MODIFICATIONS DES APPAREILS DE LA FEMME ENCEINTE
phiques, l'activité mammaire, la cachexie, etc., et les glandes parathyroïdes dont l'altération amène Féclampsie.
Pour Pépère, la grossesse exige un hyperfonctionnement des glandes parathyroïdes, mais, souvent même avec de larges diminutions expérimentales de ces glandes, on ne voit aucun trouble survenir; s'ils apparaissent, c'est que d'autres conditions spéciales liées à l'état de grossesse doivent intervenir en lésant peutêtre les appareils qui surchargent l'organisme de produits contre lesquels les glandules parathyroïdes exercent une action antitoxique.
Ajoutons enfin que Giuseppe Fossati, Fabre et Commandeur ont établi un rapport fonctionnel entre les thyroïdes maternelles et fœtales, l'hypertrophie des unes s'accompagnant fréquemment de l'hypertrophie des autres.
b. Glandes surrénales. — Guyeisse a étudié les modifications des glandes surrénales chez les cobayes gravides ; il a noté une hyperépinéphrie qui disparaît après la mise bas.
Sambalino, en cherchant l'action de la grossesse et des suites de couches sur la substance corticale des glandes surrénales, a décrit une hypertrophie, par augmentation des vacuoles des cellules de la zone fasciculée, qui sont hyperplasiées, et par augmentation des pigments de la zone réticulée. Il n'est pas démontré que la zone médullaire soit modifiée.
Costa a étudié le pouvoir lipolytique et protéolytique des capsules surrénales pendant la grossesse; il le trouve diminué ainsi que le pouvoir hydrolysant. Il en conclut que les capsules surrénales sont en état d'hyperactivité, mais les chiffres de Costa ne sont pas très démonstratifs.
L'abaissement du pouvoir lipolytique expliquerait la surcharge graisseuse des capsules surrénales.
c. Hypophyse. — L'hypophyse a, depuis quelques années, attiré l'attention des biologistes et suscité nombre de travaux.
Les modifications histologiques de l'hypophyse ont été étudiées par Comte, Launois et Mullon, Erdheim et Stumme, Thaon, Siguret, etc. Il y aurait altération des cellules éosinophiles qui, sans augmenter de nombre, subiraient une hypertrophie; les cellules principales disparaîtraient au contraire; celles qui persistent verraient leur noyau augmenter de volume, leur protoplasma devenir granuleux ; elles se groupent alors et deviennent « cellules de grossesse» , rappelant par leur aspect les cellules adénomateuses. Après l'accouchement, elles reprennent leurs caractères primitifs mais restent plus grosses. Finalement le volume de la glande ferait plus que doubler au cours de la grossesse.
L'activité hypophysaire a été mise en valeur depuis quelques années au point de vue pathologique par des faits d'apparition d'acromégalie légère chez les femmes enceintes. Son rôle biologique s'étendrait peut-être plus loin, et aurait une part active dans le métabolisme de la chaux; on ne peut, à l'heure actuelle, en dire davantage.
Au point de vue thérapeutique, lorsque Dale en Angleterre, Frankl, Hochwart et Frolich en Allemagne, eurent montré que la substance hypophysaire
PUECH ET LEQUEUX.
possède la propriété de stimuler la contraction de certains organes à musculature lisse, la vessie et l'utérus en particulier, Hofbauer proposa l'application de ce médicament en obstétrique.
De l'avis de tous les expérimentateurs : Olivier et Schafer, Howel, Swale Viment, de Cyon, Silvestrini, Garnier et Thaon, Hallion et Carrion, Parisot, Hedborn, Allen Cleghorn, etc., le lobe postérieur de la glande présente une activité beaucoup plus considérable, mais aussi l'influence exercée par' cette partie de la glande sur l'activité cardiaque et l'hypertension artérielle en rend l'administration plus dangereuse.
En clinique, le premier, Hofbauer utilisa l'extrait d'hypophyse sous le nom de pituitrine en injection sous-cutanée de 0gr,60 à 1^,30, sur 12 parturientes (1 gramme d'extrait représentant 0gr,10 à 0§r,20 de glande). Les résultats qu'il obtint furent saisissants : en cinq à dix minutes, dit-il, les contractions se réveillent, on assiste parfois. à une véritable « tempête de contractions », sans tétanisation. Gottfried emploie 5 fois la pituitrine : 3 fois il observe le retour de contractions intenses, mais une fois l'enfant meurt ; dans 2 cas, il n'obtint aucun résultat. Stern, dans certains cas, note l'hémorragie de la délivrance à la suite de l'emploi de ce médicament ; il cherche, d'autre part, à provoquer le travail avec la pituitrine, et 2 fois sur 3 il réussit, mais il échoue quand il veut provoquer l'avortement. Il a encore recours à cette médication avec succès au cours de l'opération césarienne, à la suite des résultats obtenus par Foges et Hofstâtter dans de semblables conditions.
Bell recherche l'influence de la pituitrine sur la contraction utérine dans l'inertie de la délivrance et du post-partum ; il combat ainsi l'hémorragie et le collapsus. Sarons et Ebler, Klotz, Schmid, Foges, Hofstâtter obtiennent les mêmes résultats; seul, Pfeifîer rapporte un cas de mort chez une femme atteinte d'une néphrite gravidique avec amaurose.
En France, Spire et Parisot, puis Boissard et Poulliot, Bar, Brindeau et Lequeux ont essayé cette nouvelle médication avec succès.
En définitive, il semble que l'extrait hypophysaire, surtout celui du lobe postérieur employé sous le nom de pituitrine, à la dose de 1 à 2 centimètres cubes, en injection sous-cutanée par masses fractionnées, ait une heureuse influence sur les contractions utérines qu'il réveille et active.
d. Rate. — La rate, comme les autres organes hématopoïétiques, subit une activité plus grande au cours de la gestation. Bianchi et Lévi ont observé son hypertrophie. Anufrijew et Varaldo l'attribuent à la surcharge leucocytaire de l'organe. Gharrin, Guillemonat et Levaditi ont étudié les modifications subies par la rate chez les cobayes gravides, et ils en arrivent à admettre que les besoins des fœtus en fer obligeraient le réservoir splénique à céder une partie de son contenu. Pour P. Bar, cette conclusion ne peut pas être acceptée sans quelques réserves. La poussière ferrique (hémosidérine des auteurs précédents), qu'on observe réduite dans la rate, représenterait la forme résiduelle, la forme morte pour ainsi dire du fer, comme le carbonate de chaux représente dans les os la réserve de chaux. Les composés albumino-ferreux, qu'on rencontre également