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HÉMORRAGIES GASTRO-INTESTINALES DU NOUVEAU -NÉ

tour de l'abdomen. Comme dernière ressource, on aura recours à la ligature : Sippel proposait de lier directement les vaisseaux, au besoin après laparotomie. P. Dubois et Depaul ont conseillé un procédé plus simple, la ligature en masse modifiée ainsi par Lefour : cinq épingles sont passées, parallèlement, d'un bord à l'autre de la cupule ombilicale ; au-dessous d'elles, on glisse un lil élastique que l'on serre, circonscrivant ainsi toute la région saignante. Weit remarque que l'hémorragie se produira par chacun des trous ainsi créés. Plus récemment, Heymann a fait connaître un procédé de renversement de l'ombilic avec suture auquel il doit un succès.

b. Hémorragies gastro-intestinales. — Les plus fréquentes après l'omphalorragie, les hémorragies intestinales sont en général précoces.

h'hématêmèse se fait par la bouche et souvent aussi par le nez, à la suite d'un effort de vomissement, à l'occasion d'une tétée ; le sang est noir ou rutilant suivant qu'il a, ou non, séjourné dans l'estomac ; sa quantité est très variable ; l'hématémèse est unique ou répétée.

Le melsena se compose, également, de sang variant en quantité et en qualité : nettement rouge lorsqu'il provient de la partie inférieure du gros intestin, il est brunâtre ou même noir quand il s'agit d'une hémorragie de l'intestin grêle ou de l'estomac ; parfois il est poisseux, rappelant le goudron, et peut être fétide ; enfin il peut s'échapper de l'anus sous forme de caillots grêles et allongés. Tous les degrés s'observent, depuis les simples garde-robes sanguinolentes jusqu'à l'hémorragie pure et abondante.

A l'autopsie, on peut ne trouver aucun désordre de la muqueuse digestive ; dans d'autres cas, il n'y a que de l'infiltration ecchymotique ; le plus souvent il existe des ulcérations. Celles-ci siègent sur l'estomac, ou sur le duodénum ; rares dans l'oesophage, elles deviennent exceptionnelles dans le jéjuno-iléon et dans le côlon ; toutefois Paltauf en a signalé dans le rectum. Ces lésions consistent, soit en simples érosions superficielles, soit en ulcérations plus ou moins profondes, au fond desquelles on peut voir un vaisseau béant, libre ou thrombosé. Près de ces ulcérations, on rencontre des sugillations ou même de petits foyers hémorragiques soulevant l'épithélium par places.

L'estomac et l'intestin contiennent, en quantité variable, du sang en partie digéré. Le tube digestif peut être perforé au niveau d'une ulcération, le péritoine souillé de sang et de fèces.

Le diagnostic des hémorragies gastro-intestinales est en général facile : on ne confondra pas le melœna avec le méconium qui peut parfois s'éliminer pendant six à huit jours. De même on distinguera aisément l'hématémèse d'une hémoptysie, d'une épistaxis ou d'une stomatorragie. Le sang peut ne pas venir des parois mêmes du tube digestif, mais avoir été dégluti : c'est ce que l'on nomme le melsena spuria. La cause habituelle réside dans la tétée d'un sein atteint de crevasses : le sang ainsi absorbé est ultérieurement rejeté par la bouche ou par l'anus. L'examen de la nourrice et l'état général de l'enfant imposent le diagnostic.

La mortalité en cas d'hémorragie gastro-intestinale est de 35 p. 100 (Kling) à 50 p. 100 (Dusser Tarnier) ; dans ces statistiques, il a été tenu compte de tous

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MAYGRIER ET JEANNIN.

les cas; si l'on envisage uniquement le melœna ou l'hématémèse de cause infectieuse, cette proportion est infiniment plus forte.

Le traitement consistera tout d'abord dans la diminution du nombre et de l'importance des tétées, de manière à prévenir les vomissements ; le mieux est de faire prendre le lait par petites cuillerées, en le refroidissant à l'aide de glace. Il n'est guère possible de faire usage chez le nouveau-né des divers hémostatiques internes employés chez les enfants plus âgés : ergotine, perchlorure de fer, ratanhia. Baginski conseille d'administrer une goutte d'éther acétique dans une cuillerée d'eau glacée.

Bar a obtenu de très bons résultats par le traitement suivant : chaque jour, injection sous-cutanée, au niveau de la pointe de l'omoplate, de 20 grammes de sérum gélatiné et prise de 4 à 6 cuillerées à café d'une solution de chlorure de calcium à 1 p. 100.

c. Hémorragies cutanées. — Elles se produisent au niveau de la moindre solution de continuité : piqûre, érosion épidermique, plaie de la circoncision, vaccin, etc. Dans d'autres conditions, ou simultanément, on voit apparaître du purpura; l'éruption se compose de petites taches d'un rouge vif ou d'un bleu violet, plus ou moins étendues, et ne s'efîaçant pas à la pression. Près des pêtéchies, taches punctiformes entourant un orifice pilo-sébacé, il existe des vibices, stries ou raies sanglantes, des ecchymoses formant des taches assez étendues ; quand le raptus hémorragique est assez abondant, il apparaît des bulles (purpura huileux) remplies de sang. Chaque tache est d'abord rouge vif, puis violacé, devenant finalement jaune verdâtre, puis jaune clair, disparaissant d'autant plus vite qu'elle est plus petite. L'éruption évolue par poussées successives ; elle peut s'observer partout en ayant une prédilection marquée pour les membres inférieurs. Dans quelques cas, la résistance de l'épiderme est faible, et un suintement sanguin se produit au niveau des bulles. A l'examen histologique d'une tache, on constate que le sang est sorti des vaisseaux et s'est infiltré dans les mailles du chorion ; dans certains cas, la tache purpurique est constituée par une simple dilatation vasculaire, sans rupture (Cornil et Frémont).

Le diagnostic du purpura s'impose : il suffira d'y penser pour éliminer les nœvi congénitaux et les taches par piqûres de puces. Le diagnostic étiologique se fera d'après l'examen général : on arrivera ainsi à distinguer le purpura infectieux despurpuras mécaniques, toxiques ou nerveux (purpuras secondaires), et du purpura infectieux primitif, du purpura rhumatoïde, de la maladie de Werlhof (purpuras primitifs).

d. Hémorragies sous-cutanées. — Des hématomes sous-cutanés peuvent se produire à l'occasion du plus léger traumatisme, tel que la simple pression des doigts sur le corps de l'enfant. Ces épanchements sont multiples, siégeant sur les membres, la face et le tronc; à l'autopsie, on trouve d'autres collections sanguines intra ou intermusculaires.

Ces hématomes profonds constituent un des principaux symptômes de la maladie de Barlow ou scorbut infantile. Anatomiquement elle est caractérisée par la présence d'épanchements sanguins sous-périostés siégeant, de préfé-

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