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LES MEMBRANES DE L'ŒUF A TERME

par un tissu conjonctif lâche. Grâce à ce tissu lâche, l'amnios est simplement accolé au chorion et peut en être détaché très facilement. L'amnios ne s'arrête pas au bord placentaire, mais tapisse la face fœtale du placenta ; il se réfléchit au niveau du cordon ombilical dont il recouvre toute la longueur jusqu'au voisinage de l'ombilic. Il adhère intimement au cordon.

Depuis Coste et Kœlliker, on admet que l'amnios membraneux, appliqué sur le chorion, est formé de deux couches : 1° une tunique interne épithéliale ; 2° une tunique externe conjonctive.

Viti (1886) admettait quatre couches, les deux précédentes, la couche conjonctive lâche intermédiaire et, en dehors, une limitante. Cette membrane limitante, décrite d'abord par Mesla, formerait la véritable séparation de l'amnios et du chorion ; elle serait formée d'une lame endothéliale et de quelques faisceaux conjonctifs dirigés dans tous les sens.

1° Tunique interne épithéliale. — Cet épithélium amniotique a été décrit différemment par les auteurs. Pour Viti, Kœlliker, l'épithélium est pavimenteux ; pour Megliorini, il est cylindrique sur la portion placentaire et cubique sur la portion extra-placentaire. Pour Pinto, dans les trois ou quatre derniers mois de la grossesse, l'épithélium amniotique a une forme cylindrique assez irrégulière et variable d'aspect, surtout dans la zone placentaire ; ailleurs, il est un peu plus bas. Il y a donc des variations aussi dans la hauteur des cellules. Les cellules seraient plus hautes sur le placenta

que sur l'amnios membraneux, parce que celui- c . , , „ ,

" ■ > r "i Fig. 94. — bcliema des membranes

ci est plus distendu (Vignolo, Colpi), ce que de l'œuf,

n'admet pas Megliorini. Tullio Ferrari, Pinto

croient plutôt à un véritable polymorphisme. Bref, la cellule typique serait cylindrique, prismatique (Vignolo) avec de nombreuses variantes. Certaines d'entre elles sont multinucléées (Fabre, Pinto, Dupont).

Connexions des cellules entre elles. — Hotz, Minot, Lange, Webster, Tullio Ferrari, P.-L. Ferrari, Megliorini, Mandl (1905), Pinto (1907), ont décrit l'aspect polyédrique des cellules amniotiques sur les coupes et ont montré (faits contredits par Colpi) que non seulement ces cellules s'accolaient par leurs bords, mais qu'elles étaient reliées par des épines ou ponts protoplasmiques constitués par de fins prolongements protoplasmiques qui établissent une sorte de communication entre elles et leur donnent l'aspect de cellules de Malpighi (Lange, Webster et Megliorini). Il y a une sorte d'épidermisation des cellules amniotiques (Bar) (fig. 95).

Si l'on examine à la loupe la surface amniotique, on voit, près de l'insertion du cordon, un certain nombre de petites saillies appelées par Mùller caroncules amniotiques. Winckler, sur deux cents amnios examinés, a toujours trouvé les caroncules amniotiques.

Le même auteur a décrit aussi des stomates (retrouvés seulement par

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KE1FFER ET DEVRAIGNE.

Koster sur le cordon) et qui seraient destinés à laisser passer la sérosité venant de la caduque et contribuant à former le liquide amniotique. De même Hunter, Vinigradow, Lange, ont signalé des lacunes dans le revêtement épithélial de l'amnios. Viti, Ferrari, Megliorini n'admettent pas ces stomates.

L 'épithélium a-t-il une action sécrétoire? L'épithélium amniotique ne serait pas un simple épithélium de revêtement, mais un épithélium sécrétoire donnant une partie du liquide amniotique.

En 1894, Lange montra que les cellules amniotiques abandonnaient des granulations de matières albuminoïdes. Dès 1895, P.-L. Ferrari, Mandl, en 1905, Bondi, constatant la présence de petits grains dans les cellules de l'épithélium amniotique, les considèrent comme l'expression d'une sécrétion intracellulaire. Polano, en 1905, confirme l'existence, à la fin de la grossesse, surtout sur

l'amnios juxta-placentaire, de cellules à vacuoles de volume variable contenant des grains fuchsinophiles ; les vacuoles seraient le résultat de la fonte de la graisse. Pinto (1907) retrouve les gouttelettes de graisse déjà vues par Anna Holtz et les grains de matières albuminoïdes décrits par Lange.

Ces constatations permettent-elles de conclure à une action sécrétoire de l'amnios? Peut-on confirmer cette action par les expériences de Wolff, de Mandl qui produisent de l'hydramnios après avoir néphrectomisé des animaux? Il semble, à l'heure actuelle, impos-

Fig. 95. — Epithélium de l'amnios 1

(Pabre). sible de porter des conclusions termes (Pinto).

2° Tunique externe conjonctive. — La tunique externe de l'amnios est formée de tissu cellulaire adulte ; les fibres élastiques sont nombreuses, les cellules fusiformes présentent souvent des prolongements. On y rencontre de place en place de grosses cellules épithéliales qui sont les vestiges du mésothélium décrit par Webster dans l'amnios jeune.

La présence d'éléments musculaires lisses, affirmée par Kcelliker et Remak, est formellement niée chez les mammifères par M. Duval.

Couche intermédiaire. — ■ Elle est située entre le chorion et l'amnios (couche de Bischoff, corps vitriforme de Velpeau, membrane lamineuse de Joulin), elle a la structure du tissu muqueux et doit être considérée comme dérivée de l'allantoïde. Elle est assez adhérente à l'amnios et c'est elle qui permet au chorion de glisser sur l'amnios.

On admet avec Mathias Duval qu'iZ n'y a pas de nerfs dans Vamnios.

D'après Léopold, les lymphatiques et les espaces lymphatiques sont abondants dans la couche conjonctive de l'amnios qui serait, pour cet auteur, un véritable sac lymphatique. Winckler, Viti, Ferrari, ont confirmé les idées de Léopold. Winckler a vu les lymphatiques s'ouvrir librement dans la cavité de

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