‹ La pratique de l'homoeopathie simplifiéeChapitre 133 sur 139 · MOYENS AUXILIAIRES DE TRAITEMENT · texte numérisé non relu

MOYENS AUXILIAIRES DE TRAITEMENT

Parmi ces moyens dont l'usage est le plus fréquent, on compte : les bains généraux et partiels, les fumigations et les bains de vapeur, les lotions et les affusions, les lavements et les divers genres d'injections et de douches, les cataplasmes, les onctions, le massage, la gymnastique. Quoique tous ces moyens domestiques soient connus, nous devons en dire un mot.

Bains généraux et partiels. — Les personnes faibles ne doivent pas abuser des bains tiédes;mais,

en les bornant à quinze ou vingt minutes, elles y trouvent un moyen de délassement et de propreté, surtout si elles y joignent des frictions générales. Le bain tiède général, de une et deux heures, est très-utile dans les cas d'éréthysme provoqué par la fatigue et d'irritation sanguine et nerveuse. Les bains partiels ont aussi leur utilité : un bain de pieds chaud peut calmer des coliques hémorrhoïdales, faciliter l'écoulement des règles. Un bain de siège présente les mêmes avantages.

Un bain de pieds froid, très -froid, d'une durée de quelques secondes, est suivi d'une chaleur durable par la réaction qu'il provoque ; il provoque ainsi une dérivation plus puissante. Les bains froids de tout le corps appellent une réaction générale à la peau ; mais cette réaction étant toujours pré* cédée de concentration, ces sortes de bains ne peuvent être favorables dans les cas d'affection du cœur. Ils sont, à part ces cas, un excellent moyen de fortifier la constitution et de mettre fin peu à peu à une foule d'irritations internes, en dissipant les concentrations sanguines ou nerveuses qui fatiguent les viscères, et en régularisant les fonctions du système nerveux, la circulation et les sécrétions. Très-froids, ils ne doivent durer que une ou deux minutes ou quelques secondes; moins froids, ils peuvent être prolongés plus ou moins, suivant la saison, mais jamais au delà du moment où le frisson annonce que la puissance de réaction va être dépassée. C'est précisément là ce qui rend difficile de déterminer Vopportu-

nité de bains froids prolongés pour les enfants qui ne peuvent analyser leurs impressions et en rendre compte.

Bains de vapeur et fumigations. — On peut dire de ces moyens ce que nous venons de dire des précédents; seulement, ils s'adaptent mieux à des cas de rhumastimes chroniques, surtout quand ce sont des bains de chaleur, dits de vapeur sèche. En général, les bains de vapeur sont utiles pour suppléer à l'exercice, à la transpiration, et lorsqu'on a besoin de stimuler, au moins accidentellement, les fonctions de la circulation et les sécrétions. Lorsque ce besoin se fait sentir pour une partie seulement, l'on a recours aux fumigations, ou à la vapeur de l'eau bouillante dirigée sur cette partie ; par exemple dans certaines fluxions à la joue, dans certaines névralgies.

Lotions et affusions. — Selon que l'on emploie l'eau tiède ou l'eau froide, ces moyens présentent les avantages du bain. Quant aux affusions froides, il n'est pas indifférent qu'elles aient lieu par un flot rapide d'eau, ou par l'application successive de l'éponge ; dans ce dernier cas l'action de l'eau froide est plus douce , moins pertubatrice et mieux supportée par les personnes nerveuses. Le grand avantage des affusions ou lotions froides à l'éponge, faites chaque matin au sortir) du lit, et par tout le corps, en une ou quelques minutes, est de rendre moins sensible aux courants d'air et aux

impressions du froid , de régulariser l'action de la peau, de dissiper des malaises et des irritations internes, et de rétablir les sécrétions dans leur état normal et dans leur rapports de compensation.

Injections. Lavements. Douches. — Les injections d'eau tiède ou de lait dans l'oreille, entre les paupières... produisent localement les effets du bain tiède : l'eau tiède détend la fibre, en calme l'irritabilité : à ce titre les lavements ou injections tièdes dans le rectum peuvent être utiles pour calmer l'irritation de l'intestin, provoquer une selle, introduire dans la circulation le liquide aqueux qui est résorbé. Mais de telles injections peuvent, quand l'anus est enflammé , l'irriter encore par le contact de la canule : Nous avons toujours constaté le mauvais effet des lavements dans la dysenterie, et surtout dans les diarrhées avec inflammation chez les enfants. Les personnes qui abusent des lavements tièdes pour faciliter les garde-robes, obtiennent toujours le résultat contraire, par l'affaiblissement de la contractilité du gros intestin. En pareil cas, l'injection d'un quart ou d'un demi-verre d'eau froide, sans avoir l'inconvénient de distendre l'intestin, facilite davantage l'expulsion des matières fécales, d'autant mieux qu'on peut la réitérer deux ou trois fois de suite, jusqu'à l'apparition d'une selle. Les douches froides ou chaudes, d'eau simple ou d'eau minérale, consistent en jets plus ou moins forts d'un

courant de ces eaux ou de leur vapeur, sur une partie, pour y réveiller la sensibilité et y activer la circulation. Ce moyen est très-employé aujourd'hui sous des formes variées; comme moyen domestique, on se borne quelquefois à faire tomber de l'eau en un filet plus ou moins considérable sur une articulation engorgée, sur une partie malade.

Cataplasmes. —Ils sont destinés à produire, d'une manière permanente, l'effet d'un bain local ou d'une lotion tiède ; on les applique sur une partie enflammée, pour atténuer la douleur qui résulte de la distension des tissus, ou sur la peau couverte de croûtes, de rugosités , sur un ulcère... afin de faciliter la chute des croûtes, d'humecter une surface, de modifier une lésion en la détergeant. On compose les cataplasmes avec le son, la farine de lin, la farine de riz, la pulpe de courge ou de figues, les feuilles de mauve, de laitue : on fait bouillir ces substances avec de Veau ou du lait, e% on les réduit en pâte molle. Des compresses fré-? quemment imbibées d'eau tiède sont quelquefois préférables; quelquefois aussi on arrose un cataplasme avec du vin, de l'arnica, de l'eau salée, pour humecter et exciter en même temps un or-» gane œdémateux, un ulcère sordide.

Les onctions avec Thuile ou l'axonge pures ou mêlées à un médicament sont usitées dans le but de ramollir une partie, 49 ift préserver du eoqt&Qt

de l'air, de calmer l'inflammation; mais ces moyens sont avec raison généralement abandonnés parce que les corps gras deviennent trop facilement rances et irritants et qu'ils nuisent à la propreté. On leur préfère la glycérine, môme comme véhicule de médicaments, ou le coUodioq appliqué par couches, et enfin les lotions avec de l'eau pure ou chargée d'un médicament, par exemple d'arnica.

Massage. — 11 consiste à frapper et à frictionner avec la main, successivement, tous les tissus, et à combiner ces coups et ces frictions avec des pressions méthodiques, tantôt avec la main, comme si on pétrissait, tantôt avec les doigts en appuyant sur les muscles, sur leurs interstices, sur le trajet des os, des nerfs, des vaisseaux. On ne saurait trop recommander le massage dans les affections nerveuses, névralgiques, rhumatismales, paralytiques, avec anémie ou embarras circulatoire.

La science, en prescrivant les règles deYhygiêne, doit les renfermer dans des formules générales qui se prêtent à toutes les personnes, dans les diverses conditions de santé ou de maladie, par des applications simples et des interprétations naturelles; il n'y a rien d'absolu dans la nature changeante de l'homme, au milieu des vicissitudes de la vie. La meilleure hygiène est celle qui permet à l'homme de subir, sans en être malade, les in-

tempe ries de l'air et les rigueurs des saisons, les travaux du corps et ceux de l'esprit, des intermittences de fatigue et de repos, l'irrégularité des repas quant aux heures et à leur composition, des privations de tout genre, l'abondance. C'est par l'habitude qu'il y parvient, et qu'il acquiert du même coup la plus grande force de résistance aux causes de maladie. Le plus grand malheur d'un peuple, au point de vue de son état physique, c'est une hygiène qui prévoit et prévient tous ses besoins, dans le seul but d'atteindre au bien-être matériel, parce qu'elle lui ôte sa spontanéité et sa force de résistance. L'homme ne doit jamais oublier que sa condition sociale le subordonne à des lois de sacrifice et de dévouement, supérieures à ses instincts de conservation, et que ces lois, qui correspondent aux facultés de son âme, ont leur sanction en Dieu.

On entend par le mot prophylaxie, le traitement préservatif des maladies. S'il est beau de guérir, peut-il l'être moins de préserver des maladies? Ce sujet a trop peu occupé les médecins ; il est encore trop neuf, pour que nous fassions autre chose que l'ébaucher en donnant les résultats de notre expérience unie à celle d'un petit nombre d'homœopathes.

Il est d'observation que certains sujets ont plus d'aptitude que d'autres à contracter certaines maladies, et que plusieurs échappent à leurs influences ; la constitution de ces derniers est réfractaire à leur action, ou réagit victorieusement contre elles. L'on peut donc se demander, en connaissant l'électivité de chacun de nos médicaments, s'il n'est pas possible de communiquer à l'organisme une plus grande puissance de réaction contre des maladies déterminées. Or l'expérience a prouvé que cela était possible. C'est là un des bienfaits de l'homœopathie dont l'avenir dira toute l'étendue.

Chez l'enfant, l'organisme en formation n'a point encore pris d'habitude morbide, le ferment héréditaire n'a encore exercé aucune influence. Il s'agit donc de prévoir à quelles influences morbides il peut être soumis, quelles actions morbides il peut être destiné à subir, quelle maladie héréditaire est chez lui en puissance» et d'agir sur son organisme par des médicaments dont l'action prévienne celle de la maladie, dans le môme sens, sur les mêmes appareils. Cette action médicamen* teuse, en excitant des mouvements vitaux et fonctionnels dans le sens de ceux que prépare la maladie en puissance, mais non encore en acte, fortifie les organes menacés et les dispose à une réaction plus efficace ou les rend réfractaîres à l'action morbide qui sans cela se développerait plus tard. Le même fait se produit dans l'économie à l'égard des maladies épidémiques, dont on prévient l'action par un traitement préservatif, c'està-dire, par remploi de médicaments à action similaire, ou homoeopathique à celle de la maladie. La prophylaxie s'applique donc aux maladies héréditaires et aux maladies actuelles, c'est-à-dire, aux maladies chroniques et aux maladies aiguôs et épidémiques.

Prophylaxie des maladies héréditaires ou chroniques. Dans les familles où règne la scrofule, sous la forme d'éerouelles, de tumeurs blanches, de carreau, on choisira s Jodium, Sulfur, Cakar-c, Met" curs.

Si la scrofule se manifeste par des affections eu* tanées : Sulfur, Mercur-cor, Graphit', — par des affections tuberculeuses des méninges ; Mercur-s, Belladona,

Dans les cas de rachitisme ; Calcarea^c, Aurum, Sulfur, Mercur-s ;

De cancer : Arsénié, Lachesis, Phosphorus;

De dartre : Sulfur, Arsenic ;

De goutte : Calcar-c, Caustic, Arsenic, Sabina ;

D'affections calculeuseâ, de gravelle, d'affect tions du foie : Nitriac, Lycopod, Arsenic,

De névralgies, de névroses (hystérie, épilepsie, folie) : Calcar-c, BellacL, Phosphor;

De syphilis plus ou moins transformée par l'hérédité : Mercur-s, Hepar-s, Aurum;

D'hémorrhoïdes et d'affections veineuses , de varices : Sulfur, Pulsatit, Carbo-v ;

De diphthérie : Spongia, Mercur-s, Hepar-s \

De sycose : Thuya, Nitri-ac, Lycopod.

Les médicaments sont donnés à la mère pendant les trois derniers mois de la gestation, et à l'enfant pendant les deux ou trois premières années de son existence. Le médicament est administré en potion, par cuillerées matin et soir pendant trois ou quatre jours ; et Ton met un intervalle de huit ou dix jours entre un médicament et un autre ; on reprend la série des médicaments indiqués, chaque fois qu'elle est épuisée.

Prophylaxie des maladies aiguës ou épidémiques . Dans toutes les maladies aiguës qui sont endémi-

qués ou épidémiques, on applique ordinairement avec succès, chez ceux qui n'en sont point encore atteints, un traitement préservatif qui consiste, non-seulement en moyens hygiéniques, mais aussi en médicaments choisis parmi ceux qui constituent le fond du traitement curatif de la maladie dont on veut préserver : ainsi Arsenic et Rhus, comme prophylactiques de la fièvre typhoïde ; — Belladona, de la scarlatine; — Sulfur et Thuya, de la variole; Vaceininum a été propose; — Cuprum et Veratr., du choléra; — Mercur et Hepars, du croup.

Nous ne dirons rien du traitement abortif dont il a été question à propos de quelques maladies et que l'expérience apprendra à étendre à plusieurs autres ; car s'il est possible d'arrêter ou de faire avorter le choléra déclaré, comme nous l'avons dit, et comme une multitude de faits Font démontré, il est rationnel de penser que Ton parviendra à faire avorter certaines maladies non moins redoutables.

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