ALLAITEMENT ARTIFICIEL
Indications ; pourcentage. Si, théoriquement, toute mère doit allaiter son enfant, en pratique il n'en est pas toujours ainsi. Sans parler des femmes que leur condition sociale oblige à travailler hors de chez elles, les domestiques par exemple, certaines mères sont dans l'impossibilité physique d'allaiter, par suite d'agalactie complète (fait rare), de malformation des mamelons, demaladies intercurrentes, d'infection mammaire portant sur les deux seins.
D'ailleurs, il existe trois cas dans lesquels on est forcé d'instituer l'allaitement artificiel. Ce sont :
La syphilis chez un enfant que sa mère est incapable de nourrir ;
Les malformations buccales (gueule-de-loup) empêchant complètement l'enfant de téter ;
L' intolérance absolue du nourrisson pour le lait de femme ; Bar a rapporté récemment un exemple typique de cette anomalie exceptionnelle.
Des différents laits employés dans l'allaitement artificiel. — Nous ne citerons que pour mémoire le lait d'ânesse, qui peut parfois rendre service durant les premiers jours de la vie, et lelait de chèvre, d'usage toujours difficile et de résultats bien infidèles.
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Reste donc le seul lait de vache, dont nous nous occuperons ici, à titre exclusif.
A. — Du LAIT DE VACHE COMME MODE D'ALLAITEMENT ARTIFICIEL.
Du lait de vache à l'état naturel. — Les vaches dont on utilisera le lait pour l'alimentation des enfants seront alimentées surtout avec des fourrages secs. Elles auront été soumises à l'épreuve de la tuberculine. La teneur en beurre doit être de 35 grammes au minimum, et de 40 grammes au maximum.
Le lait peut être utilisé à l'état naturel ou stérilisé, et modifié par coupage.
A l'état naturel, le lait présente deux sortes d'inconvénients :
1° Il est le plus souvent souillé par des germes, saprophytes ou pathogènes, qui peuvent causer dans l'organisme des accidents d'ordre toxique ou infectieux ;
2° Il n'a pas une composition parfaitement appropriée aux besoins nutritifs du nourrisson.
On y remédie en faisant subir au lait des manipulations diverses : on le rend aseptique par la stérilisation et on tente de corriger sa composition.
De la stérilisation du lait. — On peut faire usage, soit de lait stérilisé industriellement, soit de lait que l'on fait stériliser à domicile par chauffage au bain-marie pendant trois quarts d'heure, au moyen de l'appareil de Soxhlet- Budin, ou par ébullition durant dix à quinze minutes.
D'une façon générale, lorsqu'on est sûr du lait que Von emploie, le mieux est de le donner cru ; mais la stérilisation est d'une précieuse ressource dans les villes, surtout pourla clientèle peu aisée, et en tout état de cause, durant les grandes chaleurs.
Des procédés de correction du lait de vache au point de vue de sa composition chimique. — On a tenté de rendre la composition du lait de vache le plus proche possible de celle du lait de femme, par un grand nombre de procédés de correction.
I. Procédé domestique : addition, au lait de vache, d'eau et de sucre. —
C'est là le procédé le plus simple et, disons-le tout de suite, le meilleur.
On suivra, de préférence, le conseil de Marfan qui, à deuxparties de lait ajoute une partie d'eau sucrée à 10 p. 100.
II. Procédés industriels : les laits maternisés, humanisés. — De très nombreux essais ont été tentés dans l'espoir de rapprocher encore davantage le lait de vache de celui de la femme, d'en faire un lait maternisé, humanisé. Nous nous contenterons de citer le lait humanisé de Winter-Vigier, le lait du nourrisson de Monti, le lait maternisé de Gaertner, le babeurre de Teixeira, les innombrables procédés de Laurent, Romanow, Rieth, Hesse, Michel, etc. Tous ces laits sont passibles de graves reproches ; ils nécessitent des manipulations délicates, et, incapables de se conserver, ils doivent être consommés dans la journée même de leur fabrication. Sans doute, ils peuvent rendre des services chez certains enfants, et à la condition de n'en pas trop prolonger l'usage ; mais, en général, les résultats sont plutôt médiocres,