, à la suite d'une hystérectomie pour infection post-abortum ; depuis Bumm en publia quelques cas ; Trendelenburg règle l'intervention et la vulgarise, si bien qu'on a pu attacher son nom à ce procédé. La question est enfin discutée au Congrès de Chirurgie, en 1906, par Lejars. Citons, cette même année, un travail de Faix présenté à la Société d'obstétrique de Paris, et enfin, en 1912, le rapport de Vanverts et Paucot, à la Société obstétricale de France.
Technique opératoire. — Deux procédés ont surtout été préconisés, celui de Trendelenburg et celui de Bumm.
1° Procédé de Trendelenburg. — On pratique une incision latérale, analogue à celle de la ligature de l'iliaque externe ; puis, par voie sous-péritonéale, on va à la recherche des veines hypogastriques et utéro-ovariennes, que l'on ligature largement au delà des régions thrombosées.