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HÉMORRAGIES GÉNITO-URINA1RES DU NOUVEAU-NÉ

rence, autour des os des membres inférieurs. Cliniquement, elle se révèle par une anémie intense, des hémorragies multiples, et les signes du rachitisme. Dans les cas moyens, la maladie évolue en un mois, et guérit grâce au traitement. Cette affection, tout à fait exceptionnelle dans les cinq premiers mois, paraît en rapport avec une alimentation vicieuse. On a incriminé à cet égard, mais probablement à tort, le lait stérilisé, le lait provenant de vaches malades ou mal nourries (Ausset), surtout les laits modifiés artificiellement. Le meilleur traitement consistera toujours dans la mise de l'enfant au sein de la mère ou d'une nourrice.

e. Hémorragies broncho-pulmonaires. — Signalées par Billard, Parrot, Budin, Mantel, Spencer, etc., ces hémorragies sont rares, surtout celles qui se traduisent à l'extérieur par hémoptysie. Cet accident peut se produire dès les premières heures de la vie (et même pendant la période d'expulsion de l'accouchement) : il est alors de cause traumatique, ou lié à une malformation cardiaque ou à une faiblesse extraordinaire des parois vasculaires chez les enfants débiles. Les hémorragies de nature infectieuse sont plus tardives, se manifestant du quatrième au dixième jour. Le nouveau-né se cyanose, ne pousse que des cris plaintifs ; de la bouche s'écoule une bave rougeâtre, sans effort ni vomissement. La déglutition de ce sang amène secondairement du meleena ou une hématémèse.

Beaucoup plus souvent, l'hémorragie est interne, consistant en foyers d'apoplexie pulmonaire (Hutinel). Ce sont des masses hépatisées de couleur rouge noirâtre, se laissant écraser entre les doigts. Surtout fréquents au niveau des bases et du bord postérieur du poumon, ces foyers peuvent être multiples. Dans quelques cas, il n'y a pas de noyau lobaire, mais un véritable semis de petits épanchements disséminés ; par contre, on peut observer une apoplexie massive occupant tout un poumon. Autour des foyers hémorragiques, le tissu pulmonaire est atélectasié. Ces hémorragies présentent une certaine importance médico-légale : il ne faudra pas les confondre avec celles qui accompagnent l'asphyxie par strangulation. Cliniquement, la lésion passe habituellement inaperçue, car on ne peut compter alors sur l'auscultation ; le diagnostic n'est fait qu'à l'autopsie.

f. Hémorragies g énito-ur 'inaires. — Les plus fréquentes sont celles des capsules surrénales. Bien connues depuis Parrot, Rayer, Valleix, ces hémorragies transforment les capsules en poches remplies de sang coagulé ou de sérosité sanguinolente, pure ou mêlée de caillots ; le volume de la glande en est très augmenté. Si l'épanchement est assez considérable, il peut se faire un éclatement de la capsule, permettant au sang de fuser dans le tissu sous-péritonéal, voire même d'inonder le péritoine. Ces hémorragies sont sous la dépendance d'une thrombose d'origine infectieuse. Nous avons déjà signalé celles quipeuvent être causées par quelque traumatisme.

La thrombose infectieuse des veines rénales (Hutinel) détermine une congestion intense du parenchyme du rein, surtout marquée au niveau de la base des pyramides ; il peut même y avoir hémorragie rénale. Le sang se collecte en foyers autour des veines thrombosées, s'infiltrant à travers le parenchyme de la glande. Dans les veinules voisines on trouve des caillots souvent cruo-

MAYGRIER ET JEANNIN.

riques et complètement oblitérants ; par contre, les artères sont vicies et saines ; il existe, en même temps, une stéatose avancée des deux substances (Hutinel). Ces infarctus rénaux peuvent s'accompagner d'hématuries.

Il ne faut pas confondre ces hémorragies infectieuses avec l'écoulement sanguin se faisant par les voies génitales des filles nouveau-nées. Ce phénomène, qui apparaît au cours de la première semaine, dure quelques jours et ne s'accompagne d'aucune altération de l'état général. Il cesse spontanément pour ne plus revenir. Cette hémorragie traduit la poussée ovarienne qui se fait au moment de la naissance ; on en trouve l'homologue dans l'hydro-hématocèle congénitale des garçons (Gautier, Erôss).

g. Hémorragies encéphalo-rachidiennes. — Très fréquente au moment de la naissance (Cruveilhier), l'apoplexie méningée est due habituellement au traumatisme (extraction laborieuse par exemple), à la faiblesse congénitale des parois vasculaires chez les enfants débiles, à des malformations diverses (coeur, diaphragme, système céphalo-rachidien) ; mais elle peut également être d'origine infectieuse. L'épanchement siège ordinairement dans la cavité de l'arachnoïde, principalement autour du cervelet et des lobes postérieurs du cerveau ; plus rarement, il occupe les ventricules, exceptionnellement la substance cérébrale. L'hématorachis se fait aussi dans l'arachnoïde, et assez fréquemment dans le tissu cellulaire séparant la dure-mère des parois du canal rachidien ; le sang est liquide, noirâtre, à demi coagulé, fusant parfois par les trous de conjugaison.

L'apoplexie méningée peut passer inaperçue au milieu du tableau général de l'infection ; dans quelques cas, elle se traduit par la triade symptomatique de la cyanose, des convulsions et du coma. La cyanose est, dans ce cas, foncée, lie de vin, siégeant surtout au niveau de la face et du crâne ; elle persiste jusqu'à la mort. Les convulsions sont tout à fait caractéristiques d'une hémorragie méningée quand elles se manifestent dès les premiers jours de la vie (Parrot) ; elles peuvent, à titre exceptionnel, s'accompagner de paralysies. On a observé de la déviation conjuguée de la tête et des yeux. Dans le coma, le nouveau-né est somnolent, ne criant pas, poussant par instants des plaintes faibles et brèves ; les yeux sont clos, quelques convulsions agitant les paupières. Le diagnostic se fait aisément par la ponction lombaire. Toute thérapeutique reste impuissante contre ces hémorragies d'ordre infectieux.

Signalons, en terminant, les hémorragies des séreuses, les hémorragies conjonctivales, otiques, intra-hépatiques, etc.

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