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L'ARGENT COLLOÏDAL DANS L'INFECTION PUERPÉRALE

procédé indiscutablement actif, et dont on devra faire usage dans le traitement des infections puerpérales généralisées. Il s'agit, maintenant, de savoir s't'Z vaut mieux employer V essence de térébenthine sous Vune ou Vautre forme ? Fabre, partant de ce principe que ce médicament agit surtout comme antiseptique interne direct, donne nettement la préférence au sérum térébenthiné ; ce mode d'emploi aurait donc l'avantage, pour le même effet obtenu, d'éviter la production d'un abcès. L'absence de pratique personnelle nous oblige à citer, sans tenter de les discuter, l'opinion particulièrement autorisée de Fabre.

D'ailleurs, d'après cet auteur même, il y aura tout avantage à associer les deux méthodes, dans les cas très graves où il s'agit d'agir avec autant de rapidité que d'énergie ; on commencera, alors, par une piqûre à l'essence de térébenthine pure, et on continuera, les jours suivants, par des injections de sérum térébenthiné.

4° Essais d'antisepsie intraveineuse. — On a songé depuis longtemps à combattre la septicémie par l'introduction d'antiseptiques dans l'organisme ; nous venons de voir que le sérum térébenthiné n'agit pas autrement. On a eu recours à de multiples substances, sous forme d'injections sous-cutanées : le sublimé, la créosote, l'huile camphrée (Frank et Merttens), le chlorhydrate de quinine (Aufrecht), etc. Sous cette forme, la plupart de ces substances se sont montrées inactives. On s'adressa alors à la voie intraveineuse, autrement efficace. Le sublimé, employé de cette manière, aurait donné de bons résultats à Barsony, et à Souligoux. En général, on s'est montré peu favorable à son emploi, et, à l'heure actuelle, il n'y a guère qu'une substance qui soit d'usage courant : c'est Y argent colloïdal.

Traitement de l'infection par l'argent colloïdal. — Historique. — Découvert, en 1889, par Carey-Léa, l'argent colloïdal a été proposé comme traitement des infections par Crédé, en 1898 ; Netter s'en fit, en France, l'actif protagoniste (1902). Dès que cette substance fut cliniquement employée, on y eut recours contre les infections puerpérales : soit sous forme de frictions (Flemsheimer, Strohmayer, Wiett, Goldmann, Polak, etc.), soit en injections intraveineuses (Heiger, Joenig, Weissmann, Osterloh, Audebert, Porak, etc.). Bonnaire l'appliqua systématiquement au traitement des infections puerpérales et publia, en 1904, ses résultats dans la thèse de Legrand ; en 1908, il fait paraître, avec Jeannin, un mémoire portant sur 49 cas personnels, et auquel nous aurons souvent à nous reporter dans cette étude.

Mode d'action de l'argent colloïdal. — Rappelons que l'argent colloïdal agit contre l'infection généralisée, grâce à :

1° Son pouvoir antiseptique. — Une solution de collargol à 1 p. 100 tue une culture de streptocoque en trente-deux minutes (Baldoni).

2° Son action empêchante sur le développement des cultures microbiennes : ajouté, à la proportion de 1 p. 2, 5 et même 6.000, à une culture de staphylocoques, il arrête le développement de cet agent (Crédé, Cohn, Brunner).

3° Son influence sur la polynuclèose. — L'injection de collargol serait suivie

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