INJECTION INTRAVEINEUSE ET INFECTION PUERPÉRALE
face dorsale de la main. Le siège de l'injection n'a, en l'espèce, aucune importance.
La région sera préparée comme pour une saignée, c'est-à-dire passée à l'éther, puis à la teinture d'iode. Le membre supérieur étant étendu hors du lit et immobilisé par un aide, on opère la constriction du bras juste au-dessus du pli du coude. Cette constriction peut être faite, soit à l'aide d'une bande de toile qui ne fera qu'une fois le tour du membre et dont les deux chefs se réuniront en haut par un nœud de cravate très facile à défaire, soit beaucoup plus aisément au moyen d'un drain passé sous le bras, et dont on réunit les deux bouts entrecroisés avec une pince de Kocher. Ce genre de ligature est très commode ; on peut surtout faire cesser instantanément la constriction au moment voulu, et cela sans remuer le bras, condition indispensable pour empêcher, à ce moment, la transfixion de la veine par l'aiguille qui y a été introduite. L'opérateur étant assis près de la malade, et bien éclairé, fixe avec le pouce de la main gauche la veine, dans le but de l'immobiliser, juste au-dessus du point où doit pénétrer l'aiguille. Celle-ci, tenue de la main droite, est présentée dans la direction de la veine saillante et immobilisée, le plus obliquement possible, et de bas en haut, c'est-à-dire de la main vers l'épaule. D'un coup sec, on la fait pénétrer dans le vaisseau au travers de la peau et de la paroi veineuse antérieure qu'elle perfore sensiblement au même point. Cette aiguille n'est autre que celle que l'on adapte habituellement à la seringue de Pravaz ; il faut la choisir d'une longueur de 5 centimètres, avec un biseau plutôt court, de façon à réduire au minimum les risques de transfixion de la veine. L'apparition d'une goutte de sang à l'extrémité libre de l'aiguille indique que l'on est bien dans le vaisseau ; si cette goutte indicatrice ne venait pas sourdre à l'extérieur, il faudrait retirer l'aiguille et recommencer la piqûre. En méconnaissant cette indication, on pousserait l'injection dans le tissu cellulaire périveineux, ce qui, comme nous le verrons plus loin, déterminerait un thrombus.
La solution de collargol est recueillie dans une seringue de Roux ou de Luer, de 10 à 20 centimètres cubes, que l'on purge très soigneusement de la moindre bulle d'air, ainsi que le petit ajutage en caoutchouc qui va permettre de relier l'embout de la seringue à l'aiguille. La bande constrictive est alors levée, et l'on pousse lentement l'injection, en ayant bien soin de tenir l'aiguille aussi immobile que possible. L'injection terminée, on applique sur le bras une compresse stérilisée maintenue en place à l'aide d'une bande de crêpon. Dès le soir même ou le lendemain matin, ce pansement devient inutile.
La quantité de collargol injecté a été variable suivant les auteurs. Au début, on injectait chaque fois, 2 puis 4 centimètres cubes ; actuellement, on emploie une dose moyenne de 10 centimètres cubes. C'est là une dose courante, qui pourrait être portée à 15 centimètres cubes, chiffre qui a, d'ailleurs, été dépassé, puisque Crédé et Schmitt ont injecté, en une seule fois, 28 centimètres cubes, sans observer d'inconvénient. Le titre de la solution de collargol a, également, beaucoup varié, de 0,50 p. 100 à 10 p. 100. La solution à 10 p. 100 ne saurait être conseillée, car c'est à la suite de son emploi que l'on a noté les divers accidents dont nous parlerons dans un instant. Crédé préconise la solution à 2 p. 100. La majorité des auteurs use exclusivement de la solution à