CHOLÉRA ASIATIQUE SI
Traitement. — La cholérine exige l'emploi de Ipéca contre les selles et les vomissements de matières bilieuses (quelques-uns emploient Grotontyglium), — Veratrum contre les selles et les vomissements aqueux ; — Veratrum répond, dans tous les cas, aux selles aqueuses, fréquentes, involontaires ou très-promptes, — Phosph-ac. aux selles aqueuses et un peu bilieuses et au ballonnement du ventre. — Dès qu'un amendement s'est produit on administre Cuprum; on l'administre aussi intercurremment; et si la maladie se prolonge, on l'alterne avec Veratrum.
Dans les autres formes du choléra, Cuprum et Veratrum alternés sont les principaux médicaments; on les administre dès le début, de cinq en cinq minutes. — Arsenic devient nécessaire contre la douleur brûlante à l'épigastre, la soif inextinguible, l'angoisse et le progrès de lalgidité et de la cyanose. — Carbo veg. répond à la disparition du pouls, à F haleine froide, à l'algidité, à la cyanose, à l'asphyxie, à la mort apparente. — On revient à cuprum suivant que les crampes se reproduisent ou prédominent, et à Veratrum suivant la réapparition ou la fréquence des selles et des vomissements.
Dans la forme ataxique, lorsque les selles ou les vomissements ne sont pas encore prononcés, ou sont suspendus, ce que Ton appelle choléra sec, on obtient des guérisons qui tiennent du prodige par l'usage du camphre dissout dans l'alcool, ou Esprit de camphre 7 à la dose de cinq à six gouttes sur un petit morceau de sucre, introduit toutes les
deux à cinq minutes dans la bouche du malade, qui doit le mâcher et l'avaler avec sa salive. On en répète les doses pendant vingt minutes et même plus longtemps. Ce médicament a pour effet d'éteindre les symptômes ataxiques ou malins et de provoquer une prompte réaction, caractérisée par le retour de la chaleur et par une sueur bienfaisante suivie d'un sommeil réparateur.
Lorsque la maladie est vaincue, la réaction se déclare; elle est d'autant plus vive que la maladie a été plus grave; mais elle est toujours moins violente chez les malades qui ont été traités homœopathiquement ; chez eux aussi la durée de la maladie est fort abrégée, et les forces renaissent' promptement dans une convalescence incomparablement plus courte. La réaction se prononçant, on donne : Opium s'il y a engourdissement comateux; — Arnica s'il y a également torpeur cérébrale, mais avec quelques vomissements, ou chaleur acre et incommode; — Aconit, si le pouls est fréquent avec de la dureté, et sll y a céphalalgie; — Bryonia s'il y a oppression, ou point de côté, céphalalgie, chaleur acre ; — Hyosciamus, si les urines restent supprimées; — Nux~vom, s'il y a simplement dysurie ; — Secale cor. si les selles sont encore décolorées et non bilieuses. — Enfin à mesure que le mouvement fébrile se développe, on a recours à Aconit s'il est violent, et si la peau tarde à devenir moite; à Belladona, s'il y a du délire; a Bryonia s'il y a point de côté, ou toux et oppression ; à Nux-vom. s'il y a constipation.