‹ La pratique de l'art des accouchementsChapitre 470 sur 492 · I. Prophylaxie. — A la suite de tout · texte numérisé non relu

I. Prophylaxie. — A la suite de tout

terreux, plombé ; les yeux s'excavent ; l'enfant ne pousse que des cris plaintifs. Les convulsions se répètent, puis font place au coma, et l'enfant succombe deux à cinq jours après l'apparition des premiers symptômes.

Près de cette forme aiguë de la septicémie, il faut placer la forme foudroyante : le nouveau-né est pris de cyanose et de convulsions, et succombe au bout de quelques heures (Fischl) ; par contre, chez les enfants très résistants, on peut observer une forme subaiguè durant de dix à quinze jours (Hutinel et Claisse).

Anatomie pathologique. — A l'autopsie, on est frappé par la congestion généralisée de tous les viscères (Marfan et Nanu, Delestre) ; au niveau du poumon, il existe un piqueté hémorragique ; le microscope y décèle presque constamment des lésions broncho-pneumoniques passant inaperçues au simple examen des pièces. De nombreux auteurs (Simmonds, Richter, Delestre, etc.), ont, en outre, noté la présence à'' une gouttelette de pus dans V oreille moyenne. L'examen bactériologique, pratiqué sur des pièces très fraîches, montre la présence d'un même germe, pur ou associé à d'autres espèces, dans^le sang, le poumon et les différents viscères.

Jours.

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Fig. 342. — Septicémie généralisée chez un nouveau-né (Maygrier).

La courbe de poids (en traits pleins) accouchement, même normal, il faut débar- s'abaisse sans cesse, tandis que la courbe „ , . ,., thermique (en pointillé) s'élève jusqu'à

rasser 1 enfant des germes qu il a pu recueil- ia morL lir in utero, ou lors de son passage au

travers des voies génitales. Dans ce but, on pratique l'ablation des mucosités qui encombrent la bouche et le pharynx, la toilette des yeux, le nettoyage de la peau à l'aide d'un grand bain à l'eau bouillie et au savon. S'il y a eu des signes d'infection amniotique, il faut, en outre, laver le tube digestif (lavage de l'estomac et entéroclyse), ainsi que les cavités nasales et auriculaires. Puis l'ombilic est pansé aseptiquement.

II. Traitement proprement dit. — Tout nouveau-né infecté doit être rigoureusement isolé des autres enfants et des nouvelles accouchées. Seule sa mère, si elle le nourrit, reste près de lui. Dans les premiers jours de la vie, il est bien difficile d'avoir recours à la thérapeutique médicamenteuse : les médicaments sont généralement mal supportés par le nouveau-né, et ils ne pourraient

MAYGRIER ET JEANNIN.

être donnés qu'à des doses très minimes, ce qui rend leur efficacité douteuse; aussi tous nos efforts tendent-ils à soutenir l'organisme du petit malade, grâce principalement à l'hygiène. Il nous faut donc :

1° Alimenter l'enfant, en ménageant le plus possible le tube digestif. Dans ce but, on prescrira le lait de femme à l'exclusion de tout autre ; les doses en seront rigoureusement calculées. Si l'enfant refuse le sein, on le fera boire au verre ou à la cuiller ; au besoin, on le gavera.

2° Assurer l'asepsie intestinale. — Matin et soir, au besoin plus souvent, toutes les quatre heures, toutes les deux heures même, on pratique une entéroclyse avec une solution aseptique et isotonique de 500 grammes à 2 litres de sérum physiologique, stérilisé. Nous avons dit qu'on peut également faire usage de lavements à la levure de bière. Si les vomissements sont fréquents, il est bon de laver V estomac avec de l'eau de Vichy ; la gaveuse sert aisément de laveur.

Enfin, il faut traiter avec le plus grand soin Vérythème fessier : dans ce but, l'enfant est changé toutes les deux heures; le siège est lavé à l'aide de tampons d'ouate hydrophile imbibés d'eau bouillie coupée de sublimé à très petite dose ou d'eau oxygénée; on aura bien soin d'éponger simplement, sans jamais frotter, les parties enflammées. La région étant asséchée, on la saupoudre avec du talc stérilisé, en évitant l'emploi de toutes les poudres végétales, trop fermentescibles, telles que l'amidon, le lycopode, etc.

3° Combattre la tendance à la cyanose. — L'hématose et la fonction calorique s'accompliront dans des conditions d'autant meilleures que l'enfant respirera un air plus pur. Aussi est-il extrêmement important d'aérer largement la chambre. Les inhalations d'oxygène peuvent rendre également de grands services. D'autre part, l'enfant sera placé en couveuse, s'il présente de l'hypothermie ; mais les dangers d'infection dans les couveuses sont tels en pareil cas qu'il faudra l'en retirer dès que sa température sera voisine de 37° (Hutinel) ; les couveuses, d'ailleurs, doivent être désinfectées. En présence d'un accès de cyanose, il faut frictionner tout le corps avec un peu d'alccol, et plonger l'enfant dans un bain sinapisé à 38°. Ces bains sont également très utiles en tant que révulsifs ; aussi les associera-t-on aux cataplasmes sinapisés, toutes les fois qu'on note quelque trouble du côté des poumons.

4° Agir sur le système nerveux. — Suivant les cas, on aura recours aux excitants (X à XX gouttes de rhum ou de cognac, par vingt-quatre heures ; par doses de II à III gouttes dans une cuillerée de lait, avant chaque tétée), ou, au contraire, aux calmants : bains de tilleul (50 grammes de feuilles de tilleul par bain), assez longs, de vingt minutes environ ; bromure de potassium (de 0^,05 à 0§r,20 par jour, principalement contre les vomissements).

5° Tonifier l'état général. — Le mieux est de faire usage des injections hypodermiques de sérum physiologique : on en injecte, matin et soir, de 10 à 50 centimètres cubes dans le tissu cellulaire du dos ou de la paroi abdominale ; au niveau des cuisses, la piqûre est trop facilement souillée par l'urine ; la seringue de Roux est, pour ce faire, le meilleur instrument. Ces injections, qui constituent un précieux moyen thérapeutique, ont souvent pour résultat de faire remonter la courbe de poids. Il faut considérer comme très grave tout

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