APPAREIL DIGESTIF CHEZ LA FEMME ENCEINTE
réduits dans la rate, seraient la forme essentiellement vivante du fer, comme le phosphore organique représente la forme vivante du phosphore.
Si l'hémosidérine diminue, c'est que, d'après P. Bar, le fer qu'elle contient s'agrège à des molécules d'albumine pour prendre la forme active ; ce phénomène serait une des causes de l'hypertrophie de la rate et de sa pauvreté relative en fer : l'hypertrophie tenant à l'accumulât, dans le parenchyme, de molécules albumineuses qui devront servir d'agents fixateurs du fer, la pauvreté relative en fer étant liée à l'utilisation progressive des réserves.
Les autres glandes hématopoïétiques seront étudiées ultérieurement : le foie avec l'appareil intestinal, la moelle des os avec le système osseux.
e. Ovaires et mamelles. — L'action de l'ovaire et surtout du corps jaune en tant que glande à sécrétion interne a été mise en valeur dans ces dernières années ; son étude, ainsi que la glande mamaire, a été faite au début de cet ouvrage.
/. Autres glandes. — Il n'est guère d'appareil glandulaire auquel on n'ait décrit une sécrétion interne spéciale: il en est ainsi pour le rein, par exemple, dont la glande interstitielle aurait une action déterminante sur les phénomènes urémiques et éclamptiques (Teissier).
On a dit plus haut que Bouin et Ancel tendent à considérer l'utérus comme une glande myométriale à action particulière. Fellner considère que l'utérus, glande à sécrétion interne, subirait pendant la grossesse une augmentation d'activité. Mais les phénomènes exercés par la grossesse sur ces appareils glandulaires sont encore inconnus.
D'ailleurs, il existerait entre toutes les glandes de l'économie une synergie d'action qui permet de supposer que chacune d'elles prend une part plus ou moins active dans les phénomènes physiologiques qui accompagnent la grossesse. John Scott, Isaac Ott, étudiant l'action des extraits d'organe, ont montré que l'hypophyse, la glande mammaire, la rate, l'extrait de prostate, de pancréas, etc., donneraient des résultats à peu près équivalents sur la contraction utérine.
2° Appareil digestif. — a. Glandes salivaires. — Nous avons vu que les glandes salivaires, comme les autres glandes de l'organisme, subissent au cours de la grossesse une période d'hyperactivité caractéristique; mais les symptômes que crée cet hyperfonctionnement salivaire sont si particuliers qu'ils méritent une mention à part. Le ptyalisme est un phénomène très fréquent, apparaissant dès le début de la fécondation, subissant un maximum vers le troisième mois, puis diminuant par la suite (Boissard). Mise tour à tour sur le compte de l'hystérie, de l'intoxication gravidique, de l'insuffisance de la sécrétion ovarienne, la sialorrhée a été considérée comme un des agents étiologiques des plus manifestes de l'état nauséeux et ,des vomissements. Elle constitue un terme de passage entre les symptômes physiologiques et les états pathologiques de la grossesse.
PUEGH ET LEQUEUX.
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b. Estomac. — 1° Anatomie. — Au point de vue de la statique de l'estomac,
nous connaissions peu de chose avant les travaux radioscopiques de Raulot-Lapointe et Thomas. Vinay, cependant, prétend qu'à la fin de la gestation, l'estomac devient plus vertical. Pour Raulot-Lapointe et Thomas, l'estomac bascule pendant la grossesse dans les trois directions, de gauche à droite, de bas en haut et d'avant en arrière, autour d'un point fixe : le cardia. A trois mois, la région prépylorique, déplacée à droite, donne au corps de l'estomac une direction oblique en bas et à droite ; à cinq mois, la grande courbure affleure le fond de l'utérus; à six mois, l'utérus fait basculer l'estomac et le fait s'incliner en avant et à droite; à huit mois, la grande courbure est refoulée par l'utérus comme une vessie de caoutchouc demius. — Radioscopie faite pleine, le pylore est rejeté adroite et en arrière;
la grande courbure glisse derrière l'utérus à huit mois et demi (fig. 113, 114, 115).
Après l'accouchement, l'estomac est allongé et étiré dans sa partie moyenne ; il présente toujours
à trois mois de grossesse.
L'estomac prend une direction oblique en bas et à droite.
CC, point de repère costo-claviculaire ; DD, point de repère des sinus costo-diaphragmuti-
ques (insertions latérales du un certain degré de dislocation verticale de ses
deux segments (région pylorique et corps). La partie déclive de la
diaphragme); CI, partie la plus saillante extérieurement des crêtes iliaques ; P, pubis ; C, cœur ; CA, chambre antérieure de l'estomac avant son bismuthage ;
F, foie; G, gaz de l'intestin grande courbure ins-
dans l'angle colique ; Ut, utérus. crite dang j& guirlande
colique est toujours, à cette période, située dans le grand bassin et peut, dans certains cas, descendre jusqu'au pubis (fig. 116).
Un mois après l'accouchement, l'estomac tend à reprendre sa situation normale qu'il n'atteint qu'au deuxième mois du post partum.
La grossesse serait donc, pour ces auteurs, une cause de ptôse gastrique et même viscérale, comme nous le verrons plus loin.
Au début de la grossesse, la chambre antérieure de l'estomac est, d'après Raulot-Lapointe et Thomas, toujours agrandie à l'examen radio graphique, et ils attribuent ce phénomène au ptyalisme et à la déglutition de la salive.
2° Clinique. — Il est rare que la grossesse n'apporte pas de modifications dans le fonctionnement de l'appareil digestif.
Fig. 114. — Radioscopie faite à six mois de gi-ossesse. — Soulèvement du diaphragme, élargissement de la cage tboracique.
Mouvement de bascule du cœur.
L'estomac repose sur le fond de l'utérus. (Même légende que fig. 113).