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QUANTITÉ DE LAIT

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Ces chiffres pourront varier avec chaque nourrisson ; il y a toujours avantage à nourrir un enfant avec la plus petite quantité de lait possible. Aussi, tant que V enfant continue à progresser avec une certaine quantité de lait, on se gardera d' 'augmenter cette dose.

Surveillance de l'allaitement. — L'état de santé et le développement du nourrisson constituent un contrôle quotidien de l'allaitement. L'enfant qui est rationnellement nourri et se développe normalement a les tissus fermes, la peau douce et marbrée, le regard vif et le teint frais. Le ventre n'est que peu saillant, et non douloureux à la pression. La grande fontanelle est souple, ni tendue ni déprimée, les sutures sont élargies. L'enfant bien portant doit prendre le sein avec plaisir et le quitter sans difficulté ; il dort presque sans cesse dans l'intervalle des tétées. Le hoquet est chez lui très fréquent ; on le considère volontiers comme un indice de bonne digestion ; il est peut-être plus exact d'y voir un signe, sinon de suralimentation, du moins de pléthore stomacale. Si le nourrisson prend le sein trop rapidement ou s'il avale une quantité de lait un peu trop forte, il peut avoir aussitôt après la tétée une régurgitation, mais il ne doit pas vomir dans l'intervalle des repas. Enfm on se convaincra de la bonne direction de l'alimentation par l'état des selles, la courbe du poids et l'éruption dentaire (voy. p. 714 et suiv.).

Hygiène de la îemme qui allaite. — a. Hygiène locale ; soins à donner aux seins. — Il est inutile, parfois même dangereux, de «préparer les bouts de sein «pendant les derniers temps de la grossesse. La femme se bornera à des soins d'une minutieuse propreté : chaque jour, le mamelon doit être frotté avec un linge fin ou un peu de coton hydrophile imbibé d'alcool. Avant chaque tétée, le bout de sein sera lavé à l'eau bouillie. Sitôt que l'enfant a fini de téter, on le retire du sein ; le mamelon est alors lavé de nouveau à l'eau bouillie, puis à l'alcool coupé par moitié de glycérine neutre. On applique enfin une compresse sèche qui restera en place jusqu'à la tétée suivante.

b. Hygiène générale. — La femme qui nourrit a besoin de manger et de boire plus qu'à l'état ordinaire.

Dans les repas, on fera une part importante aux féculents sous forme de purées (pommes de terre, lentilles, pois, marrons, etc.); les légumes verts, à l'exception des choux, et les fruits (crus ou cuits) seront utilisés, mais avec discrétion.

La pratique de l'art des accouchements. I. — 46

MAYGRIER ET JEANNIN.

La femme qui allaite aura avantage à user de lait comme boisson habituelle. Elle pourra prendre également de l'eau très légèrement additionnée de vin, et de la bière non alcoolisée ; ce liquide ne sera ingéré qu'avec modération ; Budin estime, en effet, que la bière peut être le point de départ de troubles digestifs chez le nouveau-né. La nourrice fera bien de s'abstenir de café ; sous aucun prétexte, elle ne doit boire de liqueur spiritueuse, l'ingestion d'alcool pouvant être la source d'accidents nerveux parfois très graves chez les nourrissons (Charpentier, Toulouse, Combe, Vallin, etc.).

La nourrice doit sortir tous les jours. Elle veillera tout particulièrement au bon fonctionnement de son intestin.

Difficultés de l'allaitement au sein. — Elles proviennent de l'enfant ou de la mère.

A. Difficultés provenant de l'enfant. — Il est exceptionnel que l'enfant né à terme n'ait pas la force de téter, mais il peut être paresseux, mâchonnant le mamelon sans exercer de véritables mouvements de succion, s'endormant au sein, ne se réveillant pas aux heures des tétées. ïl convient de stimuler ces nourrissons trop sages par des bains chauds, au besoin aromatiques, des frictions avec légère flagellation sur le siège.

Un obstacle mécanique peut gêner fortement le nourrisson pour la tétée : c'est le cas, par exemple, d'un coryza qui force l'enfant à respirer par la bouche. Il peut alors devenir nécessaire de le faire boire à la cuiller ou au verre, ou même de le gaver.

Un bec-de-lièvre compliqué de gueule-de-loup constitue un obstacle beaucoup plus sérieux : il faut essayer d'élever l'enfant, sinon au sein, du moins au lait de femme, la mère ou la nourrice se tirant du lait que l'on verse ensuite, à l'aide d'un verre, dans la bouche du nouveau-né. En cas d'échec de cette méthode, force est de recourir à l'allaitement artificiel, au besoinpar le gavage.

Contrairement à la croyance populaire, il est absolument exceptionnel que le frein de la langue, le filet, empêche les mouvements de succion.

U allaitement des jumeaux peut causer, du moins momentanément, quelques difficultés. Le mieux est d'essayer de les faire nourrir tous les deux par la mère : si la sécrétion lactée est un peu inférieure à ce qu'elle devrait être, on aura recours à l'allaitement mixte, ou bien la mère se fera aider par une nourrice.

B. Difficultés provenant de la mère. — 1° Hypogalactie. — Elle peut être primaire ; la montée laiteuse, qui doit normalement se faire du troisième au quatrième jour, est tardive, n'arrivant guère que le sixième, le huitième jour, ou même plus tard ; ou encore elle se fait, mais faiblement. Le mieux est alors de recourir, d'une façon toute momentanée, à l'allaitement mixte : le nouveauné sera placé au sein toutes les deux heures, et on s'efforcera de lui faire prendre une quantité de lait, même minime : ce sont, en effet, ces mouvementsde succion qui vont stimuler la glande mammaire. Puis on complète ce repas trop sommaire par du lait de vache bouilli ou du lait d'ânesse.

U hypogalactie peut être secondaire, apparaissant alors à une période quelconque de l'allaitement, sous l'influence d'une des causes qui sont mentionnées

MENSTRUATION ET SECRETION LACTEE

ci-dessous : on y remédiera encore par l'allaitemenl mixte. M ne faut poinl se hâter de donner à l'enfant une nourrice ou du lait de vache; des exemples multiples prouvent que la sécrétion mammaire peut se rétablir d'une façon suffisante après avoir été plus ou moins longtemps insignifiante, parfois même nulle. Budin cite des cas où il a pu, contre ton le al tente, faire remonter le lait chez des femmes qui avaient cessé de nourrir.

2° Dispositions anormales du mamelon. — Le mamelon peut être ombiliqué ; dans certains cas, la malformation est tellement accentuée qu'elle rend l'allaitement impossible ; dans d'autres, on arrive, par des pressions périphériques et des tractions digitales, à faire saillir le bout du sein. L'enfant tettera à l'aide du bout de sein de Baillij, appareil qui peut encore servir, du moins momentanément , quand le mamelon est très court et plat. On peut aussi faire usage de la téterelle biaspiratrice, instrument très ingénieux imaginé par Auvard et modifié par Budin : l'ampoule en étant exactement appliquée sur l'aréole, la mère obstrue, par pression digitale, le tube qui se rend à la bouche de l'enfant, tandis qu'elle aspire fortement par l'autre tubulure ; quand une certaine quantité de lait est collectée dans l'ampoule, on la laisse s'écouler dans la bouche du nourrisson.

La succipompe de Wallich peut rendre service.

3° Influence de la menstruation sur la sécrétion lactée. — Habituellement les nourrices n'ont pas leurs règles ; mais il n'en est pas toujours ainsi, surtout au bout de plusieurs mois d'allaitement. L'apparition des menstrues n'est pas une contre-indication à l'allaitement ; parfois, le lait est à ce moment moins abondant ou de moins bonne qualité, et l'on voit alors chez l'enfant de très légers troubles digestifs et quelques oscillations dans la courbe de poids, puis tout rentre dans l'ordre (fig. 325).

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Fig. 325. — Courbe de poids d'un nourrisson pendant la première année : irrégularités répondant à l'éruption des dents, à l'apparition des règles chez la nourrice (Maygrier).

MAYGRIER ET JEANNIN.

4° Influence de la grossesse. — En général une nouvelle gestation est compatible avec la continuation de l'allaitement : dans 72 p. 100 des cas, l'allaitement par une femme enceinte ne détermine aucun trouble chez le nourrisson (Poirier).

5° Influence de la fatigue exagérée, des émotions morales. — Ce sont là des causes d'hypogalactie temporaire amenant une chute de la courbe de poids, parfois même des accidents d'ordre digestif ou nerveux chez l'enfant.

6° États pathologiques de la mère. — Quand il s'agit de maladies aiguës, on pourra laisser continuer l'allaitement toutes les fois que l'affection n'est pas de nature à retentir sur l'état général, comme par exemple en cas d'amygdalite, de bronchite simple, de grippe légère, etc. Par contre, l'enfant sera séparé de la mère si cette dernière est atteinte de fièvre typhoïde, de rhumatisme articulaire aigu, de pleurésie, etc.

Parmi les maladies chroniques, la tuberculose pulmonaire, les cardiopathies mal compensées, les maladies nerveuses graves, les affections mentales contre-indiquent l'allaitement.

La syphilis, au contraire, rend plus nécessaire que jamais l'allaitement par la mère.

Accidents au cours de l'allaitement au sein. — L'allaitement peut être l'occasion de divers accidents tant du côté de la mère que de celui de l'enfant. Parmi les accidents maternels, nous signalerons surtout les crevasses et les infections mammaires, qui sont une cause fréquente de difficultés dans l'allaitement maternel, à ajouter à celles que nous venons de passer en revue.

L'allaitement peut agir, chez certaines femmes chétives, à la façon d'un véritable surmenage physique entraînant l'amaigrissement, des sueurs profuses, des points douloureux entre les omoplates, etc. C'est au médecin de décider, à propos de chaque cas, s'il y a lieu d'instituer l'alimentation mixte, ou même de hâter le sevrage.

Quant aux accidents qui concernent le nourrisson, ils peuvent se ramener à deux types, suivant qu'il y a défaut ou excès d'alimentation.

I. Défaut d'alimentation. — La courbe de poids, suivant les cas, s'élève par très petites augmentations, reste stationnaire, ou même s'abaisse d'une façon continue (fig. 326). L'amaigrissement est d'ailleurs apparent : les chairs sont flasques, les mouvements paresseux ; la grande fontanelle est déprimée, et les sutures, rétrécies, permettent aux os de chevaucher les uns sur les autres. Ces nourrissons urinent peu, et sont atteints d'une constipation opiniâtre. Pour remédier à cet état de choses, on s'efforcera, à l'aide des moyens stimulants habituels, de faire prendre à l'enfant le plus de lait possible au sein maternel ; si l'on échoue, on instituera l'allaitement mixte. La constipation

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Fig. 326. — Courbe de poids d'un enfant normal, nourri au sein, mais insuffisamment alimenté (Maygrier).

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