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APPAREIL URINAIRE DE LA FEMME ENCEINTE

développeront (Terrier, Baudoin, Cathala, Legueu, etc.). Reblaud, Bonneau, Gosset ont reproduit expérimentalement ces états pathologiques.

Halberstma a fait à tort jouer un rôle important à la dilatation urétéralc dans la pathogénie de l'éclampsie. Etant donnée la fréquence des lésions inflammatoires urinaires au cours de la grossesse, il paraît utile de pouvoir obtenir séparément l'urine de chacun des deux reins. Dans ce but, on a pratiqué le cathétérisme des uretères et la séparation vésicale.

Le cathétérisme des uretères, déconseillé par Cathala à cause de sa difficulté et des dangers qu'il risque de faire naître (hémorragie, blessure de l'uretère, avortement), a été cependant pratiqué avec succès par Cumston, Albarran, Luys, Bonnaire; mais il ne semble pas que cette exploration puisse être effectuée sans difficulté après le cinquième ou le sixième mois de la grossesse ; les modifications apportées à la statique vésicale gênent l'accès des orifices urétéraux, et les coudures subies par l'uretère ne permettent pas la pénétration facile de la sonde. Stoeckel, cependant, est arrivé à exécuter aisément le cathétérisme chez des femmes enceintes dont la grossesse était avancée ; il propose même ce cathétérisme joint au lavage du bassinet comme un moyen de traitement des pyélonéphrites gravidiques. En tout cas, on se rappellera que, quand chez une femme enceinte on ne trouve pas immédiatement les orifices urétéraux, il faut les chercher plus haut, plus en avant ; on les trouve alors sans difficulté : c'est ce que permet de voir l'exploration vésicale par la cystoscopie.

La séparation vésicale a été pratiquée par Bar et Luys chez une femme enceinte de deux mois ; mais il ne semble pas que ce procédé d'exploration soit plus facile à appliquer que le précédent, lorsque la grossesse a atteint un certain développement (5e au 7e mois). Macé et Cathelin pensent que cette exploration est praticable jusqu'au voisinage du terme.

En réalité, séparation vésicale et cathétérisme urétéral semblent limités dans leur application par l'engagement de la tête foetale (Bar) qui est, comme on le sait, souvent précoce chez les primipares.

c. Vessie et urèthre. — La vessie est comprimée, souvent déviée et déformée ; d'où les envies fréquentes et, parfois, les difficultés d'uriner. La vessie s'infecte facilement chez la femme enceinte. On doit donc redoubler de précautions aseptiques quand on est conduit à pratiquer le cathétérisme.

Vide, la vessie reste tout entière dans l'excavation pelvienne, interposée entre la face postérieure du pubis et le segment inférieur de l'utérus. Quand l'urine s'accumule dans le réservoir vésical, la distension peut se faire sur place, s'il n'y a pas d'engagement de la partie fœtale : la vessie, plus ou moins remplie et faisant saillie du côté du vagin, refoule un peu l'utérus par en haut et gêne même parfois l'engagement. Le plus habituellement, l'accumulation de l'urine détermine l'ascension extrapelvienne de la vessie, qui vient ainsi former au-devant de l'utérus une tumeur occupant la région hypogastrique (voy. fig. 119). Dans quelques cas, tandis que la portion inférieure de la vessie reste dans l'excavation, la portion supérieure s'élève au-dessus du pubis ; entre

PUECH ET LEQUEUX.

Fig, 119. — Vessie devant l'utérus chez une femme à terme, d'après une photographie (Treub).

les deux existe une partie rétrécie par l'utérus appliquée contre la symphyse

pubienne : c'est la vessie en sablier (Auvard).

Lorsque le réservoir vésical remonte au-dessus du bassin, Purèthre se trouve tiraillé et le méat se cache sous le pubis où il devient moins aisé à découvrir. Il en résulte parfois quelques difficultés pour le cathétérisme.

Toutes ces déviations de la vessie sont rendues très

faciles par la laxitédu tissu cellulaire

utéro-vagino-vésical, qui devient très grande à partir du milieu de la grossesse.

La cystoscopie, pratiquée chez la femme enceinte par Bar et Luys, permet de se rendre compte des déformations de la vessie. Le fait le plus facile à constater est l'aplatissement de cet organe ; il semble que la vessie soit poussée en bas et aplatie par le segment inférieur. Au-dessus de la zone médiane qui laisse souvent peu de place à l'urine, on observe un diverticule supérieur considérable qui forme la vaste poche qu'on voit se dessiner au-dessus du pubis chez tant de femmes enceintes. Cette poche s'étale en bas sur les parties latérales, si bien que, la vessie étant vidée, on ,d aborc| poussé en i dans

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