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LE CORDON OMBILICAL

lui donne un aspect irrégulier. Le nombre de tours de spire n'est pas toujours le même. Ordinairement assez faible (de 3 à 6), il peut être beaucoup plus élevé. Kilian a observé un cordon avec 17 tours de spire; Dorhn,un avec 85 tours; Meckel a compté 95 tours de spire. Ces cas sont pathologiques. La cause de cette torsion du cordon n'est qu'imparfaitement élucidée ; sans vouloir discuter les nombreuses théories que l'on a émises, rappelons seulement que Friedreich et Kilian pensaient que l'enroulement était dû aux mouvements giratoires de l'embryon. Pour Haller, il est dû au développement des vaisseaux plus rapide que celui de leur gaine amniotique. Pour Neugebauer, la torsion est la conséquence du volume différent des vaisseaux : la veine est bien plus volumineuse que les artères. Pour Schrôder, Van der Kolk, c'est la pression plus forte dans les artères que dans la veine qui cause la torsion. Simpson fait intervenir le développement plus grand de l'artère ombilicale droite, branche de l'iliaque droite, plus volumineuse que l'iliaque du côté gauche. Pour Delore, c'est sous l'influence des pulsations cardiaques dans la vie embryonnaire que l'embryon tournerait et enroulerait son cordon.

Près du terme, on voit souvent se produire sur le cordon de petites nodosités dues, soit à une accumulation en ces points de gélatine de Warthon, soit à l'entortillement d'un ou plusieurs vaisseaux du cordon, entortillement vffl d'artères (Tarnier, Velpeau, Holoka), de veines (Harvey).

Structure. — Le cordon présente à étudier un revêtement amniotique, un stroma et des vaisseaux (fig. 98).

L'amnios, qui recouvre le cordon dans toute son éten- Fig. 98- — Coupe du due jusqu'à 1 centimètre de l'ombilic, présente quelques cordon, différences avec l'amnios membraneux. D'abord, il est a. artères ombiliintimement adhérent au stroma, sauf dans la portion \^e' V' veine 01"'"~ qui avoisine le placenta. Il est donc très difficile de décoller l'amnios sur une longueur de plus de 3 centimètres au delà de l'insertion placentaire. Au point de vue de sa structure, l'amnios du cordon ressemble beaucoup à l'amnios membraneux. On y retrouve le même épithélium cubique, mais il a une tendance à se stratifier davantage. De plus, les couches superficielles sont plus aplaties.

La couche celluleuse est très résistante, formée de fibres longitudinales parallèles à l'axe du cordon. Le stroma, qui remplit le cordon et qui lui donne son plus ou moins gros calibre, est constitué par du tissu muqueux appelé encore gélatine de Warthon. Ce tissu est contenu dans des loges limitées par un véritable squelette fibro-élastique bien étudié par Kôlliker. Ces bandes sont disposées de la façon suivante : au centre du cordon, il existe un petit faisceau tendineux duquel partent des travées qui isolent les trois vaisseaux. On retrouve également à la périphérie du cordon un cercle de même nature sur lequel les travées vont se jeter comme des rayons sur la jante d'une roue. Quant au tissu muqueux lui-même, il est constitué par des mailles plus ou moins larges dans lesquelles sont noyées des cellules à prolongement et semblant s'anastomoser entre elles. Dans les interstices circule un liquide

filant que l'on peut faire sourdre en exprimant le cordon entre les doigts.

Dans la zone où l'amnios se continue avec le bourrelet cutané ombilical, Winckler a décrit comme un fait constant des caroncules amniotiques du volume d'un grain de millet. Quelques végétations ramifiées ont été discutées par Ahlfeld à la surface du cordon sous le nom de villosités du cordon.

Les vaisseaux ont une structure très simple. Les deux artères ombilicales sont épaisses avec une paroi formée de couches concentriques fibro-musculaires. Elles présentent de place en place des valvules qui ont été étudiées par Hyrtl et Berger. Ces valvules sont surtout fréquentes près du placenta. La paroi des artères est particulièrement riche en fibres musculaires lisses disposées en deux couches : une interne à fibres longitudinales, une externe à fibres circulaires. Il n'y a pas de limitante élastique, ni de tunique adventice vraie.

La veine ombilicale à paroi plus mince, à lumière plus large, est deux à trois fois plus volumineuse que chaque artère ; son calibre est régulier. Elle se laisse facilement affaisser, tandis que les artères restent perméables, grâce à l'épaisseur de leur paroi. Elle est beaucoup moins valvulée que les artères ; elle ne présente que de simples replis semi-lunaires (Berger), incapables d'obstruer complètement la lumière du vaisseau.

Les anomalies des vaisseaux du cordon sont rares. On peut cependant rencontrer des cordons avec une ou trois artères ou d'autres avec deux veines. Dans certains cas également, les vaisseaux se divisent dans l'intérieur même du cordon. Il n'est pas rare de voir une artère ou une veine former une anse qui se loge dans un petit diverticule du cordon.

Buge a décrit dans les cordons jeunes des vasa propria destinés à leur nutrition propre. Ces vaisseaux se rencontrent principalement aux deux extrémités de la tige funiculaire.

Les lymphatiques du cordon ne sont pas admis par tous les auteurs. Bar a figuré et décrit les espaces dans lesquels se fait la circulation lymphatique. On y rencontre un certain nombre de globules blancs. Quant aux nerfs, ils n'existent qu'au voisinage de l'ombilic; ils accompagnent les vaisseaux. Ils ont été décrits par Schott, Valentin, Kœlliker, Bucura. Les nerfs allant à la veine viendraient du plexus hépatique; ceux qui accompagnent les artères viennent du plexus hypogastrique.

Parfois à la naissance, on trouve dans le tissu muqueux du cordon des corpuscules épithéliaux, pleins ou kystiques, qui sont le vestige du canal vitellin ou de l'allantoïde (Potocki et Branca).

Physiologie. — Le sang du foetus apporté par les artères ombilicales vient s'oxygéner dans le placenta et y puiser les substances nécessaires à l'édification et à la vie du fœtus. La veine ombilicale contient le sang rouge artériel, les artères ombilicales charrient le sang veineux. La gaine amniotique et la gélatine de Warthon leur constituent des organes de protection, mais d'une résistance moins grande que la gaine vasculaire.

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