DIRECTION DE L'ALLAITEMENT ARTIFICIEL
et l'avis d'un très grand nombre de cliniciens est qu't'Z y a avantage à dénaturer le moins possible le lait, liquide organique qu'on ne peut considérer comme un simple mélange chimique. Enfin, des observations assez nombreuses semblent établir, actuellement, que ces laits longuement manipulés peuvent devenir la cause de la maladie de Barlow dont on avait, à tort, voulu rendre responsable le lait stérilisé. Les faits cités par Comby, Renault, Hutinel, Guinon, Toupet, Variot, etc., sont, à cet égard, très démonstratifs (Lecornu).
Disons, pour nous résumer, que, sauf exception, on n'aura pas recours à ces laits trop altérés, mais qu'on s'en tiendra au procédé pratique de coupage indiqué ci-dessus. Ainsi modifié, le lait sera, généralement, mieux digéré qu'à l'état pur.
B. — Direction de l'allaitement artificiel.
Quantités de lait que l'enîant doit prendre. — Sur ce point nous avons des données moins sûres qu'en ce qui concerne l'allaitement maternel : pour chaque cas on est obligé de tâtonner. Aussi, beaucoup d'auteurs n'indiquent-ils pas de chiffres fixes ; on se guidera toujours sur le principe suivant : le lait de vache est plus riche en principes nutritifs que le lait de femme, et l'on en tire deux conclusions :
1° Si le lait est modifié par le coupage, l'enfant en recevra une quantit é égale, ou très légèrement inférieure, à celle qu'il aurait dû prendre au sein ;
2° Si le lait est donné pur, l'enfant en prendra une quantité inférieure d'un tiers environ à ce qu'il aurait dû prendre au sein.
Mode et nombre des repas. — Le mieux est de régler les repas de lait stérilisé, comme nombre et comme intervalles, de la même façon que les tétées lorsque l'enfant est au sein. En dehors de quelques cas spéciaux, il faut présenter à l'enfant le lait dans un biberon. Délaissant systématiquement tous les biberons à tube, on se servira avec bien plus de sécurité des bouteilles mêmes dans lesquelles le lait a été stérilisé. Avant de faire boire le nourrissson, on plonge la bouteille pendant quelques instants dans l'eau chaude, de façon à en porter le contenu à 37°, puis on remplace le petit capuchon de caoutchouc ou le bouchon par une tétine percée d'un trou vers sa base, pour permettre l'entrée de l'air ; cette tétine doit être chaque jour bouillie et conservée dans de l'eau bouillie durant l'intervalle des tétées. Quand l'enfant, paresseux ou faible, ne pratique que des mouvements de succion insuffisants pour faire couler le lait hors de cette tétine, on aura recours au galactophore de Budin, sorte de tétine dans laquelle l'écoulement du lait et l'entrée de l'air se font par un double tube nickelé.
Jours.