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PLACENTA MATERNEL

caduque qui se réfléchit au niveau du bord placentaire pour aller tapisser la face profonde du chorion basai sur une largeur de 2 centimètres environ. Ce repli est produit par l'angle de réflexion de la caduque ovulaire.

La partie maternelle est donc réduite à bien peu de chose dans le placenta à

Fig. 90. — Constitution du placenta (premier stade) (d'après Webster).

- Constilulion du placenta (deuxième stade) (d'après Webster).

A, mésoderme; B, ectoderme fœtal; C, lacunes communiquant avec les sinus sanguins maternels; D, formation du plasmodc au contact du sang maternel: E, caduque; F, sinus maternel; G, endothclium vasculaire.

terme. C'est dans cette poche, constituée en dedans par le chorion, en dehors et sur les côtés par la caduque, que va circuler le sang maternel. Comment se fait cette circulation? Ce point d'anatomie a été bien établi par les travaux de Waldeyer, Rohr, Léopold, Prenant, Heinz, Keibel, Turner, Ercolani, Colucci.

Le sang arrive dans la v AA

caduque par les artères du J É Q tz muscle utérin qui sont particulièrement nombreuses au niveau de l'insertion placentaire. Une fois dans la caduque, elles pénètrent dans le placenta en se servant comme conducteurs des septa intercotylédonaires. Ces artères gardent leurs dispositions hélicines jusqu'au point où elles pénètrent dans la caduque. Elles perdent alors leur paroipropre pour n'être plus constituées que par l'endothélium. Elles vont s'ouvrir directement dans les lacs sanguins maternels. Au point où l'artère déverse son sang dans le sinus, l'endothélium des vaisseaux disparait brusquement.

Après avoir baigné les villosités et effectué les échanges nécessités par la nutrition du fœtus, le sang revient par les veines de la caduque. Les petites veines naissent sur le plancher de l'espace intervilleux par un orifice en entonnoir

Fig. 91'.

stade)

Constitution du placenta (troisième (d'après Webster).

P, chorion basai; C, cordon ombilical; V, veine ombilicale; A, A, artères ombilicales ; M, amnios; B. villosité choriale ; S, lacs sanguins maternels ; E, lame recouvrante de Winckler I, septa intercotylédonaires ; G, épithélium des sinus maternels.

KEIFFER ET DEVRAIGNE.

dans lequel pénètrent souvent des extrémités villeuses. Elles cheminent ensuite dans l'épaisseur de la caduque et viennent se jeter dans un tronc commun qui est situé généralement au centre du cotylédon. Ces veines, très nombreuses, constituées par une simple enveloppe endothéliale, se déversent dans les nombreux sinus de la couche musculaire.

On a beaucoup discuté sur la signification des espaces intervilleux ou lacs placentaires (voy. fig. 92). Se basant sur leur volume, leur absence d'endothélium sur le placenta à terme, Kœlliker et Langhans en ont fait des lacunes creusées dans le placenta maternel. Les travaux de Wirchow, Turner, Léopold, Ercolani, Hertwig, Waldeyer, Duval, Selenka, Beibel démontrent que les lacs placentaires représentent les capillaires de l'endomètre considérablement dilatés.

La circulation veineuse du placenta maternel contient un autre grand collecteur sanguin : le sinus coronaire, circulaire ou marginal. Ce sinus, bien étudié par Jacquemier, Meckel, Budin, Maksud, Brindeau, forme un anneau qui enserre le bord du placenta. Le cercle n'est pas continu, mais constitué par la réunion de 2 à 5 veines qui forment une bordure presque complète. Ces segments veineux ont un volume variable suivant les points et suivant les placentas ; certains sont gros comme une plume d'oie, d'autres atteignent le volume du petit doigt. Ils sont criblés d'orifices qui représentent les sections des veines de la caduque déchirées au moment de la délivrance. Le sinus circulaire reçoit, en outre, de nombreuses branches qui ramènent le sang des lacs sanguins. Il constitue donc une voie importante de dérivation pour le sang maternel.

Des vaisseaux lymphatiques existent dans la couche profonde du placenta maternel. Ils sont très ténus, et la véritable circulation lymphatique se fait principalement dans les espaces intercellulaires.

Les nerfs, qui ont été recherchés par bien des auteurs, et en particulier par v. Herfî, semblent ne pas exister dans le placenta.

Bucura (1907) les nie d'une façon absolue.

La structure du placenta maternel est celle de la caduque à terme.

Placenta fœtal. — La partie fœtale du placenta est constituée par un amas considérable de villosités choriales qui viennent flotter dans les lacs sanguins (fig. 92). Ces villosités sont des végétations du chorion basai dans lesquelles pénètrent des divisions des vaisseaux ombilicaux. Comme ce sont ces vaisseaux qui commandent la formation des villosités, nous croyons nécessaire de les décrire ici.

Les vaisseaux om bilicaux (deux artères et une veine), qui arrivent au placenta par le cordon, se divisent généralement au point même de l'insertion funiculaire. Quelquefois cependant la division se fait un peu plus haut dans la base du cordon. Les différentes branches vasculaires, qui proviennent des troncs principaux, rampent sous l'amnios et le plus souvent restent visibles sur la face foetale jusqu'au niveau des petites branches.

Les artères, plus petites que les veines, sont également plus superficielles

PLACENTA FŒTAL.

par rapport à ces dernières. Les divisions rayonnent d'une façon plus ou moins régulière de la base du cordon vers la périphérie du placenta. Elles diminuent de volume jusqu'à 1 ou 2 centimètres du bord où elles disparaissent. Il n'existe pas d'anastomose entre les différentes branches. Quelquefois on voit une grosse division s'interrompre brusquement et s'enfoncer dans la masse placentaire. Minot, qui a bien étudié la disposition des vaisseaux dans le placenta, a montré que plus l'insertion du cordon se rapproche de la périphérie du placenta et plus la division des branches devient symétrique.

De ce dôme vasculaire situé en plein chorion basai naissent les différentes branches qui vont se distribuer aux cotylédons. Les gros troncs envoient des divisions dans toutes les directions ; à partir d'un certain calibre, les rameaux naissent dichotomiquement. Il se forme ainsi des vaisseaux de plus en plus petits qui finissent par devenir des capillaires.

Les veines suivent le trajet des artères.

Les vaisseaux sanguins sont entourés d'une gangue celluleuse d'origine mésodermique qui a les réactions du tissu muqueux. Le tout est revêtu d'une couche épithéliale d'origine fœtale, le syncytium.

On peut comparer le système des villosités à des racines rameuses dont le tronc serait formé par une des divisions des vaisseaux ombilicaux. De ces troncs partent un certain nombre de radicelles qui se divisent dichotomiquement pour arriver à former les villosités capillaires terminales. Ces fines divisions nagent librement dans le sang maternel. Quelques-unes cependant vont se fixer, soit à la caduque basale, soit aux septa intercotylédonaires : ce sont les villosités crampons ou mieux villosités de fixation.

De ce qui précède, il résulte que la circulation du sang dans le placenta fœtal se. fait dans un système absolument fermé, sans communication avec les lacs sanguins. Il y a indépendance complète des deux circulations maternelle et foetale.

Le chorion basai est formé de tissu conjonctif et d'un épithélium. Le tissu conjonctiî comprend deux couches superposées dont l'une, profonde, esc le stroma, épais et mou, se confondant avec le mésoderme de l'amnios par sa face interne, parcouru par les vaisseaux ombiliaux; la couche externe, mince, fibrillaire, dense, comprenant des cellules fixes et des fibres conjonctives. L'épithélium chorial comprend une couche cellulaire épaissie, poussant des bourgeons dans les lacs sanguins : il n'y a plus de plasmode qui, d'après certains auteurs, se serait transformé en placards ou piliers de fibrine canalisée qui soutiennent les villosités et vont du chorion basai à la sérotine.

La structure des villosités choriales à terme comprend un revêtement épithélial, un stroma et des vaisseaux sanguins.

Revêtement épithélial. — On peut dire qu'il est formé d'une seule couche, le plasmode, car, en effet, dans le placenta à terme, les cellules de Langhans ont presque complètement disparu ; on n'en retrouve que des traces. Le plasmode forme une bordure constante à peu près continue, mais d'une épaisseur variable (voy. fig. 85). En quelques points, il s'accumule en amas sous forme de larmes ; en d'autres, il est aminci comme un endothélium. Les

KE1FFER ET DEVRAIGNE.

noyaux irréguliers sont souvent disposés en palissades ; ils sont souvent en voie de chromatolyse (Brindeau et Nattan-Larrier).

Siroma. — Il est très dense et d'apparence fibreuse dans la villosité à terme. Il est plus dense à la périphérie des vaisseaux qu'il entoure en couches concentriques. Dans les petites villosités, le stroma est très délicat et comme réticulé ; dans ces cas, les cellules conjonctives sont volumineuses, ovoïdes, ànoyaubien coloré.

aisseaux. — Chaque villosité contient généralement une artère et une veine .(fîg- 93). Quelquefois on y trouve trois ou quatre vaisseaux. Sur une coupe

transversale, la villosité est représentée par un cercle limité par l'épithélium. Dans l'intérieur du cercle, on voit la section des vaisseaux. Les artères moins volumineuses ont une paroi épaisse formée de couches concentriques à prédominance élastique. Les veines à lumière plus large ont une paroi plus mince. L'épithélium de ces vaisseaux, visible avec un fort grossissement, se présente sous la forme d'un endothélium à noyau saillant dans la lumière du vaisseau.

Dans les petites villosités, onne trouve plus que des capillaires qui sont refoulés à la périphérie. Ces fins vaisseaux, dont la paroi n'est constituée que par un endothélium, sont souvent en contact direct avec le plasmode, ce qui facilite les échanges (Brindeau et Nattan-Larrier).

Villosités de fixation. — Nous avons vu que certaines villosités se mettaient en contact intime avec la caduque pour constituer les villosités crampons. Elles offrent plusieurs degrés de pénétration. Certaines d'entre elles ne font que s'adosser à la caduque et l'on voit le plasmode se mettre simplement en contact avec la surface déciduale. Dans un second degré, la villosité s'enfonce dans la caduque. On voit alors la couche plasmodiale se réfléchir au niveau du pied de la villosité pour recouvrir la caduque adjacente. Le tissu conjonctif pénètre plus ou moins dans l'épaisseur de la caduque où il se perd dans la couche fibrineuse. Il existe généralement une limite bien nette entre les cellules déciduales et les cellules conjonctives de la villosité.

Dans certains cas, la villosité crampon s'insère directement sur le muscle utérin sans intermédiaire de caduque (Webster, Brindeau, Nattan-Larrier).

Fig. 93. — Injection d'une villosité du placenta humain à maturité. Les artères en sombre, les veines en clair, Les vaisseaux qui paraissent se terminer librement ne doivent cette apparence qu'à une insufïïsance d'injection (préparation par dissocialion) (Grosser).

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