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NUTRITION DU FŒTUS

D'après ces auteurs, l'organisme fœtal fixe dans les trois derniers mois deux fois plus de sels que pendant les six premiers mois.

D'après Hugounencq, l'organisme fœtal assimile d'abord des sels de souder puis à la fin plutôt des sels de potasse.

Le fœtus étant très riche en tissu cartilagineux qui contient beaucoup de soude, on comprend ces grands besoins de soude du foetus dès le début de la grossesse. Bar, expérimentant sur les chiennes, a vu que « la proportion de chaux fixée par les petits pendant la première période était, par rapport au phosphore, de 113 p. 100, que cette proportion devint de 287p. 100 pendant la seconde période de l'expérience». Sauf les bases alcalines, le phosphore et la chaux qui s'accroissent avec la formation des globules rouges et du tissu osseux, les rapports des autres éléments ne varient plus beaucoup dans les six derniers mois. La cellule de l'embryon de quatre mois a les mêmes besoins minéraux que la cellule du nouveau-né.

Au point de vue du fer contenu dans l'organisme fœtal, le même principe se retrouve : fixation intense dans les trois derniers mois. D'après Hugounencq, la quantité de fer du nouveau-né est en moyenne de 0sr,40 Fe2 0!, ce qui correspond à 0^,28 de fer métallique. Or, d'après Bunge, le nouveau-né doit avoir assez de fer pour subvenir à ses besoins au début, le lait ne lui en fournissant que très peu. C'est le foie qui semble bien être le lieu de réserve du fer, mais bien moins dans l'espèce humaine (Charrin, Guilleminot, Lapicque) que chez les animaux (Zolesky, Bunge, Lapicque, Tedeschi, Kruger). Guilleminot, sur 8 fœtus à terme, trouva 0,26p. lOOOdefer dansle foie, alors que, chez l'adulte, il y a 0,23 p. 1000. Lapicque a montré que, chez le lapin et le chien, contrairement au foie, la rate est pauvre en fer. Guilleminot a montré qu'il en est de même chez le fœtus humain : 0,16 de fer dans la rate, au lieu de 0,32 p. 1000 chez l'homme et 0,23 chez la femme.

Kruger et Lenz ont trouvé dans le foie du nouveau-né plus de soufre et de phosphore que chez l'adulte.

Nutrition du fœtus. — 1° Avant la formation du placenta. — L'ovule emporte avec lui les granulations graisseuses et albuminoïdes qui sont utilisées dans les premiers stades de la segmentation (deutoplasma de VanBeneden). Il est probable que la zone pellucide, quis'amincit progressivement, sertde nourriture aussi. L'œuf, en progressant, s'entoure d'une couche de substances albuminoïdes (prochorion de Hensen), qui est nutritive également.

Dès que l'œuf segmenté est blastocyte, ses cellules superficielles puisent dans la zone environnante les éléments nutritifs nécessaires pour l'embryon,, d'où le nom de trophoblaste (Hubrecht). Tout le monde accorde maintenant à cette couche une action corrodante intense, dissolvant et absorbant tout ce qui l'entoure.

Puis les villosités choriales se vascularisent, s'infiltrent dans la muqueuse utérine et en tirent les matériaux de nutrition. On a attribué longtemps à la caduque utérine un simple rôle d'enveloppe protectrice pour l'œuf. Des travaux récents élèvent singulièrement ce rôle. En effet, d'après Paladino, la caduque jouerait vis-à-vis du petit œuf un rôle de suppléance en élaborant

KE1FFER ET DEVRAIGNE.

pour lui un liquide d'une nature spéciale, néoformation déciduale, contenant des leucocytes mononucléaires et polynucléaires, en abondance des hématies nucléées, des éléments épithéliaux provenant des glandes utérines en dégénérescence, des cellules polynucléaires. La caduque jouerait le rôle d'une glande diffuse où les villosités choriales viennent puiser ce qui leur est nécessaire. Mathias Duval avait déjà indiqué ce rôle. Pour Paladino, le liquide produit par la fonte cellulaire n'est pas le lait utérin décrit par Tafani.

Pour Bonnet et Prenant, les deux formations n'en seraient probablement qu'une.

Jung (1908) a bien mis en valeur cette idée que les tissus maternels servent à la nutrition des tissus embryonnaires et que les cellules déciduales sont dévorées par l'épithélium chorial.

Ritter (1910) insiste sur ce fait que la muqueuse utérine n'a pas seulement un rôle purement mécanique facilitant les échanges avec l'embryon par simple osmose. Il montre aussi que la caduque, jusqu'à la formation du placenta, sert dévoie d'apport des hydrates de carbone pour l'embryon. En 1911, Zaretzky, sur l'inspiration de Bar, a étudié spécialement la glycogénie de la caduque et du placenta discoïde à différentes époques de la grossesse (rongeurs, espèce humaine); Cl. Bernard avait trouvé du glycogène dans le placenta du lapin et dans celui du cobaye, dansl'amnios du porc, surtout sur le cordon ombilical; Brindeau a montré que, dans les placentas jeunes, il y a beaucoup plus de glycogène que dans les stades avancés de la grossesse. Sur les villosités, il signale, après Langhans et Aschoff, une couche de glycogène dans l'épithélium de Langhans et non dans le syncytium. Or, dans le dernier tiers de la grossesse, cette couche de Langhans disparaît; rien d'étonnant à ce qu'il y ait également peu de glycogène. Zaretsky a expérimenté sur le cobaye, la souris, le lapin et sur le placenta humain. Pour lui, le tissu décidual possède une fonction glycogénique qui lui est spéciale et qui se manifeste sous une forme rappelant les sécrétions internes : le rôle de la caduque n'est pas douteux, car, si l'on retrouve du glycogène dans les villosités qui pénètrent dans la caduque, on n'en retrouve pas dans les villosités libres. Le glycogène est absorbé par le plasmode ectoplacentaire dans lequel il se dépose sous forme de masses plus ou moins considérables. Chez le cobaye, il se forme même, pour l'absorption du glycogène décidual, un organe spécial aux dépens du plasmode, que Zaretsky appelle placenta glycogénique. Au fur et à mesure des demandes de l'organisme fœtal, le plasmode ectoplacentaire livre progressivement les quantités nécessaires de glycogène. Zaretsky n'a pu contrôler le fait très vraisemblable soutenu par Brindeau que, en plus de ce glycogène décidual, les villosités pouvaient absorber du glycogène contenu dans le sang maternel.

A la période préplacentaire, le vésicule ombilicale sert aussi à la nutrition de l'embryon ; mais elle ne contient qu'un peu de liquide albumineux.

2° Après la formation du placenta. — Nous n'avons pas à revenir ici sur la structure du placenta ; c'est au niveau de la villosité choriale que se font les échanges entre la mère et le fœtus. Nous connaissons la composition

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