NUTRITION CHEZ LE NOUVEAU- NÉ
H echsenmilch (lait de sorcière). Keifîer et Halban ont montré que cette congestion mammaire se caractérisait histologiquement par la prolifération excessive de tous les éléments épithéliaux aboutissant à la formation d'une véritable néoplasie oedémateuse, pour subir ensuite la transformation lactée de tous ses éléments. La montée laiteuse des nouveau-nés ne dure habituellement que quelques jours.
11 faut se garder soigneusement de toute manœuvre destinée à combattre la congestion mammaire : les pressions digitales deviendraient facilement cause d'une inflammation pouvant aller jusqu'à la suppuration.
De la crise génitale chez le nouveau-né. En jetant un regard d'ensemble sur les divers phénomènes qui se passent, lors de la naissance, du côté de l'appareil génital et du système cutané, on voit qu'il se produit, à cette époque, une sorte de puberté en miniature où l'on retrouve à l'état d'ébauche les éléments caractéristiques de la vraie puberté : la congestion utérine, la congestion testiculaire, le développement de la prostate, la corgestion mammaire, la poussée acnéique représentée ici par le vernix caseosa et la miliaire sébacée. Jacquet considère cette crise génitale du nouveau-né comme la terminaison d'une crise pubère ayant débuté dès le quatrième mois de la vie intra-utérine. Keifîer l'attribue au passage des toxines placentaires dans l'organisme fœtal. On tend à penser que les hormones qui produisent chez la femme la montée laiteuse passeraient au fœtus (Baisch). Il y aurait là une sorte de puberté passive analogue, par son mécanisme, aux immunisations passives et vite épuisées du fœtus (Bar).
Nutrition. — La nutrition chez le nouveau-né, particulièrement bien étudiée par Ulmann (1900), s'opère, d'une façon générale, de la même manière que chez l'adulte, avec toutefois cette différence capitale que le besoin alimentaire est infiniment plus grand chez le premier que chez le second. Cette intensité du besoin alimentaire chez le nourrisson tient à deux causes : 1° à l'accroissement rapide des divers éléments de l'économie, ce qui nécessite une assimilation supérieure, et non égale à la désassimilation ; à la ration d'entretien, suffisante chez l'adulte, doit donc s'ajouter la ration d'accroissement; 2° à l'étendue relativement plus grande de la surface cutanée, un kilogramme du corps d'un nourrisson nécessitant plus de surface de revêtement que chez l'adulte ; il faut donc à l'enfant une plus forte quantité de matériaux alimentaires pour combattre la déperdition considérable d'énergie calorique qui se fait à la surface du corps (Rubner).
On peut admettre que les gains journaliers sont de : 1^,255 d'azote, 0sr,605 de sels, 0^,177 de chaux, et 0^,225 d'acide phosphorique.
Le nouveau-né retient une partie de l'eau ingérée : Rubner et Heubner ont établi qu'un nourrisson qui boit 613 grammes de lait absorbe 530 centimètres cubes d'eau dont il élimine 505^,5 de la façon suivante : par l'urine 314^,5, par l'exhalation pulmonaire 95^,5, par la transpiration cutanée 95gr,5.
La calorigénie, étudiée surtout par Rubner, d'Arsonval et Bonniot, atteint un taux élevé : le nourrisson produit environ 100 calories par kilogramme
MAYGRIER ET JEANNIN.
en vingt-quatre heures, soit à peu près deux fois plus que l'adulte ; ce chiffre ne varie guère pendant les deux premières années.
Développement du nourrisson. — Le développement du nourrisson dépend essentiellement de la façon dont ce dernier est alimenté ; nous l'envisagerons ici, uniquement chez l'enfant né à terme, bien portant, et nourri rationnellement au sein maternel.
1° Accroissement de la taille. — A la naissance, l'enfant mesure, en moyenne, 50 centimètres ; sa taille s'accroît :
Pendant le 1er mois, de 4 centimètres.
— 2e — de 3 —
— 3e — de 3 —
— 4e — de 2 —
Du 5e au 12e mois, de 1 centimètre par mois.
A un an, la taille est de 70 centimètres.
2° Progression du poids. — Il est impossible de surveiller, d'une façon
un peu précise, la croissance d'un nourrisson, sans faire usage de la balance.
L'enfant doit être pesé, autant que possible :
Tous les jours pendant le. . . . 1er mois. Tous les 2 jours pendant le. . 2e — Tous les 3 jours pendant les . . . 3e, 4e et 5e mois. Chaque semaine, à partir du. . . 6e mois.
On établira le graphique de cette courbe, sur une feuille spéciale (voy.
fig. 323).
a. Le poids, qui est à la naissance de 3.250 grammes environ, s'abaisse pendant les trois ou quatre premiers jours. Ce phénomène s'explique par l'évacuation du méconium, l'excrétion de l'urine, la perspiration cutanée, l'exhalation pulmonaire, alors que le nouveau-né ne prend qu'une quantité d'ingesta insigni- Fig. 323. - Courbe de poids pendant fiante comparativement à la quantité de
les premiers jours, d un enfant né a x terme et normal (Maygrier). ses excréta.
Cette chute initiale peut être faible,
ou même îaire complètement défaut : c'est qu'alors le méconium a été
expulsé au cours du travail (souffrance du fœtus, présentation du siège).
Elle est, en général, plus prononcée chez les gros enfants.
b. A partir du quatrième jour, la courbe de poids remonte, et ceci d'une
façon définitive (fig. 323 et 324) ; l'augmentation quotidienne est d'autant
plus faible que l'enfant est plus âgé. En effet, l'enfant gagne chaque jour :