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APPAREIL RESPIRATOIRE DE LA FEMME ENCEINTE

2° Larynx. — Fliess et ses élèves ont, les premiers, attiré l'attention sur les rapports physiologiques qui existent entre les voies respiratoires supérieures et les organes génitaux. A leur suite, Freund, Hofbauer, Groskopf s'attachèrent à l'étude du côté pathologique de ces relations.

Imhofer tout récemment a repris ces travaux. Il admet, pendant la grossesse, un état œdémateux des voies aériennes supérieures, et particulièrement du nez et du larynx, avec une prédilection marquée pour la paroi postérieure de ce dernier. Cet état disparaît généralement pendant les suite de couches. L'aspect œdémateux du larynx ne peut être considéré comme cause prédisposante à la laryngite tuberculeuse, malgré l'analogie des lésions.

Enfin, on sait que des altérations de la voix et notamment la raucitése produisent souvent pendant la grossesse.

3° Appareil pulmonaire. — Kuchenmeister, Dorhn, Regnard, P. Bar se sont attachés à déterminer les changements de forme et de capacité que l'utérus, en se développant, fait subir à la cage thoracique, ainsi queles modifications apportées dans le fonctionnement de la respiration. Plus près de nous, Delezenne et Deroubaix ont repris cette étude : leurs recherches n'ont pas confirmé celles de leurs devanciers.

Voici ce que l'on admet généralement : le diamètre transverse de la cage thoracique augmente, tandis que la diamètre antéro-postérieur et le diamètre vertical diminuent. En dehors des cas pathologiques (femmes malades, utérus à développement anormal, déformations de la colonne vertébrale), où alors la respiration revêt le type supérieur, le diaphragme s'abaisse librement, et les femmes respirent suivant le mode abdominal (Regnard, P. Bar), même lorsqu'il leur arrive de respirer vite et avec force (P. Bar).

Delezenne et Deroubaix ont fait, de leur côté, les constatations suivantes : hormis quelques cas rares où les mouvements du diaphragme sont très étendus, chez la plupart des femmes enceintes, le type costal prédomine et la respiration abdominale est peu marquée. Pendant la grossesse, il passe plus d'air dans les poumons, la « circulation aérienne » est plus active qu'après la délivrance.

La cause de cette circulation plus active ne réside pas dans une augment ation de la capacité pulmonaire, qui n'est point modifiée pendant la gestation, mais dans le nombre plus grand d'inspirations faites par la femme (24 à 26 inspirations par minute, au lieu de 16 à 20, chiffre normal).

Raulot-Lapointe et Thomas, dans leur étude radioscopique, ont confirmé le fait de l'élargissement du thorax à sa base avec soulèvement du diaphragme, et élévation de la pointe du cœur.

b. Modifications chimiques. — Andral et Gavarret ont trouvé que l'exhalation d'acide carbonique par les poumons augmente pendant toute la durée de la grossesse.

Cette proposition est sujette à revision. Charrin a soutenu que, chez les femelles à l'état de gestation, l'air expiré contenait moins d'acide carbonique.

Pour Addi et Vicarelli, l'exhalation de vapeur d'eau serait diminuée pendant

PUECH ET LEQUEUX.

la grossesse ; l'acide carbonique serait moins abondant le jour qui précède le travail.

5° Appareil urinaire. — a. Reins. — Les reins seraient plus volumineux à la fin de la grossesse. Cette augmentation porterait surtout sur la substance corticale et serait due à une dégénérescence graisseuse (rein gras gravidique de Leyden). L'état graisseux du rein est à rapprocher de l'état analogue qui s'observe du côté du foie. Mais Rosthorn, décrivant le rein de la femme enceinte, déclare faux tout ce qui a été dit sur la néphrite gravidique qu'il n'admet pas.

Cependant Chirié, dans son étude du rein gravidique, admet l'existence de bandes graisseuses partant de la zone pyramidale et montant dans la zone corticale, sans atteindre la capsule. Cette graisse s'observe surtout au niveau des tubes droits, et dans le segment sécréteur des tubes urinifères (branche ascendante de Henle). Elle siège dans l'épithélium ou dans les cavités des tubes glandulaires. Il lui donne la valeur d'une sécrétion et conclut que le rein gras gravidique de Leyden est physiologique et non pathologique.

b. Uretères. — L'utérus, en se développant, modifie les rapports de l'uretère (voy. Anatomie). La dilatation de l'uretère au cours de la grossesse est un fait fréquent, constaté pour la première fois par Cruveilhier, puis par Stadtfeld, Lôhlein, Olshausen, Pollak, Cathala (34 p. 100). Elle est sous la dépendance d'un compression agissant sur la portion pelvienne du conduit urinaire ; pour l'expliquer, Bonneau invoque l'aplatissement de l'uretère entre la partie foetale et le rebord osseux du bassin. Legueu partage son avis, mais la situation même de ce conduit dans la partie large du bassin (région sacroiliaque), l'absence de compression des autres organes pelviens ne donne pas beaucoup de crédit à cette hypothèse. Pestalozza invoque le clivement par l'utérus des feuillets du ligament large, contenant l'uretère. Bar, Cathala supposent un processus tout différent : l'utérus, en augmentant de volume, repousse la vessie en avant et en haut ; l'uretère, qui vient de la partie postérieure de l'excavation, a un espace plus grand à parcourir pour arriver à son point terminal. Sa courbure, en se redressant, pourrait lui permettre de gagner un peu de longueur ; mais, au contraire, elle se trouve plutôt exagérée par suite du développement de l'utérus qui refoule l'uretère en bas et en dehors; celui-ci doit donc effectuer un trajet plus long ; tiraillé, étiré et comprimé sur la paroi utérine contre laquelle il s'applique, il s'aplatit, et cela sur une longueur de plusieurs centimètres ; à cela s'ajoute une certaine parésie des tuniques musculaires du conduit, par suite de son élongation et de sa compression. Ce mécanisme, invoqué par Cathala, explique la plus grande fréquence de l'ectasie à droite. De ce côté, en effet, l'étirement subi par l'uretère est plus considérable, par suite de l'inclinaison de l'utérus sur son axe.

Ajoutons que cette ectasie urétérale est un des éléments indispensables à la constitution de la pyélonéphrite gravidique que nous savons être fréquente. En effet, si un élément microbien vient, par la circulation sanguine ou par la voie canaliculaire, se localiser sur une quelconque des parties de l'appareil urinaire ainsi dilatée et histologiquement modifiée, l'urétérite ou la pyélite se

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