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TUDE ANATOMIQUE ET PHYSIOLOGIQUE

MAYGRIER ET JEANNIN.

Respiration. — Le nouveau-né pousse son premier cri sitôt venu au monde, et dès lors la respiration s'établit. L'inspiration initiale se produit sous l'influence d'une double cause : d'une part, le défaut d'hématose dû à la gêne de la circulation placentaire, d'où résulte l'excitation du bulbe par le sang chargé d'acide carbonique (Vierordt, Franque, Vulpian) ; d'autre part, Y excitation périphérique, qui dépend du contact de la peau et des muqueuses avec l'air extérieur, et gagne le bulbe par voie centripède, provoquant ainsi, d'une façon réflexe, la respiration (Voltolini, Schultze). Cette excitation périphérique est le facteur principal ; elle peut provoquer l'acte respiratoire, sans que le sang fœtal soit devenu veineux, à condition d'être suffisamment intense (Volkmann, Preyer, etc.).

La plus grande partie de l'air inspiré est, sur-le-champ, expiré avec le premier cri. A cette première respiration en succèdent d'autres, plus étendues, à intervalles inégaux, tantôt précipitées et tantôt régulières. Certaines inspirations sont profondes, d'autres superficielles et comme haletantes. Les cris sont séparés par des périodes d'apnée, parfois assez longues. Peu à peu, la respiration se régularise; elle opère, d'une façon de plus en plus complète, le déplissement des alvéoles, faisant disparaître l'état à' atélectasie caractéristique du poumon foetal (Jôrg, Hermann). L'auscultation permet de percevoir ce déplissement alvéolaire, sous forme de râles crépitants très fins ; on entendra ensuite le murmure vésiculaire : à ce moment, le tissu pulmonaire, mis dans l'eau, surnage. L'état d'atélectasie peut mettre plusieurs jours à disparaître complètement, surtout si l'enfant, chétif, ne fait jouer qu'imparfaitement sa cage thoraeique.

D'après Ahlfeld, le poumon de l'enfant n'ayant pas respiré pourrait surnager quand, par le fait d'inspirations faites pendant le travail, des fragments dé vernix caseosa auraient été aspirés dans les bronches.

Le nombre des mouvements respiratoires est en moyenne de cinquante et un par minute.

L'établissement de la respiration est le phénomène capital qui, chez le nouveau-né, marque réellement le début de la vie extra-utérine ; il imprime à la circulation des modifications importantes, que nous allons maintenant étudier.

Circulation. — L'établissement de la respiration pulmonaire entraîne un remaniement complet du système circulatoire du foetus (fig. 321 et 321 bis). Le phénomène initial est l'expansion du poumon jusque-là atélectasié : il en résulte, par aspiration, un afflux très abondant de sang dans les artères pulmonaires. Les capillaires correspondants s'emplissant avec une grande rapidité, le poumon, de compact et rouge sombre, devient spongieux et rouge clair. Ce brusque développement de la petite circulation a pour conséquences :

1° ^occlusion du trou de Botal, qui, chez le foetus, faisait communiquer les deux oreillettes. Le sang cesse de le traverser, parce que, d'une part, il est attiré de l'oreillette droite vers le ventricule correspondant par l'aspiration thoraeique, tandis que, d'autre part, le sang que les veines pulmonaires ramènent dans l'oreillette gauche distend cette cavité et accole sur le pourtour de l'orifice

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