‹ La pratique de l'art des accouchementsChapitre 40 sur 492 · VII. — DÉVELOPPEMENT DE L'OEUF · texte numérisé non relu

VII. — DÉVELOPPEMENT DE L'OEUF

Ponte et migration de l'ovule. — L'ovule étant arrivé à maturité, c'est-à-dire ayant expulsé ses globules polaires, le follicule fait hernie à la surface de l'ovaire : sur son pôle libre, il y a une tache correspondante au stigma, point de moindre résistance, par solution de continuité de la thèque interne avec la couronne vasculaire périmaculaire. Les cellules de la thèque interne ont proliféré et envahi la cavité folliculaire. Les cellules de la granuleuse subissent la dégénérescence graisseuse et s'imprègnent de lutéine. L'ovule s'est libéré du cumulus proligère ; l'ovisac éclate au stigma, son point faible. Le liquide s'écoule, entraînant l'ovule entouré de son épithélium ovulaire.

L'ovule progresse vers la trompe ensuivant les lois de la pesanteur (Kiwisch), happé par la trompe qui vient s'adapter sur l'ovaire (Haller et Rouget), par projection de l'ovule vers la trompe lors de l'éclatement de l'ovisac (Kehrer et Liégeois), à la faveur d'un liquide épanché autour de l'ovaire (Becker), ou de la gouttière présentée par la face supérieure du ligament tubo-ovarien (Henle), grâce à des cils vibratiles précédant la ponte et apparaissant sur le péritoine et sur l'ovaire (Neumann, Duval et Viett, de Sinety, Flaischen, Moreau). Cette dernière théorie est la plus en honneur; elle répond plus à la majorité des cas, la migration de l'ovule étant un fait constant et non accidentel.

Migration du spermatozoïde. — On a soutenu jadis l'aspiration du spermatozoïde par l'utérus lors du coït, la capillarité (Coste), l'action des cils vibratiles de l'utérus et de la trompe, et surtout les mouvements propres du spermatozoïde. Il est vraisemblable que la progression du spermatozoïde est due à ces divers facteurs isolés ou associés.

Rencontre de l'ovule et du spermatozoïde. — Fécondation. — Le spermatozoïde rencontre l'ovule, dans le tiers externe de la trompe, souvent même dans le pavillon ou à la surface même de l'ovaire. A ce moment, il se forme sur l'ovule une saillie dite cône d'attraction sur laquelle va venir se fixer la tête d'un spermatozoïde. Cette tête avec son centrosome abandonnera le corps du spermatozoïde et pénétrera dans l'ovule. Il est démontré, par 0. Hertwig chezl'oursin et par E. Van Beneden chez l'ascaris, qu'un seul spermatozoïde est utile et nécessaire pour assurer la fécondation. Le noyau spermatique et la vésicule germinative, qui est le noyau ovulaire, se rapprochent et fusionnent leur substance suivant un mécanisme aujourd'hui bien établi pour constituer ce qu'on appelle le premier noyau de segmentation. Dès lors la fécondation est effectuée, la première cellule embryonnaire est constituée : l'œuf a acquis

KEIFFER ET DEVRAIGNE.

une puissance nouvelle de vitalité et de propagation qui va lui permettre de se diviser un grand nombre de fois par karyokynèse.

Segmentation de Fœuî. — De ces divisions vont résulter un grand nombre de cellules ou sphères de segmentation qui seront de deux ordres : les unes claires, cellules animales; les autres foncées, cellules végétatives, celles-ci plus grosses que les premières : c'est ce qui fait dire que la segmentation dans l'œuf des mammifères est une segmentation totale et subégale. Les deux ordres de cellules occupent d'abord chacun un hémisphère ; mais les cellules animales, se développant plus vite que les cellules végétatives, arrivent à, entourer celles-ci. Il en résulte un amas cellulaire plein qu'on appelle morula (aspect d'une mûre).

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