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LA SÉCRÉTION MAMMAIRE

Fig. 107. — Glande mammaire de lapine 19 jours après le coït fécondant. La glande mammaire présente le même aspect qu'au 16e jour(Schil).

les alvéoles sont très distendues par du lait très clair, très réfringent, finement granuleux ; d'autres sont plus ou moins avancées dans leur évolution ; enfin d'autres encore, très sombres, donnent l'impression de glandes atélectasiées, à l'état de fonction latente, n'ayant pas encore subi l'excitation suffisante à la mise en jeu de l'activité cellulaire.

Brouha a tout récemment décrit le processus histologique de la sécrétion lactée, tel qu'il l'a observé chez la taupe, la chatte et le murin. Il arrive à cette conclusion tout à fait générale que « la sécrétion de la graisse du lait résulte d'une activité purement mèrocrine des cellules glandulaires, tandis que la production de ses composants quaternaires exige une phase sécrétoire nêcrobiotique qui aboutit au sacrifice d'une partie des éléments nuclêo-cytoplasmatiques des cellules ».

Au microscope, on ne distingue nettement que les globules graisseux, issus du protoplasma cellulaire ; la caséine, les sels, le sucre de lait, les ferments paraissent dissous dans le reste de la substance cellulaire pendant tout le cours de leur élaboration par le cytoplasme.

Il est évident que, pendant l'évolution du cycle glandulaire, le noyau exerce une action spécifique puissante sur tous les actes morphologiques et

chimiques qui se passent dans la cellule. Il apparaît là comme le centre dynamique de la cellule, grâce auquel toute la synthèse des éléments du lait se trouve réalisée.

Au moment où le lait sort des glandes mammaires, il constitue un produit cellulaire véritablement vivant ayant à ce moment, comme toute substance chimique à l'état naissant, son maximum de propriétés et de valeur totales.

Si l'étude histologique de la mamelle nous donne déjà une haute idée de la valeur anatomique de sa sécrétion ; si son mode d'activité nous fait entrevoir combien le lait est l'expression complète du sérum sanguin enrichi de matières alimentaires destinées à l'être nouveau, les chimistes, de leur côté, nous démontrent qu'au cours de cette élaboration sécrétoire, la cellule mammaire a formé toute une série de ferments solubles : le ferment saccharogène (Gibb), le ferment trypsinique, pepsinique, le ferment amylolytique, le ferment hydratant (Escherich), la lipase, une oxydase (Marfan), le ferment glycolytique (Spolverini). Tous ces produits de l'activité cellulaire ne doivent pas être inutiles dans les phénomènes de la nutrition du foetus. Or, le lait participe

Fig. 108. — Glande mammaire de lapine 30 jours après le coït. L'épithélium est distendu. Le tissu rappelle l'aspect de tissu pulmonaire surdistendu (Schil).

KEIFFER ET DEVRAIGNE.

à la spécificité des individus : non seulement il contient des ferments propres à chaque espèce, mais aussi des albumines spécifiques qui conservent leurs propriétés malgré des stérilisations à 110° (Escherich et Moreau). C'est ce qui explique que "e lait de vache constitue un poison pour le nouveau-né humain, que celui-ci doit neutraliser par ses alexines ; ceci explique la pauvreté en alexines du sang du nourrisson soumis au lait de vache (Wassermann). A la faveur de la moindre infection, un nourrisson peu vigoureux, surtout s'il est prématuré, soumis à l'allaitement artificiel, sera vite sensibilisé au lait de vache et deviendra athrepsique (Bar). Il est possible que le lait de femme soit un poison pour le nourrisson humain; bien plus, le lait de la mère peut être lui aussi un poison pour l'enfant, surtout si la mère a de la colibacillose (Bar), del'éclampsie, de l'albumine : le lait maternel agit alors comme un lait étranger.

Aussitôt après l'accouchement, la glande mammaire entre dans une phase glandulaire post- gravidique où la glande élabore le lait et garde les caractères acquis à la fin de la grossesse ; puis, à la cessation de l'allaitement, il y a une période de régression post-gravidique, caractérisée par une diminution del'importance du parenchyme glandulaire. La sécrétion lactée, qui a été déclanchée pendant la grossesse par un excitant endogène (hormone), est maintenue pendant la phase glandulaire post-gravidique par un excitant exogène, l'acte delà succion (Schil).

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