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ALLAITEMENT ARTIFICIEL DU PRÉMATURÉ

moins longtemps après une tétée, des vomissements de lait caillé, d'odeur nauséabonde. Les selles sont mal liées, chargées de grumeaux blanchâtres de lait non digéré. Ces accidents relèvent très habituellement de la suralimenlation. On peut cependant les voir survenir aussi chez le prématuré qui n'absorbe qu'une ration alimentaire normale ou même faible ; ils tiennent alors à l'insuffisance fonctionnelle de l'appareil digestif. On y remédiera en ne faisant absorber à l'enfant que de petites quantités de lait à la fois, la mise au sein ayant alors lieu toutes les heures et demie. Il est bon également, si les accidents persistent, de remplacer deux ou trois tétées par des biberons contenant d e 30 à 40 grammes d'eau bouillie simple ou d'eau minérale faible. On se trouve bien, dans nombre de cas, de l'emploi de la pepsine. Avant chaque tétée, on fait couler dans la bouche de l'enfant une cuillerée à café d'eau de Vichy dans laquelle on a fait dissoudre la valeur d'une pincée de pepsine en paillettes. Enfin, si le lait de femme paraissait ne pas être assimilé, il faudrait avoir recours, soit au lait artificiellement digéré, soit au bouillon végétal.

d. L'enfant tette trop. — Il est fréquent de voir des prématurés vigoureux absorber des quantités de lait supérieures à celles qu'ils devraient prendre, surtout si leur nourrice possède une sécrétion lactée abondante et des mamelons de prise facile. Cette surcharge alimentaire se traduit d'abord par des augmentations de poids relativement considérables, puis apparaissent les régurgitations, les vomissements, la diarrhée, l'érythème du siège, le ballonnement du ventre, les éruptions cutanées, en un mot tous les accidents caractéristiques de la suralimentation. Si la gastro-entérite par suralimentation est sérieuse chez l'enfant à terme, son danger est infiniment plus grand chez le prématuré : il suffit parfois d'une alimentation trop copieuse pendant vingt-quatre à quarantehuit heures pour créer chez le débile, surtout pendant les premiers jours de la vie, un état morbide gastro-intestinal qu'on ne réussira pas toujours à faire disparaître par la suite. C'est dire avec quel soin il faudra peser toutes les tétées, rationner rigoureusement l'enfant, et, à la moindre alerte, instituer la diète hydrique, partielle ou absolue. Une précaution qui est toujours de mise consiste à analyser le lait de la femme qui doit donner le sein à un débile, la suralimentation pouvant être la conséquence d'une richesse anormale de ce liquide en beurre ou en caséine.

2° Allaitement artificiel. — L'allaitement artificiel est loin de donner chez les débiles les bons résultats que l'on en peut obtenir chez l'enfant à terme ; son emploi est d'autant plus hasardeux que l'enfant est né plus loin du terme et qu'il est plus jeune ; les échecs sont très fréquents tant que le nourrisson n'a pas dépassé les deux premiers mois de la vie extra-utérine, et ils peuvent exister alors même qu'il n'y a pas d'infection intestinale. Ils paraissent alors dus à de véritables phénomènes d'anaphylaxie. C'est dire que V allaitement artificiel doit être strictement réservé aux seuls cas où quelque impossibilité absolue s'oppose à V allaitement au sein : cela arrive par exemple quand un prématuré syphilitique ne peut être allaité par sa mère.

Les règles générales de l'allaitement artificiel auxquelles on doit toujours se conformer ont été étudiées antérieurement ; nous savons également com-

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ment les repas doivent être espacés, et quelles quantités de lait il convient de donner. Une seule question reste à résoudre, celle du choix du lait.

Celui qui donne les meilleurs résultats est, sans conteste, le lait d'ânesse dont la composition se rapproche beaucoup de celle du lait de la femme ; la très faible teneur (27 p. 100) de ce lait en beurre le rend facilement digestible pour ces petits estomacs. On le donnera sans le couper ni le sucrer, après l'avoir fait tiédir au bàin-marie. En pratique, d'assez grandes difficultés restreignent l'emploi de celait. Les ânesses en produisent peu, et il s'altère vite; aussi doit-on s'en procurer matin et soir, provenant d'une traite récente. De plus, son prix très élevé en rend l'usage impossible dans les classes nécessiteuses. Force est donc, dans nombre de cas, de recourir au lait de vache stérilisé. Ce dernier pourrait à la rigueur être donné pur, sans modification artificielle ; on en a parfois obtenu des succès, mais alors il faut avoir grand soin de le faire prendre en quantité inférieure, d'un quart environ, à la ration de lait de femme auquel le nourrisson a droit : la proportion de caséine est, en effet, considérable dans le lait de vache, s'élevant à 33 p. 100 (au lieu de 15 p. 100 chez la femme). On est, d'ailleurs, obligé de tâtonner : si l'on ne réduit pas assez la quantité de lait de vache, l'enfant, absorbant trop de caséine, est menacé de troubles gastro-enteritiques; si on la réduit trop, la quantité de beurre devient trop faible, et le nouveau-né est alimenté insuffisamment. Aussi, y a-t-il généralement avantage à donner au prématuré du lait de vache coupé d'eau bouillie sucrée. La proportion d'eau pourra, sous toute restriction subordonnée aux conditions individuelles, être ainsi définie :

1er mois 1/2 lait. 1/2 eau.

4e — lait pur.

Ce mélange doit être sucré avec du lactose, à raison de 5 à 6 grammes de sucre pour 100.

Si le lait ainsi coupé ne semble pas réussir, on pourra avoir recours aux laits artificiellement corrigés, au lait de Gœrtner par exemple.

Chez certains débiles, il peut être nécessaire de faire usage des laits soumis à des digestions artificielles. Dans le même ordre d'idées, on se trouve bien, parfois, de Vemploi du képhir, qui n'est autre que du lait de vache ayant subi un commencement de fermentation sous l'action combinée d'une levure et du Bacillus caucasicus : le lactose se trouve attaqué, et il y a fermentation lactique. On trouve dans le commerce trois variétés de képhir : le n° 1 qui est laxatif, le n° 2 dont l'action sur le tube intestinal est indifférente, et le n° 3 qui est légèrement astringent ; on aura recours à l'un ou à l'autre suivant l'état des selles. Le képhir se donne aux mêmes doses que le lait ; il pourra constituer l'alimentation exclusive du débile, du moins pendant quelque temps, ou être associé au lait.

Enfin, certains débiles sont incapables d'assimiler le lait sous quelque forme que ce soit : dans ce cas, on tentera l'alimentation par les diverses prépara-

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