TACHES
Affections caractérisées par des altérations, plus ou moins étendues et plus ou moins circonscrites, de la couleur de la peau, ordinairement sans dépressions ni saillies. On en distingue trois espèces : les nsevi materni, les taches hépatiques, les éphélides.
Nœvi materni. — Taches que l'enfant apporte en naissant et qui sont dues aune désorganisation de la peau. Leur grandeur et leurs nuances sont variables, elles ont généralement une couleur brune et quelquefois des poils. Nul traitement interne n'est utile.
Taches hépatiques. — Brunes ou d'un jaune foncé, lisses ; indélébiles si elles sont congénitales, ou si elles succèdent à une lésion de la peau, elles se dissipent facilement quand elles ont une ori-
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gine syphilitique» Leur étendue varie depuis un jusqu'à trois centimètres ; elles ne présentent ni rugosités ni saillies, et siègent ordinairement sur le cou, la poitrine, les membres. Nitri-ac; Phosph. Hepars-s.
Ephéildes. — Taches brunes ou blanches, sans saillies, de largeur variable, tantôt rares, tantôt nombreuses. Il y en a trois variétés : 1° Vephelis a sole, qui est, comme le hâle, le résultat de l'action du soleil accumulant sur des points de la face, des mains, du cou, la matière pigmenteuse qui colore naturellement en brun certaines parties : le scrotum, le pourtour du mamelon, les cheveux, les poils, la pupille... et dont l'absence totale fait les albinos. Ces éphélides sont ordinairement trèsnombreuses, s'observent surtout chez les sujets à peau fine, lâche et blanche, et ressemblent à des piqûres de mouches. On leur oppose Lycopod, Sepia, Hepar-s ; et aussi Digital et Colocynt, qui nous ont paru avoir réussi ; 2° Vephelis gastricus, taches larges, brunes, ou blanchâtres , sans saillies, attribuées à certains vices delà circulation abdominale; suite d'affections du foie et de la rate : Natrum-mi Calcar-c; nous avons aussi employé utilement DuUam et NUri-ac; 3° Vephelis gravidarum, ta* ches brunes, jaunâtres, souvent blanchâtres, d'une étendue ordinairement plus considérable, siégeant surtout à la figure et aux mains chez les femmes enceintes. Ces taches se dissipent presque toujours spontanément après l'accouchement Dans
le cas contraire elles devraient être combattues par les médicaments de l'ephelis gastricus.
Nous ne ferons que mentionner ici :
1° Les taches parasitaires qui sont dues aux divers parasites végétaux, comme dans quelques va* riétés de pityriasis, d'herpès, et dont le traitement propre est celui des affections parasitaires;
2° Les taclies hémorrhagiques qui constituent les ecchymoses, les taches scorbutiques, les taches du purpura, et les pétéchies» Celles-ci sont des taches noirâtres semblables à des piqûres de puces, quelquefois un peu plus grandes, formées par du sang épanché aussi sous Tépiderme, et que l'on observe dans des fièvres graves ;
3° Les taches matérielles, qui constituent les crasses des nouveaux-nés. Ces crasses, qu'un sot préjugé respecte, doivent être enlevées peu à peu par de légers frottements aidés de lotions alcalines. La raison en est qu'elles s'opposent aux fonctions du cuir chevelu, nuisent au développement des cheveux, et favorisent les affections parasitaires.
Excoriations, ampoules. — Lésions de la peau consistant en une érosion avec inflammation et suintement séreux ou séro-purulent. Cette affection, nommée aussi intertrigo, siège aux plis des membres, aux fesses chez les enfants, sous les mamelles chez des femmes obèses et partout où la peau est soumise à des frottements et à un contact habituel avec elle-même. Les ampoules ne sont
autre chose qu'un soulèvement de l'épiderme par de la sérosité, sur un point de la peau qui a subi un pincement ou un frottement qui n'est pas allé jusqu'à l'écorchure.
Traitement. — Lotions d'eau tiède, ou froide avec Arnica. — Isolement des plis de la peau au moyen de linge fin. — On perce une ampoule avec nne épingle pour en faire sortir la sérosité sans exposer au .contact de l'air l'intérieur de l'ampoule.
— Dans l'intertrigo : Sulfur et Staphys, s'il y a sécheresse ; Bellad et Graph, s'il y a suintement; Cantharis, s'il y a sensation de brûlure.
Engelure. — • Gonflement des extrémités et surtout des doigts, caractérisé par la stase sanguine dans les vaisseaux capillaires , par la coloration rouge foncé de la peau, par un prurit violent, et par son apparition en hiver et sa disparition en été.
Traitement. — Chez les jeunes sujets Sulfur et Puisât, alternés suffisent habituellement; — chez les adultes ou les enfants bruns et maigres : Sulfur et Nux-vom. — Un prurit opiniâtre exige Staphys et Secale-cor ;~ Un gonflement excessif: Gfraphit et Secale-c; — Des douleurs brûlantes : Arsenic ;
— Des crevasses ulcérées : Arsenic encore; — Si ces crevasses sont moins douloureuses et suintantes, on donne Nitri-ac.
Gerçures. Fissures. Rhagades. Crevasses. — Lésions de la peau ou des ouvertures naturelles, consis-
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tant en petites solutions de continuité dans la direction des plis de la peau ou des moqueuses avec douleur et suintement séreux. Ces lésions siègent aux mains, aux commissures des lèvres, au mamelon, à l'anus, et sont ordinairement entretenues par la dartre ou la syphilis.
Traitement. — Gerçures au mamelon : onctions de glycérine avec V Arnica; puis, à l'intérieur : Lycvpod., si elles sont sèches ; Graphit, s'il y a des rougeurs; Plumbum, s'il y a induration des bords; Nitri-ac 9 s'il y a suintement; — à l'anus : Plumb d'abord, contre la douleur excessive des rhagades avec constriction spasmodique dans la défécation ; puis Ignatia, et Nitri-ac au besoin. —Les fissures du vagin et du prépuce se traitent par Mercur-s, Nitri-aCy Plumb; — celles des lèvres par : Arsenic et Sulfur alternés; on a ensuite recours à Lycopod, Graph, Nitri-ac ; — les gerçures et crevasses des mains et des doigts, par Lycopod, si elles sont sèches ; par Nitri-ac, si elles sont suintantes ; par Silic, Sulfur ou Plumb, si elles sont profondes, avec callosités.
Tannes. — Lésion de la peau caractérisée par de petites saillies ayant un point noir au centre, et formées par l'accumulation du produit des glandes sébacées ou follicules dans leur petit canal excréteur. On enlève ce produit desséché en pressant les tannes entre les doigts. Elles sortent sous Papparenoe d'un petit corps gras, venniforme.
Cette lésion touche de près à l'acné punctata et peut en être le premier degré. On trouve parfois dans les tannes un petit acarus différent de celui de la gale.
Traitement. — Soins de propreté, et habitude
de frictions rudes sur la peau aidées quelquefois
de glycérine ou d'une eau alcaline (eau un verre,
carbonate de potasse demi-gramme). Natrum-m,
Tartar-emet et Sulfur, sont aptes à combattre la
production des tannes.
Affection des paupières. — Les paupières sont le siège de diverses affections; résultat ordinaire d'ophthalmies et d'éruptions diverses, ou des manifestations de quelqu'une des maladies diathésiques ou constitutionnelles, telles sont les affections suivantes :
Trichiasis. — Direction vicieuse d'un ou de plusieurs poils des cils qui sont inclinés en dedans, de manière à irriter constamment la conjonctive. Les cils sont quelquefois composés de deux ou même trois rangées de poils dont la plus interne se renverse sur le globe de l'œil.
Traitement. — Arrachement persévérant des poils déviés, à mesure qu'ils repoussent. Silicea Calcar-c paraissent avoir remédié à leur disposition vicieuse.
Trichons. —Petites tumeurs formées par l'hypertrophie d'un follicule sébacé et donnant insertion à
un poil à son centre. Cette lésion, comme le grêlon et autres tumeurs du bord libre des paupières, doit être extirpée, lorsqu'elle occasionne quelque irritation de l'œil, et quand elle résiste hPhosph-ac, Hepar-8, Caustic.
Blépharite. — Inflammation chronique du bord libre des paupières, avec lésion ou hypertrophie des follicules des poils ciliaires ; état chassieux des paupières. Suivant sa forme ou sa cause on lui donne les noms de Blépharite ctliatre, de Lippitude, de Psorophthalmie, de Xérophthalmie, de Sycosis palpébral.
Traitement. — Silic. Arsenic, en général — Tartemet, Hepsulf, lorsque les glandules sébacées*suppurent. — Dans les cas diathésiques on adopte le traitement de la maladie générale, on fait quelques cautérisations légères, on applique quelque pommade au Sulfure de mercure, à Y Acétate de plomb etc. ; mais jamais chez les enfants, car la répercussion d'une affection de ce genre peut devenir la cause déterminante du croup.
Entropion. — Renversement en dedans du bord libre de la paupière inférieure, et par conséquent aussi des cils. Cette lésion est un résultat de la blépharite. Elle en exige le traitement, combiné avec celui du trichiasis. Le chirurgien , dans les cas opiniâtres, fait cesser Pentropion en pratiquant l'incision d'un petit pli de la peau de la paupière, qui se relève par la cicatrisation.
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Ectropion. Renversement de la paupière en dehors, quelquefois des paupières supérieure et inférieure et aux deux yeux. Cette lésion est souvent un reliquat de la scarlatine, soit par épaississement de la muqueuse palpébrale, soit par paralysie incomplète de l'orbiculaire. Le traitement consiste à exciser un repli longitudinal, non de la peau comme dans l'entropion, mais de la muqueuse palpébrale.
Affections du prépuoe. — Le prépuce est le siège de deux affections qui sont le phimosis et le paraphimosis. Elles sont occasionnées par la malpropreté , par une irritation mécanique , par des aphthes, un chancre , et se compliquent parfois de Balanite.
Le phimosis consiste dans le rétrécissement du prépuce qui recouvre le gland et s'oppose à ce qu'il puisse être découvert* Le paraphimosis consiste dans l'étranglement du gland par le prépuce, qui est resserré autour de sa base et ne peut pas être ramené en avant pour le recouvrir.
La balanite est l'inflammation du gland ; on peut aussi donner ce nom à une espèce d'hypertrophie ou d'état variqueux du gland, qui dans l'orgasme sanguin dont il est souvent le siège se tuméfie extraordinairement.
Traitement. — Soins de propreté • injections d'eau tiède. Quand il y a peu d'inflammation on
use de glycérine. Belladona et Mercure-9 sont indiqués par l'état inflammatoire — Plumb et Bepar-s par la suppuration — Phosph et Cantharis par le gonflement variqueux du gland.
Affections des orteils et des pieds.
Cors. — Excroissances épidermiques qui surviennent aux orteils, sur des points habituellement comprimés.
Œih de perdrix. — Durillons qui siègent de préférence entre les orteils où lapeau est plus mince, et qui ne paraissent pas différer du cor par leur nature.
Oignons. — Tumeur dure, aplatie et douloureuse, siégeant sur les parties saillantes des articulations du pied, avec gonflement du périoste ou de l'os luimême.
Malperforant. — Affection qui est le résultat de la dégénérescence des cors ou des oignons. Elle est caractérisée par la destruction graduelle du durillon lui-même, par la production, autour de ce centre de compression en voie de destruction, d'un cercle induré avec hypertrophie des papilles de la peau, enfin par l'ulcération de ces papilles avec érosion, et pénétration de l'ulcère jusqu'à Fos voisin. Cette affection ne présente tout son développement que chez les syphilitiques et les scrofuleux.
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Traitement. «■*• La première condition du traite* ment de toutes ces affections c'est la cessation de la compression. Les procédés d'extirpation sont complétés par diverses applications escharrotiques ou par la simple cautérisation au Nitrate d'argent. On doit recommander aussi des médicaments qui ont une action élective sur la peau; tels sont Calc*c 9 Tartar-emet. Cuprum, Silicea, pris à doses variées et avec continuité. — Bellad et Mercurs sont ensuite les meilleurs médicaments quand l'os voisin est attaqué, dans le mal perforant. Si l'ulcération se produit, on la traite comme un ulcère phagédénique. Dans tous les cas, il semble que le Collodion appliqué par couches longtemps renouvelées soit un moyen précieux de guérison.
Affections des ongles. — Les parasites de la teigne s'attaquent parfois aux ongles, qui jaunissent, durcissent, se déforment.
On doit faire des lotions parasiticides, comme pour la teigne.
La syphilis affecte aussi les ongles qui s'épaississent, se recourbent en divers sens, se déforment. Après le traitement de la période tertiaire de la syphilis, ou insiste sur remploi de Aurum, Sulfur, Plumb, Nitri-acid,
Lorsque les ongles deviennent secs et cassants, on doit recourir à Cuprum, Natrum-m, Tartar-emet*
Souvent la matrice d'un ongle s'enflamme, et pousse l'ongle en dehors. Celui-ci se dessèche, et ne tombe pour faire place au nouveau qu'après
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plusieurs recrudescences de l'inflammation, Secale-c puis Silicea conviennent alors. On donne Arsenic, si l'inflammation languit ou détermine des douleurs brûlantes.
L'onyarû, ou ongle rentré dans les chairs, est une affection trop connue pour être décrite ici. Il ne saurait être question d'opérations barbares, comme on en a trop pratiquées. On doit d'abord diminuer la convexité de l'ongle en le raclant sur la partie médiane. On applique ensuite, le plus tôt possible, des couches de collodion qui comprennent toute la dernière phalange comme dans un doigt de gant, et on renouvelle ces couches aussi souvent qu'il est nécessaire, jusqu'à parfaite guérison. En môme temps on administre Sulfur et Calcar-c 9 puis Thuya et Plumb. Sous l'influence de cette médication, la chair exubérante est réprimée, le gonflement diminue et la lésion disparaît.
Affeotlons des cheveux. — La chute des cheveux (alopécie ou calvitie) qui est le résultat d'une affection parasitaire est aussi irrémédiable que celle qui est occasionnée par une cicatrice. Celle qui est due à la syphilis se traite efficacement par les moyens correspondants à cette maladie. Lorsque Palopêcie est consécutive à une convalescence, les cheveux deviennent secs, cassants, s'amincissent et tombent. Il est utile de les raser afin d'exciter la nutrition des follicules pileux. On fait aussi des lotions avec de Peau de suie (suie de bois
60 grammes , eau 500 grammes , faire bouillir et décanter). On a aussi recommandé les lotions avec une décoction de mezereum ou de sapindus ; des pommades diverses, surtout celle-ci : une poignée d'abeilles écrasées vivantes dans 200 grammes d'axonge. Cette pommade est utile quand le cuir chevelu est le siège de rougeurs érythémateuses ou d'une desquammation furfuracée. Lorsque les follicules pileux ne sont pas frappés de mort, on réussit souvent avec Sulfur, Âpisrnêl, Ânenicum, Phosphor-ac, pris à l'intérieur.
Elles sont physiologiques ou naturelles, pathologiques ou morbides.