DIÈTE ET RÉGIME
La Diète dans les maladies consiste à donner aux malades ce qui leur est utile. On doit veiller tout d'abord à la propreté de leur corps et de ce qui les entoure, à la température et à l'aération convenable de leur chambre, au repos et au calme qui leur sont nécessaires.
Lorsque la maladie est aiguë et que le malade n'éprouve pas le besoin de manger, il doit s'abstenir de toute nourriture solide pendant les quelques Jours de la période aiguë. Il n'est pas bon de le forcer à boire beaucoup s'il ne le désire pas ; cependant il ne faut pas le laisser plus de deux ou trois heures sans lui donner quelque boisson appropriée à la circonstance. Dans les cas de fièvre grave, il est nécessaire de l'alimenter avec des substances liquides telles que des purées, des consommés, du vin plus ou moins aqueux.
Le régime a été le sujet de prescriptions trop sévères de la part des premiers médecins qui
pratiquèrent l'homœopatbie. L'expérience a prouvé qu'il n'était ni nécessaire, ni même toujours prudent, d'exiger un choix d'aliments et de boissons fondé sur leur prétendue opposition avec les médicaments. La seule règle à suivre pour le régime, c'est de l'adapter au genre de maladie et aux besoins de l'organisme, comme nous l'avons fait dans le cours de cet ouvrage. Et c'est dans ce but que le médecin doit toujours s'informer du régime suivi par le malade, afin d'en corriger les excès ou les vices. C'est dans ce but encore qu'il est souvent utile de modifier profondément le système d'alimentation d'un malade, ou de lui prescrire l'usage exclusif de certaines substances pendant un ou plusieurs mois : c'est ce qu'on appelle : une saison d'eaux minérales, de lait, de raisins, de cresson, de nourriture sèche
Les aliments légers, ou plus ou moins nutritifs, à l'usage des malades, sont suivant les circonstances : les bouillons de poulet, de tripes, de cou d'agneau, de poule, d'escargots, d'écrevisses, de tortues; les bouillons et les consommés de mouton, de bœuf; les gelées et bouillons de pieds de mouton, de veau, de gélatine, de viande; les crèmes, les bouillies, purées et bouillons de gruaux d'avoine, d'orge, de pommes de terre, de fécules diverses, de pois-chiches ; l'émulsion de jaunes d'œufs.
Les boissons du malade doivent être légèrement
nutritives ou sucrées, tant que l'acuité d'une maladie lui interdit des aliments solides. En général, plus la fièvre est ardente, plus il peut absorber de boisson ; mais dans toute autre circonstance il est souvent nuisible de gorger un malade de tisanes et d'infusions qui ont toujours pour résultat d'embarrasser l'estomac et de l'affaiblir. Parmi les boissons froides, nous citerons : l'eau miellée ou réglissée, sucrée, pannée, vineuse, d'orge, de riz, de blanc d'oeufs ou albumineuse ; l'émulsion d'amandes douces , de noisettes ; la solution de gomme, l'orangeade et les sucs de la plupart des fruits mêlés à de l'eau. Les boissons chaudes consistent en infusions théiformes de mauve, de guimauve, de coquelicot, décorce de cacao, de coques d'amandes; ou décoctions de pain brûlé, de riz, d'orge, de gruaux divers, de pépins de coings, de pulpes de pommes, de pruneaux, de barbe de maïs, de courge.
Les Convalescents éprouvent toujours une faim excessive, parce qu'elle est la sensation de l'organisme qui a subi de grandes déperditions, et que la faculté digestive affaiblie ne correspond pas à ce besoin immédiat de réparation : un convalescent ne doit donc jamais mangQr autant qu'il le désire et qu'il en sent le besoin, ce n'est que peu à peu que le besoin doit et peut être satisfait; il doit toujours être en garde contre une indigestion imminente et contre une rechute d'autant plus à craindre qu'il ne reprend pas l'embonpoint et
les forces en rapport avec la quantité de nourriture qu'il prend.
Le plus souvent, dès que l'estomac revient à l'exercice de ses fonctions, il est opportun de faire mâcher au malade un peu de pain, un biscuit, qu'il avalera lentement après l'avoir imprégné de salive et dissous dans ce liquide essentiellement digestif et que ne peuvent remplacer ni des bouillons ni les pastilles de Vichy. En outre, on ne doit pas perdre de vue que l'estomac est un viscère doué de beaucoup de contractilité, et qu'il ne peut demeurer en bon état qu'à la condition de dépenser cette contractilité dans l'élaboration d'aliments solides, même grossiers. Une telle alimentation présente cet autre avantage de fournir à la digestion intestinale une quantité défibres inertes, nécessaires au cours des matières dans l'intestin et de faciliter la défécation.