INFECTIONS DE L' APPAREIL AUDITIF
Otite externe. — Elle est la conséquence de la pénétration dans le conduit auditif externe de quelque produit septique ; souvent, c'est du lait qui y coule, pendant que l'enfant est couché. L'écoulement purulent, habituellement fétide (colibacille et anaéarobies) est d'ordinaire très abondant. On traitera cette otite par des nettoyages fréquents à l'eau oxygénée, des instillations d'huile mentholée, et des pansements antiseptiques.
Otite moyenne. — Très fréquente d'après Richter, Simmonds et Hartmann, cette infection de la caisse du tympan se fait par la trompe d'Eustache en cas de coryza ou d'angine du nouveau-né. Elle s'accompagne de fièvre et de phénomènes méningitiques : habituellement l'enfant succombe. Le seul traitement rationnel réside dans la paracentèse de la membrane du tympan.
INFECTION GÉNÉRALE : SEPTICÉMIE.
Toutes les infections locales sont capables de se généraliser, donnant lieu à une septicémie ou à une pyohèmie secondaire. Dans d'autres circonstances, créées par la virulence des germes et la faible résistance du terrain, le microbe infectant envahit d'emblée la voie sanguine, déterminant une septicémie primitive.
Étiologie. — Très fréquente chez les prématurés débiles, comme il résulte des recherches de Hutinel, Labbé, Delestre, les septicémies se développent chez ces enfants en raison de l'insuffisance des moyens de défense, conséquence de l'imperfection de leurs organes. Tous les germes sont capables de leur donner naissance, soit à l'état isolé, soit en association : les plus dangereux sont le streptocoque, puis les colibacilles ; viennent ensuite le pneumocoque, les slaphylocoques et le coccobacille de Pfeifîer.
Étude clinique. — La septicémie peut apparaître dès les premiers jours de la vie. Dans la plupart des cas, ce sont les troubles digestifs qui ouvrent la scène ; l'enfant refuse le sein et rejette tout ce qu'il prend ; en même temps, ou peu après, s'établit la diarrhée. Dans les cas graves, des accès de cyanose ne tardent pas à éclater ; la gêne respiratoire se traduit également par une respiration fréquente, faible, superficielle ; quelquefois il existe un battement léger des ailes du nez. Le poumon, en partie atélectasié, n'est capable que d'une hématose très insuffisante. Dans la plupart des cas, on note de la fièvre, le thermomètre oscillant entre 38° et 40° (voy. fig. 342) ; toutefois, il n'est pas rare d'observer de Y hypothermie, surtout chez les très jeunes enfants, la température s'abaissant au-dessous de 30° et même de 25°. L'ictère est très fréquent, plus ou moins intense, ainsi que les hémorragies multiples et répétées : purpura, omphalorragies tardives, hématémèse, melœna, apoplexie pulmonaire, hémorragies surrénales, épistaxis, etc. Des éruptions, essentiellement polymorphes, sont également fréquentes. La courbe de poids baisse rapidement ; le faciès devient