‹ La pratique de l'homoeopathie simplifiéeChapitre 12 sur 139 · FIÈVRES CONTINUES · texte numérisé non relu

FIÈVRES CONTINUES

épistaxis, diarrhée, crachats ; la crise met fin à la maladie, sans convalescence.

Dans les pays chauds la fièvre synoque présente des symptômes bilieux : langue jaunâtre, bouche amère, sensibilité du foie ou évacuations bilieuses, ce qui lui a fait donner par quelques auteurs le nom de fièvre bilieuse*

Traitement. — Aconit, repos, diète légère. On donne Belladona dans la période d'augment contre le délire. Mercur. sol. est utile , surtout chez les jeunes sujets, contre l'exacerbation, c'est-à-dire, contre l'acuité plus grande des symptômes de la période d'augment, quand cette exacerbation est nocturne. Lorsqu'il existe des symptômes bilieux, Bryon suivi de JSux vomica les dissipent.

Fièvre typhoïde. — Elle est caractérisée par des prodromes d'une semaine et au-delà, par un mouvement fébrile intense et continu avec redoublements, par une éruption de quelques taches lenticulaires sur l'abdomen, par une lésion intestinale consistant en l'inflammation des glandes de Peyer, par une durée de trois à six semaines et plus, et par une convalescence longue.

Là fièvre typhoïde est, ou endémique, c'est-àdire régnant en une région dans laquelle elle reste confinée; ou épidémique, c'est-à-dire, se répandant en diverses régions dans lesquelles elle sévit en devenant contagieuse.

Cette fièvre se montre sous trois formes : 1° bénigne, 2* commune, 3* maligne.

Dans sa forme bénigne , la fièvre typhoïde présente ses symptômes les moins graves et les moins caractérisés : mouvement fébrile souvent insignifiant ; durée de deux à trois semaines» se confondant avec les prodromes; symptômes thoraciques ou abdominaux simulant une entérite, une bronchite; des affections articulaires analogues à une arthrite rhumatismale légère.

Sa forme commune présente ses symptômes les plus caractéristiques, et l'affection successive des trois cavités : cérébrale, thoracique et abdominale; mais avec des variétés qui lui ont fait donner le nom de fièvre muqueuse, quand sa marche est lente, de fièvre cérébrale quand l'affection des méninges prédomine, de fièvre putride ou adynamique, quand les symptômes de putridité ou tfadynamie sont plus marqués; ils consistent en chaleur fébrile intense, stupeur, prostration énorme, ballonnement du ventre, selles involontaires, sécheresse et enduit noirâtre des lèvres, des gencives, de la langue, tendance aux hémorrhagies, soubresauts des tendons.

Sa forme maligne est caractérisée par un mouvement fébrile violent avec tendance à l'irrégularité , par une durée qui ne dépasse pas le second septénaire et par des symptômes de malignité. La malignité consiste : 1° en une marche insidieuse de la maladie, qui présente d'abord une bénignité que divers phénomènes nerveux rendent suspecte, et que remplace rapidement un danger

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imminent, 2° en symptômes de putridité, 3° en symptômes d'ataxie ou perversion des fonctions; c'est-à-dire : irrégularité grave dans la marche et la subordination des symptômes, et modifications rapides et sans cause connue du mouvement fébrile, de la chaleur vitale, de la sensibilité et de la contractilité.

Dans cette forme, la fièvre typhoïde présente diverses variétés : 1° foudroyante , par une marche très-rapide, 2° Mastique, par l'exagération des phénomènes ataxiques, 3° lente nerveuse, par la lenteur de la marche, 4° hémorrhagique, par des hémorrhagies survenant au milieu des phénomènes de putridité et d'ataxie.

Traitement. — Dans les endémies de fièvre typhoïde il est bon de ne pas négliger les prodromes; nous avons obtenu de bons effets de remploi de Arsenic. On doit aussi recommander le changement de résidence, un déplacement, pour aller, par exemple, d'une vallée sur une hauteur.

Dans la forme bénigne, Arsenic est le médicament principal. On intercalle Bryonia contre les symptômes de bronchite, — Mercur sol et Ckamom contre les symptômes d'entérite et de diarrhée persistants (quelques-uns préfèrent Muriatis acid.)> — Rhus contre les douleurs articulaires et les phénomènes d'apathie et de stupeur commençante , — Digitalis contre les symptômes gastriques avec ralentissement du pouls; mais on n'interrompt jamais pen-

dant plus d'un jour de suite l'administration de V Arsenic.

Dans la forme commune Bkus et Arsenic alternés constituent le fond du traitement, et ont suffi quelquefois jusqu'à la dernière période, — On prescrit utilement Bryonia contre la céphalalgie frontale et la chaleur du début, — Bryonia et Phosph. contre les symptômes de pneumonie, — Bellad* contrôles symptômes de méningite, — Stràmon contre le délire furieux, — Merc. sol contre l'affection abdominale, — Phosph. acid. contre le météorisme.

On doit revenir souvent à Arsenic, qui est du reste adapté aux symptômes de putridité, au coma vigil ou subdelirium consistant en rêvasseries, en sons inarticulés, en paroles inintelligibles, en gestes et en mouvements automatiques, avec possibilité chez le malade de répondre à une question lorsqu'on éveille fortement son attention. Le météorisme et la prostration exigent aussi remploi de Phosph. add et de Carbo-veget, ce dernier sur* tout lorsqu'il y a commencement de refroidissement du corps, stase sanguine ou bleuissement des extrémités, petitesse du pouls, en un mot commencement d'algidité, de cyanose.

Dans la forme maligne, Arsenic reste le médicament principal, — Ton a recours à Opium et Secale cor. contre le coma , la somnolence plus ou moins profonde, — à Phosphor, contre les hémorrhagies ; indépendamment des indications précédentes.

Un excellent moyen de combattre la chaleur acre, excessive avec prostration et tendance à la

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putridité, à l'ataxie, c'est de laver rapidement le malade avec de l'eau très-froide, de l'essuyer et de le placer dans un autre lit. On peut aussi l'envelopper d'un drap trempé dans de l'eau froide pendant quelques secondes et à plusieurs reprises, Ces moyens modifient et au besoin excitent la force de réaction, et tempèrent ou dissipent les phénomènes nerveux graves. Nous nous sommes aussi très-utilement servi de lotions tièdes universelles, dans des cas où le malade était dans un état voisin de l'agonie, sans connaissance, avec soubresauts des tendons, suppression des urines, selles involontaires, peau sèche et brûlante.

Le traitement que nous venons d'indiquer met généralement à l'abri des accidents graves tels que : perforations intestinales, affections gangreneuses, paralysies consécutives, convalescences interminables. Dans cette maladie, une diète sévère serait nuisible. On doit de bonne heure recourir à l'eau vineuse, à Peau d'orge vineuse, à des bouillons privés de graisse et donnés chauds ou froids ; puis, dès que la période d'augment touche à sa fin, il convient de sustenter le malade par diverses crèmes, des consommés, du vin généreux.

Elle est caractérisée par la périodicité du mou vement fébrile, constituant des accès, qui apparaissent à des époques déterminées, sont séparés par des intervalles plus ou moins longs pendant

lesquels la maladie cesse complètement, et tendent par leur répétition à une cachexie particulière, la cachexie paludéenne. Ces accès sont composés des trois stades : froid , chaleur et sueur. Lorsqu'ils surviennent tous les jours, c'est une fièvre quotidienne; tous les deux jours, une fièvre tierce ; tous les trois jours , une fièvre quarte. Dans chacune de ces fièvres, les accès peuvent être doublés et constituer les fièvres double quotidienne, double tierce, double quarte.

La fièvre intermittente présente les formes : éphémère, commune, continue, irrégulière, larvée et pernicieuse.

1. Fièvre intermittente éphémère. Elle se montre au printemps, souvent en dehors de l'influence des miasmes paludéens. Elle disparait ordinairement, après deux ou trois accès tierces ou quotidiens, sans autre traitement qu'un changement de lieu ou de régime et quelques soins hygiéniques.

2. Fièvre intermittente commune. Elle règne surtout dans les contrées marécageuses ou soumises à de grands remaniements de terrains, et durant la belle saison. Ses accès sont plus ou moins réguliers et se succèdent avec le type sub-continu, quotidien ou môme tierce.

3. Fièvre intermittente continue. Elle règne endémiquement durant les chaleurs de Tété. L'un des stades de l'accès manque quelquefois ; et les accès empiètent sur les intervalles apyrétiques, c'est-à-

dire sans fièvre, et même sur l'accès précédent, pour se confondre après deux ou trois jours ; de sorte que la fièvre affecte une marche continue avec redoublements, sous les apparences, tantôt d'une fièvre typhoïde, tantôt d'une fièvre jaune. Mais elle se déclare quelquefois continue d'emblée. Lorsque les accès sont distincts et ne font qu'empiéter, sur les intervalles apyrétiques, ou sur les stades des accès eux-mêmes, la fièvre prend le nom de sub-intrante ou sub- continue.

4. Fièvre intermittente irrégulière. On l'observe dans les pays chauds et paludéens, ou chez des sujets soumis depuis longtemps à la fièvre intermittente de forme commune. Elle présente tantôt deux accès en un jour, tantôt l'absence, tantôt l'interversion des stades': ainsi il peut se faire que le stade de froid ou de sueur manquent, ou que l'accès commence par la chaleur ou la sueur et se termine par le froid ou la chaleur. Dans cette forme, il est rare que les accès surviennent à heure fixe; ordinairement ils sont en avance ou en retard.

5. Fièvre intermittente larvée. Elle est caractérisée par un symptôme prédominant, parfois en l'absence de tout mouvement fébrile. Ce symptôme, qui consiste ordinairement en une névralgie ou une affection nerveuse, revient par accès.

* 6. Fièvre intermittente pernicieuse. Elle est caractérisée par le type quotidien devançant et par la

malignité. Elle débute d'une manière insidieuse par un premier accès léger, passant ordinairement inaperçu et consistant en un malaise fugace, un vertige, un vomissement, une sensation de froid. Le second accès devance de plusieurs heures; et le troisième empiète souvent sur le dernier stade du second accès. Ge troisième accès est mortel si le traitement n'est pas prompt et convenable.

Cette forme de la fièvre intermittente présente une foule de variétés caractérisées par un symptôme saillant ou une affection qui simule Tune des nombreuses maladies connues : le coma, le choléra, ladyssenterie,une phlegmasie. .. de là les noms de fièvre comateuse, soporeuse, léthargique, algide, cholérique, dysentérique, cérébrale, apoplectique, pneumonique, hépatique, sudatoire, angineuse, convulsive. La fièvre intermittente pernicieuse se déclare presque indistinctement chez des sujets depuis longtemps travaillés de quelque autre forme de la fièvre intermittente, et chez des sujets qui n'y ont jamais été soumis ; elle sévit durant les grandes chaleurs de 1 été, dans les contrées où la fièvre intermittente est endémique; mais elle n'est pas rare, partout ailleurs, dans certaines conditions de température et de travaux d'assainissements, de mine et de culture.

Traitement. — Ipéca et Nux-v. alternés, peuvent prévenir la fièvre intermittente dans les localités où elle est endémique, China conjure ensuite plus sûrement les accès.

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Le traitement de chaque accès, dans chacun de ses stades, est une pratique très-efficace éminemment homœopathique; on le continue durant les intervalles apyrétiques. La forme pernicieuse fait seule exception à ce précepte.

Stade de froid : Ipéca, s'il y a vomissements, horripilations, céphalalgie déchirante; — Veratrum, froid excessif prolongé, diarrhée, anxiété, accablement; — Nux-nom., symptômes gastriques, teint jaunâtre, nausées ou vomissements et constipation.

Stade de chaleur : Aconit, peau sèche, chaleur brûlante, figure rouge ou jaune, tète lourde ou céphalalgie frontale; — Bellad., céphalalgie comme si la tète allait éclater, délire violent ; — Aconit, si le délire consiste en une idée fixe; — Bellad. s'il y a hallucination ; — Stramon, s'il y a délire furieux ; — Ipéca, fièvre ardente avec vomissements; — Nux-vom., fièvre ardente avec retour facile des frissons ; — Arsen. chaleur ardente , angoisse , soif excessive, retour des frissons dès que le malade boit ou se découvre; — China, chaleur violente et turgescence de la peau, soif au moment où la sueur commence.

Stade de sueur : Aconit, sueur faible avec grande chaleur et plénitude ou dureté du pouls, — Bryonia, sueur tardive, persistance du mal de tète, — Sambucus, sueur excessive, — Merc.-sol.,. si cette sueur se prolonge. — On donne Ipéca, s'il y a des symptômes gastriques prédominants.

. Lorsque la fièvre est subcontinue, sans inter-

valle apyrétique entre les accès, ce traitement doit être continué pendant deux ou trois jours.

Lorsque les accès sont séparés par des intervalles de plusieurs heures, on donne China après la sueur ; on doit préférer Arsen. si la fièvre est irrégulière.

Si la marche de la maladie n'est pas amendée, il ne faut pas attendre que les accès se rapprochent en s 'aggravant; on administre le Sulfate de quinine mixte, à la dose de 50 centigrammes, deux ou trois heures avant le moment présumé de l'accès ; on répète cette dose trois jours de suite.

{Sulfate de quinine mixte. Prenez parties égales en poids de Sulfate de quinine et de sucre de lait purifié, triturez pendant cinq minutes, conservez le mélange pour l'usage).

Si la fièvre est subcontinue ou continue, on donne ces doses du médicament pendant un moment de rémission, ou durant la sueur, deux fois par jour.

Quand la fièvre est irrégulière et surtout opiniâtre ou ancienne, indépendamment du traitement des accès, on insiste, durant les intervalles apyrétiques , sur Arsen. en donnant une dose de Sulfur, en une seule fois, à la fin du second et du quatrième jours; Arsen. est administré pendant ces quatre jours.

Dans l'intervalle des accès de la fièvre intermittente de forme commune, on administre China et quelques doses de Ipéca et de Nux-vom. Pour la forme irréguliôre on remplace China par Arsenic.

Les phénomènes congestifs cérébraux exigent remploi de Eellad.; les symptômes généraux consistant en pâleur ; faiblesse musculaire, apathie, exigent Merc.~sol.

Le traitement de la fièvre intermittente larvée s'adapte à la périodicité et à l'affection. Ipéca et Nux-wm. alternés pendant trois jours répondent aux affections névralgiques aussi bien qu'à la périodicité. Moschus s'est montré efficace contre les affections spasmodiques de cette forme de la maladie. Dans les cas rebelles, on a recours au Sulfate de quinine mixte, administré comme il est dit plus haut, et au besoin à Arsenic.

Dans la fièvre intermittente pernicieuse, le Sulfate de quinine est donné pur, dès le premier accès, * à la dose de 50 centigrammes, dose que Ton répète deux fois à cinq heures d'intervalle l'une de l'autre.

Lorsque le premier accès n'a pas été traité, on doit administrer le sulfate de quinine quand môme le second accès se montrerait, à quelque moment que ce soit; on l'administre à la dose de 1 gramme, en réitérant cette dose cinq heures après la première. On attend qu'il se produise une rémission, un moment d'amendement des symptômes pour administrer une troisième dose semblable. L'accès terminé on donne une dose égale et on la répète le jour suivant.

On agit de la même manière quand le malade est sous le coup du troisième accès, lorsque les deux précédents n'ont pas été traités.

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Quelquefois l'estomac ne supporte pas le Sulfate de quinine, il faut en ce cas doubler chaque fois la dose pour l'administrer, partie en frictions sur Tépigastre et dans le creux de Faisselle, partie en lavement» que le malade doit garder aussi longtemps que possible; au cas contraire on insiste sur les frictions. On rend le Sulfate de quinine solublepar l'addition de quelques gouttes d'acide sulfurique ou de suc de citron.

Les diverses variétés de la fièvre intermittente pernicieuse exigent quelquefois aussi le traitement de l'affection qui les caractérise : corna, dyssentérie, choléra.

La fièvre intermittente a' une tendance marquée à la cachexie» cachexie paludéenne ; elle se déclare quelquefois d'emblée, plus souvent après des accès répétés. Elle est caractérisée par rengorge* ment de la rate, par la pâleur et la bouffissure des tissus, quelquefois par des hydropisies ou la diarrhée, ou des sueurs excessives, enfin par l'anémie , par le trouble et l'affaiblissement des facultés digestive et nutritive.

Le fond du traitement de cette cachexie consiste dans l'emploi de faibles doses de quinquina, quand il y a eu abus de ce médicament et surtout du Sulfate de quinine. On donne pour cela tantôt Y Eau de quinquina (quinquina concassé, deux grammes à macérer dans un litre d'eau pendant 24 heures), à la dose d'un verre par jour en deux ou trois fois, tantôt China 3 e et 6* dilution, à la dose de 2 ou 3 gouttes par jour. Ce traitement doit être continué

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pendant cinq à six. semaines et repris plusieurs fois, pour administrer dans les intervalles des médicaments appropriés aux diverses affections ; ainsi : Arsen., s'il existe des mouvements fébriles par accès irréguliers et confus ; — Bellad., s'il y a des mouvements congestifs à la tète; — loâium, s'il y a maigreur et appétit insatiable; — Cina, maigreur avec bouffissure ou sensation de froid, et appétit insatiable, — Calcar-carb.^ absence d'appétit avec bouffissure et sueurs faciles ; — Nuxvom. 9 absence d'appétit avec maigreur ou irritabilité morale; — Merc. -soi, grand abattement, découragement, faiblesse générale extraordinaire ; -*- Natrum-mur, irrégularité des fonctions digestives et chaleurs fébriles par moments. — Enfin dans tous les cas plus ou moins opiniâtres, on administre de loin en loin Sulfur, dont l'effet est d'exciter des mouvements fébriles, même par accès, que Ton traite alors selon les indications qui se présentent, s'ils ne cessent pas spontanément.

Il y en a huit : 1° Rougeole ; 2* Roséole ; 3« Scarlatine ; 4° Variole ; 5° Vaccine ; 6° Varicelle ; 7° Urticaire ; 8° Érythème noueux.

Elles sont caractérisées par le mouvement fébrile et par une éruption aiguë, ou exanthème. L'éruption consiste en boutons, taches, vésicules, pustules, se développant sur la peau, et constituant un exanthème. Elle est appelée discrète, quand

les éléments éruptifs , boutons, taches, etc., sont peu nombreux et séparés les uns des autres; elle est cohérente, quand ces éléments se touchent sans se confondre; et confluente, quand ils sont pressés et confondus.

Rougeoie. — Caractérisée par l'inflammation de la membrane muqueuse respiratoire et par une éruption de petites papules irrégulières laissant après elles une desquammation furfuracée de l'épiderme.

La Rougeole est contagieuse et n'affecte généralement qu'une fois le même sujet

Elle présente trois formes : bénigne, commune et maligne.

La rougeole bénigne n'offre aucun danger et ne consiste souvent qu'en un coryza accompagné de peu de fièvre.

La forme commune débute, après deux ou trois jours d'incubation, par la fièvre et les symptômes du rhume. L'éruption se fait vers le 4° jour, à la suite d'une recrudescence souvent violente et avec délire. La fièvre se calme à mesure que l'éruption se complète. La desquammation a lieu vers le 4 e jour de l'éruption.

La forme maligne est caractérisée par des symptômes de malignité avec rétrocession ou disparition plus ou moins complète de l'éruption, inflammations putrides, hémorrhagies.

Traitement. — Aconit répond à la rougeole bé-

nigne et à la fièvre, — Bryonia> au mal de tête frontal violent du début, et au retard de l'éruption,

— Ipéca, aux convulsions et aux vomissements du début, — Puisât, et Jferc.-so/, au coryza, à l'otite, à l'ophtalmie, — Bellad. et Slramon, au délire,

— Arsenic aux symptômes graves, à la malignité,

— Phosphor à la prostration avec hémorrhagies. On exige le séjour au lit tant que subsistent les

traces de l'éruption, et le séjour dans la chambre jusqu'à la fin de la desquammation.

Roséole. — Caractérisée par une éruption de papules rouges distribuées par plaques. Elle est ordinairement bénigne et jamais maligne.

Il y a aussi une Roséole symptomatique de la dartre, de la syphilis, du rhumatisme.

Traitement. — lpeca répond aux frissons et aux vomissements du début; — Aconit à la fièvre; — Sulfur, administré à la fin, peut prévenir une nouvelle éruption.

Dans la roséole symptomatique de la dartre et du rhumatisme, on préfère Puisât, et Bellad. — Dans celle de la syphilis, Bellad. et Merc.-sol.

Scarlatine. — Caractérisée par une angine et par une éruption de points rouges dont la réunion présente une teinte plus ou moins unie. Elle est contagieuse et plus grave que la rougeole par ses accidents et ses complications; elle présente

comme elle trois formes : bénigne, commune et maligne.

Dans la forme bénigne, l'éruption et la fièvre sont très-marquées, mais régulières» et l'angine est légère. Dans la forme commune, l'angine et les vomissements apparaissent dès le début de la fièvre; l'éruption se fait au bout de six ou douze heures, persiste pendant. sept à dix jours, et se termine par la desquammation qui se répète plusieurs fois jusqu'au quarantième jour. Dans la forme maligne, on observe les symptômes les plus redoutables : éclampsie, ataxie, méningite, phlegmon diffus, angine gangreneuse, hémorrhagies avec phénomènes de putridité.

Traitement. — Ipéca et Bryonia sont adaptés aux vomissements et à la céphalalgie du début, — Aconit et BeUad. à la fièvre, — Stramon, au délire, — Mercur-sol, à l'angine, — Lachesis aux symptômes de la forme maligne, aux hémorrhagies, aux affections gangreneuses ; Arsenic est son meilleur adjuvant.

Les accidents qui compliquent la scarlatine sont ordinairement des sources d'indications majeures : les convulsions initiales, pour Ipéca et Bellad. — l'œdème de la glotte, pour Lachesis et Merc.-sol,

— l'oppression et la toux, pour Bryon et Phosph,

— les inflammations consécutives, pour Sulfur et . Mercsaly — les convulsions albuminuriques ou

consécutives, pour Cantharis et Arsen. — - les collections séreuses ou hydropisies, pour Sulfur et

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Cantharis, — la desquammation interminable et répétée, pour Puisai, et Cantharis, ~ la toux opiniâtre, pour Phosph. et Cantharis.

Lq malade doit garder le lit tant que la peau présente des rougeurs éruptives ; et la chambre, jusqu'à la fin de la desquammation. Lorsque la maladie a été grave, on conseille une alimentation restaurante dès que la fièvre a perdu de son acuité : Bons bouillons, panades, crèmes, eau vineuse, gelées végétales de carottes , de pois-chiches et gelées animales.

Variole. — Caractérisée par des pustules arrondies et ombiliquées, c'est-à-dire, qui sont déprimées au centre.

Elle présente les trois formes : bénigne , commune et maligne. Elle est contagieuse. Les pustules et la suppuration dont elles sont le siège sont une cause de gravité de la maladie, soit parce que les fonctions de la peau en sont troublées ou supprimées, soit parce qu'il se produit des désordres extrêmes à la suite de l'affaissement et de la rétrocession des pustules.

Dans la forme bénigne la fièvre peut être violente, avec convulsions et vomissements, ou légère et exempte de ces accidents, mais la marche de la maladie est régulière. Dans sa forme commune, la variole est cohérente ou confluente et d'autant plus grave qu'elle est plus confluente* L'incubation, c'est-à-dire le temps qui s'écoule entre l'infection et le début de la maladie, est de sept à

huit jours; la fièvre débute par : frissons, céphalalgie , vomissements , douleur souvent violente dans la moelle épinière (rachialgie) ; l'éruption commence vers le 4* jour en même temps que la fièvre tombe, et la suppuration s'établit quatre jours après, au milieu d'un retour de la fièvre qui est plus violente qu'au début et disparait peu à peu, du 12 e au 15 e jour de la maladie. La suppuration s'accompagne du gonflement de la face et des extrémités et d'une salivation qui augmente pendant plusieurs jours. Bientôt des croûtes se forment par la dessiccation des pustules, tombent successivement, en se renouvelant plusieurs fois, souvent pendant six semaines, et laissent après elles des taches violacées qui disparaissent graduellement, et des cicatrices creuses bien connues et permanentes.

La forme maligne est tantôt discrète, mais toujours grave par les phénomènes généraux, tantôt confluente; elle est caractérisée par l'ataxie, par la persistance de la fièvre pendant que l'éruption se fait et par des hémorrhagies.

La variole, même de forme commune, laisse souvent après elle une affection chronique des paupières, une albuminurie ou une paraplégie éphémères, des abcès et des phlegmasies purulentes.

Traitement. — Aconit et Ipéca sont indiqués par la fièvre, les vomissements, les convulsions du début; — Ipéca et Opium, par la rachialgie, les vomis-

sements, la céphalalgie ; — Bryonia, Aconit, par la chaleur acre de la peau, la fièvre, la céphalalgie, le retard de l'éruption ; — Aconit et Merc.-sol, par la fièvre , l'éruption et la salivation; — Merc.-sol, et Thuya, par la suppuration des pustules ; — tfeparsulf, puis Silicea, par la suppuration excessive et les abcès consécutifs ; — Rhus et Tartar-emet, par l'affaissement des pustules , par la menace de rétrocession et parla suppuration languissante; — Bellad. et Stramon , par la violence de la fièvre et du délire ; — Rhus et Opium par la torpeur générale et le coma ; — Arnica et Arsen. par les symptômes asphyxiques et la lenteur de la circulation capillaire à la peau avec teinte noirâtre ; — Arsen. et Phosph. par la diarrhée, le refroidissement et les hémorrhagies; — Lachesis et Phosph. par les hémorrhagies et le gonflement œdémateux; — Arsen. correspond aux symptômes d'ataxie , de putridité, de gangrène, et Sulfur. à la marche trop lente de la maladie, lorsqu'elle parait être stationnaire.

Le danger provenant de l'interruption des fonctions de la peau est conjuré par l'aération du malade : on soulève fréquemment les couvertures de son lit, on ouvre les fenêtres de sa chambre, on met l'air pur en contact avec la peau, pendant quelques instants, plusieurs fois par jour; c'est d'ailleurs un excellent moyen d'exciter une réaction qui empêche les pustules de s'affaisser ou de rester stationnaires. Dans les cas graves de rétrocession, il n'y a peut-être pas de moyen plus effi-

Alexis Espanet. 2

caoe pour développer cette réaction que l'emploi du drap mouillé avec de l'eau froide, appliqué avec méthode. Enfin on fait lever tous les jours le malade durant quelques heures, dès que l'éruption s'est complétée. En outre, on l'alimente avec des bouillons et des potages nourrissants, sitôt que la fièvre se calme.

(Bien que la vaccine soit le meilleur préservatif de la Variole, il ne faut pas négliger l'usage du Yaccinium à titre de préservatif en temps d'épidémie. — Ce médicament s'est aussi montré plusieurs fois curatif de la variole; sous son influence la maladie déclarée a été bénigne et sans gravité).

Vaccine. ~ On peut vacciner un enfant dès le troisième mois. Si on le faisait plus tôt on s'exposerait à un érysipèle grave. Le vaccin doit être pris sur un enfant sain, à une pustule de sept à huit jours. Du 3* au 4 e jour de la vaccine, on observe une papule à l'endroit de la piqûre ; le 6 e jour, il s'y forme une vésicule qui grossit, devient ombiliquée, suppure et parvient à son plus haut degré de développement au 8 e jour. Le bras de l'enfant est douloureux ; il survient un peu de fièvre ; après quoi la pustule vaccinale se dessèche et laisse une cicatrice concave indélébile.

L'affaiblissement de la puissance préservatrice du vaccin, parait avoir été démontrée ; et l'on a recommandé d'y remédier par la revaccination tous les cinq ou six ans, en renouvelant le vaccin sur la vache.

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Varicelle. — Caractérisée par des pustules arrondies, non ombiliquées. Le mouvement fébrile précède l'éruption de un ou deux jours. Cette éruption est généralement discrète, parcourt son évolution en sept ou huit jours et n'offre pas de danger. Cependant elle a plus d'une fois sévi épidémiquement et d'une manière maligne sous le nom de Varioloïde.

Traitement. — Aconit contre les frissons et la fièvre, — Bryonia contre le mal de tète et le retard de l'éruption, — Ipéca, contre les vomissements, — Rhus et Thuya dans la période éruptive, — Hepar suif, dans la période de suppuration.

Urticaire* — Caractérisé par des papules blanchâtres accumulées çà et là et formant des nodosités. L'éruption se fait au début d'un mouvement fébrile aigu accompagné d'anxiété, de vomissements et de céphalalgie. L'éruption fait cesser ces accidents et se complète en quelques minutes, pour disparaître avec la même rapidité. Elle reparaît ordinairement plusieurs fois en un jour ou plusieurs jours de suite. Pendant l'éruption la peau est le siège d'ardeur et de prurit.

Traitement. — Apis-mel. suffit dans la plupart des cas; on préfère Dukamara si les pustules sont roses et sensibles; — on donne Arsen. si l'éruption se répète, surtout par périodes de plusieurs mois (on a aussi conseillé Urtica-urens).

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L'urticaire a reçu aussi le nom de fièvre or liée. IL est quelquefois un symptôme de la goutte, et se reproduit de loin en loin, souvent chaque année; Causticum est en ce cas excellent adjuvant du traitement; on le donne encore suivi de Calcar. carb. quand l'éruption s'est dissipée. L'urticaire est aussi une manisfestation de la dartre ou de la scrofule : Ârsen. et Canthar. sont plus particulièrement adaptés à l'urticaire dartreux; Merc-sol et Sulfur, à l'urticaire scrofuleux.

Erythème noueux. — Caractérisé par des papules grosses et rouges , dont l'éruption est accompagnée de douleurs articulaires. Il se comporte à peu près comme l'urticaire.

Traitement. — Bellad et Apis-mel. répondent à tous les symptômes. Si les douleurs articulaires prédominent ou persistent, Rhus et Thuya sont indiqués.

2 e CLASSE.

Caractérisées par la contagion et la gravité. Les unes sont épidémiques, ce sont : la peste, le choléra, le typhus, la grippe; les autres sont endémiques, ce sont : la suette et la fièvre jaune.

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