‹ La pratique de l'homoeopathie simplifiéeChapitre 43 sur 139 · PHLEGMASIB9 DE LÀ PEAU · texte numérisé non relu

PHLEGMASIB9 DE LÀ PEAU

pèle peut se manifester sous diverses formes : 1° Forme bénigne, avec léger mouvement fébrile et durée de moins de huit jours; 2° Forme maligne, avec mobilité de l'inflammation et symptômes généraux graves, délire, coma ; 3° Forme commune, avec fièvre et durée de deux à trois semaines. L'érysipèle de forme commune est le plus ordinaire; il siège quelquefois sur les membres, mais plus souvent à la face qu'il envahit successivement, et d'où il gagne le cuir chevelu.

Traitement. — Bellad., au début; — Rhus> si la surface de l'érysipèle se couvre de vésicules ou phlyctènes ; — Cantharis, si la douleur est brûlante, avec phlyctènes plus développées ; — Belladona et Rhus alternés, si la fièvre redouble avec délire ou coma, ordinairement quand l'inflammation s'étend au cuir chevelu ; — Opium, contre le coma persistant, torpeur générale, refroidissement de la peau.

— Lachesis est indiqué dans la forme maligne, par la prostration , l'ardeur fébrile , Tataxie, et la tuméfaction locale. — Arsen. convient s'il y a coma vigil et tendance au refroidissement des membres.

— Arsen. et Lachesis alternés correspondent à la multiplicité et à la mobilité des plaques érysipélateuses. — Graph. et Hepar-s. sont utiles au déclin de la maladie, lorsque le gonflement et la rougeur de la peau persistent après la chute de la fièvre.

Zona. — Caractérisé par des pustules se développant sur des taches rouges inflammatoires, par

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des prodromes fébriles, par une douleur brûlante qui précède la naissance des pustules et les accompagne, et par le siège de ces pustules sur le tronc en forme de demi-ceinture, d'où les noms d'herpès-zoster et de zona.

Les prodromes ont une durée de deux ou trois jours; ils sont eux-mêmes précédés quelquefois d'une névralgie du tronc. L'éruption des pustules est terminée au bout de huit ou neuf jours, mais elle se prolonge quelquefois au-delà de trois semaines en se renouvelant; quelquefois aussi des ulcères succèdent aux pustules.

Traitement. — Rhus et Arsen. sont indiqués dans la période éruptive; — Causticum est leur auxiliaire chez les personnes âgées, Thuya chez les jeunes gens; — Graph. et Merc.s. sont utiles quand l'éruption se prolonge , Arsenic et Sulfur quand des ulcères se forment (D'après quelques observations il semblerait que Mercur-iodatus jouit d'une grande efficacité).

Caractérisées par l'inflammation des membranes muqueuses et par des symptômes particuliers à chacun des organes affectés.

Opbtbaimle superficielle. — Caractérisée par l'inflammation de la conjonctive ou membrane muqueuse de l'œil. Cette inflammation, à laquelle on

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a aussi donné le nom de conjonctivite , est tantôt simple, c'est V ophthalmie catarrhcde; tantôt une extension de toute autre inflammation, ce sont les ophthalmies érythémateuse, érysipélateuse, exanthématique; elle est quelquefois une manifestation de la scrofule, c'est Yophthalmie scrofuleuse. Quant aux ophthalmies qui affectent plus profondément l'œil, il en sera question quand nous parlerons des phlegmasies viscérales.

Ophthalmie catarrhale. — Sa durée est de trois à huit jours. Elle est caractérisée par une rougeur vive, le larmoiement, la douleur, la sensation de sable à la surface, et la photophobie. C'est la conjonctivite proprement dite.

Traitement. — Belladon. et Merc.-s. alternés suffisent ordinairement. — Si l'inflammation tend à se prolonger, on administre successivement Su/fur,Bhu8, Pulsatil, Repars. (On a conseillé Euphra~ sis comme médicament principal).

Ophthalmie symptomatique de Vérysipèle, de Vèrythème, des fièvres éruptives (érysipélateuse, érythémateuse, exanthèmatique). — Leurs symptômes varient comme leur durée et sont subordonnés à la maladie principale.

Traitement. — On applique le traitement de la maladie principale. Si l'ophthalmie symptomatique présente des indications pressantes on peut recourir à Bellad. et Merc-s. pour calmer l'inflammation. Dans les épidémies d'érysipôle et d'autres

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maladies , l'ophthalmie peut revêtir une forme maligne et réclamer le traitement adopté à l'inflammation profonde de l'œil, tel qu'il est donné pour l'ophthalmie purulente, mais en débutant par l'emploi de Arsen.

Ophthalmie scrofuleuse. — Cette ophthalmie, qui est aussi symptomatique, présente des particularités qui en font une affection à part. Sa marche est de longue durée, souvent de plusieurs années, avec des périodes d'apaisement et d'aggravation.

Traitement. — Belladona et Merc.sol sont les médicaments essentiels des périodes d'acuité; — Sulfur, Calcar-c et Iodium sont mieux adaptés à l'inflammation sub-aiguê. — Lorsque la cornée est enflammée, ce qui constitue la kératite, on a recours à Calcar-c et Arsenic. — Apis-mel. répond au plus haut degré d'acuité avec gonflement de la conjonctive et des paupières, on l'alterne avec Arsenic, s'il y a ulcération de la cornée. Quelquefois la sensibilité est telle, que l'impression de la lumière ne peut être supportée ; Rhus et Chamo sont en pareil cas souvent utiles. Enfin la suppuration abondante réclame spécialement l'emploi de Calcar-c. > de Hepars. et de Silicea.

Coryza. — Caractérisé par l'inflammation de la muqueuse du nez. Le coryza fait quelquefois partie du rhume ou le constitue seul ; il est souvent un syndrome ou groupe de symptômes de la scrofule, de la goutte, de la syphilis, de la dartre, et devient

alors facilement chronique. Un des symptômes les plus fatigants du coryza, c'est Yenchifrènement, difficulté particulière de respirer par le nez accompagnée tantôt de sécheresse , tantôt d'une sensation douloureuse à la racine du nez, tantôt de mucosités plus ou moins tenaces ou fluentes, suivant que la muqueuse est plus ou moins irritée, tuméfiée.

Traitement. — Le coryza catarrhal ou simple n'exige pas d'autre traitement que celui du rhume au début On le fait souvent avorter par une dose d'Aconit prise en se couchant le %oir et suivie de transpiration excitée au moyen de la chaleur. Les fréquents coryzas auxquels certaines personnes sont sujettes décèlent chez elles une constitution scrofuleuse, goutteuse ou hémorrhoïdaire , et le meilleur moyen de les faire avorter et d'en éloigner et supprimer les atteintes, c'est d'employer Sulfur. et Mercsol., alternés, dès les premiers symptômes, dès le moindre enchifrènement. Puisât, et Merc-sol. réussissent quelquefois mieux chez des jeunes personnes délicates et lymphatiques; et Nuœ-vom. compte de fréquents succès, comme abortif du coryza, chez les personnes âgées ou adultes, et en général toutes les fois qu'il débute par une sécheresse acre des fosses nasales.

On a peu remarqué les caractères distinctifs des coryzas constitutionnels, il est cependant d'observation qu'ils ont de la tendance à la chronicité ou

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à des récidives et que certains symptômes sont propres à chacun d'eux.

Le coryza scrofuleux est fluent, la mucosité est abondante et épaisse, le nez tuméfié ainsi que la lèvre supérieure. On lui oppose utilement Suif* et Merc-s., puis Calcar'carb^ Rhus et Sepia.

Le coryza goutteux est intermittent, se manifeste tout à coup, disparait souvent en peu d'heures ordinairement par la simple précaution de tenir la tête chaude ; il consiste en un enchifrènement avec sécheresse suivie de mucosités ; et dure quelquefois une ou deux semaines. On lui oppose de préférence Nuœ-v. et Calcar-c, puis Caustic, et enfin Stannum s'il devient très- fluent.

Le coryza dartreux est très-irrégulier aussi dans sa marche et dans sa durée, il est ordinairement sec, avec chaleur, prurit et mucosités desséchées difficiles à expulser : Arsen. et Hepar-s. lui conviennent mieux, ainsi que Graphit. et Puisât.

Le coryza syphilitique rentre dans la série des accidents de la syphilis et réclame le traitement de la période tertiaire.

Le coryza chronique se montre continu, avec des alternatives d'aggravation et de diminution des symptômes; il constitue tantôt Yozêne scrofuleux, tantôt Y ozène syphilitique; ces ozènes symptomatiques exigent Lachesis, Lycopod., Silicea, ou encore Aurum-fol, Nitri-acid. Caustic.

Il existe un ozène, appelé aussi punaisie, sans apparence de coryza, et dont on ne peut pas toujours déterminer la nature. Les malades ont ordinaire-

ment le nez camus et leur haleine est très-fétide. Chez la plupart c'est une infirmité des plus repoussantes. On a constaté quelquefois liexistence d'une ulcération des fosses nasales, le plus souvent il semble plus exact d'attribuer cette affection à une sécrétion particulière, à une lésion inconnue de la membrane muqueuse. Caustic, Staphysag. et Merccor. comptent quelques succès. Dans les cas opiniâtres on doit adapter le traitement à une carie possible, aune ulcération, à un élément sorofuleux ou syphilitique auquel répondent les médicaments signalés plus haut contre les ozènes symptomatiques.

Otite. ~ Caractérisée par l'inflammation de la muqueuse de l'oreille. Elle peut être catarrhale et accidentelle ou scrofuleuse.

L'otite simple ou catarrhale a une durée de 3 à 8 jours , suivant qu'elle se borne au canal auditif externe ou qu'elle s'étend à l'oreille interne. Une douleur souvent intolérable accompagne le gonflement des parties si sensibles de l'appareil de l'ouïe. Cette inflammation se termine quelquefois par suppuration.

L'otite scrofuleuse présente une marche lente avec recrudescences et suppuration abondante. Dans l'état chronique cette affection est indolente, avec écoulement continuel de pus. Il se produit ordinairement une carie de quelque partie des os voisins, du rocher, ce qui donne lieu à Votorrhée, ou écoulement de pus par l'oreille.

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Traitement. — Dans l'otite catarrhale, Puisât et Merc.-sol. 9 alternés, répondent à l'acuité, et sont encore indiqués dans les recrudescences de l'otite scrofuleuse. — Dans tous les cas, Chamo est donné intercurremment contre la violence des douleurs.

— L'inflammation de l'oreille interne détermine souvent la fièvre et le délire qui appellent Bellad.

— On fait en même temps des injections d'eau ou de lait tièdes, et Ton applique sur la région de l'oreille dés cataplasmes émollients. — Lorsqu'il se forme un abcès, l'otite est de plus longue durée, Hepar-s. répond à la suppuration, et Ton fait des injections d'eau tiède.

Dans l'otite chronique ou scrofuleuse, il ne faut pas négliger ces mêmes injections; Ton a aussi recours à Sulfur., Calcar-c, Graphit., et par intervalles, à Aurum et Silicea.

Stomatite. — Caractérisée par l'inflammation de la muqueuse de la bouche. Cette inflammation est occasionnée quelquefois par l'application de substances irritantes , d'autres fois elle est due à l'extension d'une inflammation, à la dartre, au scorbut, à la syphilis , à l'abus du mercure ; mais elle peut survenir sans cause connue et être essentielle.

Stomatite simple et stomatite érythémateuse. — L'inflammation est superficielle, ne dure que quelques jours et ne présente aucun symptôme grave; elle se déclare, tantôt spontanément, tantôt sous Pin-

fluence d'agents irritants, tantôt comme extension d'une inflammation de la face : une blessure, un érysipèle, un érythème. Elle est couvent consécutive et môme critique de certaines fièvres, avec ou sans pustules sur les lèvres.

Traitement. — Gargarismes fréquents à l'eau tiède. — Aconit et Cantharis alternés au début. — Nux-vom. etMercw-sol.y dès le second jour.

Stomatite aphtheuse et stomatite ulcéreuse. — L'inflammation de la muqueuse de la bouche est ici bornée à certains points de son étendue , et caractérisée par la production d'aphthes plus ou moins nombreux, souvent par groupes, et se renouvelant quelquefois. Lorsque des aphthes dégénèrent en ulcère , la stomatite est dite ulcéreuse.

Traitement, — Canth. et Merc.-s. conviennent en premier lieu. — Dès que les aphthes se déclarent on alterne Merc.-s. et Arsen. — S'il y a sécheresse de la bouche, il est convenable d'administrer intercallairement Nux-vom] — Et si les aphthes se prolongent en se renouvelant, on donne de bonne heure Sulfur., pour insister ensuite sur Mercur-s. et Arsen., ou en venir à M ercur-corr. —Un aphthe se transformant en ulcère doit être cautérisé légèrement, en le touchant avec un cristal de Sulfate de cuivre, ou la pierre infernale. On insiste d'ailleurs sur l'emploi de Sulfur. et Arsenic.

Stomatite chronique. — Nous l'admettons pour donner d'une manière plus complète la thérapeu-

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tique des affections de la bouche. Elle consiste dans la persistance des aphthes qui se reproduisent indéfiniment ou par périodes plus ou moins rapprochées, et dans une irritation plus ou moins durable de la muqueuse avec sécheresse, chaleur, ou fissures à l'intérieur de la bouche ou sur les lèvres.

Traitement. — Il est souvent utile de cautériser légèrement Taphthe au début, et de donner Lachesis , 2 ou 3 jours par semaine pendant un ou deux mois. On est souvent ensuite obligé d'en venir à Nitri-ac, à Caustic, et à Arsen. — Lorsque la surface de la muqueuse est irritée et rend la mastication douloureuse , Canthar et Lycopod, sont utiles. Lorsque l'irritation aflecte de préférence les lèvres, on choisit Graph., Plumb.

Stomatite gangreneuse ou Stomacace. — Cette inflammation est caractérisée par un gonflement souvent considérable, par des hémorrhagies, et par la gangrène de quelque point de la cavité de la bouche.

Traitement. — Arsen. est le premier médicament à employer. — Carbo-v. répond au refroidissement de la bouche et à la diminution de la sensibilité. — Lachesis et Phosph. sont indiqués par le gonflement et les hémorrhagies.

Stomatite mercurielle, appelée aussi salivation mercurielle. — Elle est occasionnée par des doses plus ou moins élevées de Mercure, et caractérisée par la pâleur et le gonflement de la muqueuse, par

une haleine fétide, par des ulcérations, par l'ébranlement et le déchaussement des dents et par l'excrétion continuelle d'une salive filante.

Traitement. — Merc.-sol, ou môme Merc.-cor. est souvent le meilleur antidote de mercure à doses massives. — Du reste Nitri-ac., Hepar-sulf. et lod&um jouissent de toute l'efficacité désirable.

Gingivite. — Caractérisée par l'inflammation des gencives. Elle est ordinairement un symptôme de scorbut, en ce cas les gencives sont ramollies et saignantes. Lorsque l'inflammation affecte particulièrement la membrane alvéolaire elle constitue la gingivite expulsive avec déchaussement, ébranlement des dents et expulsion du pus formé dans leurs alvéoles.

Traitement. — Nux-vom. et Sulfur. , au début

— Si la gingivite persiste , on donne Nitri-ac, Staphys,; et Ton a recours au traitement de scorbut.

— Bellad. et Merc-sol alternés sont préférables dans la gingivite expulsive, et en général toutes les fois que les gencives sont irritées avec sensation d'allongement des dents ou dents ébranlées ; Iodium et Hepar-s conviennent ensuite. — Lorsqu'il se forme des excroissances sur les gencives, avec irritation plus ou moins chronique, Silicea et Staphysag conviennent ; Nitri-acid. répond au saignement des gencives.

Les gencives sont quelquefois le siège d'excroissances qui s'élèvent du fond des alvéoles ou de

leurs rebords ; on leur a donné le nom d'EpuMe; elles sont souvent fongueuses, érectiles ou de nature sycosique. On leur 'oppose Thuya et Nitri-ac ; cependant Lycopod et Silicea conviennent mieux si l'excroissance est sèche et ferme. L'épulie survient ordinairement à la suite d'une inflammation des gencives, d'une extraction de chicots. — Lorsqu'il s'est produit un abcès (parulie), avec ou sans carie : Silicea et Phosphor. lui sont adaptés.

Muguet. — Caractérisé par l'inflammation de la muqueuse de la bouche et du tube digestif et par la production d'une couche blanchâtre formée par un champignon microscopique de la famille des oïdiums. C'est une maladie propre à l'enfance. Mais il n'est pas rare de voir des couches pareilles d'oïdium apparaître sur les muqueuses de la bouche, de la vulve, de l'anus chez des malades épuisés par de longues privations ou des maladies chroniques, et chez des vieillards. Quoi qu'il en soit, le muguet est toujours bénin chez les enfants robustes qui tètent du bon lait. Mais il peut être très-grave et mortel chez les enfants chétifs, mal nourris, cacochymes.

Traitement.— Chez les enfants maladifs ou épuisés la première et la plus importante indication à remplir c'est de leur donner une bonne nourrice. Merc-s. est le médicament du début, dans tous les cas ; — on en vient à Merc-cor, dès le second jour, et à Sulfur alterné avec Merc~sol> si l'enfant

n'est pas guéri au bout de quatre jours. — Dès ce moment il faut adresser la médication à l'état général, à la consomption, à la diarrhée, à la fièvre, et Arsen. est le médicament principal. Les soins de propreté sont aussi d'une grande importance pour prévenir des irritations de la peau ou de Tamis, des intertrigo, des éry thèmes, qui viennent trop souvent compliquer la maladie.

Chez les vieillards et les sujets maladifs et épuisés, Arsen. et Merc-cor. sont indiqués, non moins que les soins hygiéniques : propreté, air pur, alimentation saine et restaurante.

Angine. — Caractérisée par l'inflammation de la muqueuse de Farrière-gorge et appelée vulgairement esquinancie. Cette inflammation comprend les amygdales, le voile du palais, la luette, la glotte, l'entrée du larynx et celle du pharynx, mais se borne souvent à quelques-unes de ces parties, d'où les dénominations de : Angine tonsillaire ou amygdalite, angine pharyngée, angine laryngée. Cette désignation des diverses angines par leur siège n'ayant aucune valeur pour la détermination du traitement, nous les désignerons par leur nature : catarrhale, pultacée, herpétiqw, phlegmoneuse, maligne 9 couenrieuse, granuleuse, et nous n'ajouterons qu'un mot pour les angines symptomatiques.

Angine catarrhale, ou angine simple, angine érythémateuse : — Rougeur de l'arrière-gorge, douleur

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pendant la déglutition, courbature, fièvre; durée moyenne de 3 jours.

Traitement. — Belladona, Merc-s, alternés.

Angine pultacée, ou muqueuse. — Appareil inflammatoire plus prononcé ; çà et là plaques de mucosité blanche, plus ou moins tenace et simulant une fausse membrane ; durée de 3 à 7 jours.

Traitement. —On débute par Bellad., et Merc-s. — Vers le 3° jour, on alterne Merc~sol. 9 avec ApismeL — lodium et Lachesis conviennent ensuite.

Angine herpétique, ou aphtheuse. — Elle s'accompagne d'une éruption d'aphthes à la gorge, dans la bouche, sur les lèvres ; sa durée est d'un septénaire ; quelquefois plus, par le renouvellement des aphthes.

Traitement. — Bellad., et M ercur-s. y puis Suif., et Arsen. Si l'affection tend à se prolonger au-delà d'une semaine, on lui applique le traitement de la stomatite aphtheuse.

Angine phlegmoneuse. — Fièvre intense et formation d'un abcès dans le voisinage d'une amygdale, avec symptômes de strangulation, impossibilité d'avaler quand la tuméfaction est à son plus haut degré, langue et amygdales recouvertes d'un enduit blanchâtre.

Traitement. — Bellad. et Merc-s. au début. — Dès que la douleur fixe pulsative, et la tuméfac-

tion progressive sur un point, décèlent la formation de l'abcès, on donne Hepars, et Apis-mel. — L'ouverture de l'abcès a lieu spontanément vers le huitième jour ; au besoin on la provoque par la pression des doigts portés dans la gorge. L'abcès ouvert, le malade n'éprouve plus aucun malaise et reprend ses occupations. Il se forme quelquefois un second abcès du côté opposé ; en ce cas, les accidents de l'angine se reproduisent pour se terminer de la môme manière sous l'influence du môme traitement.

Angine maligne, ou gangreneuse. — Quelquefois la fièvre est insignifiante, mais il y a toujours prostration, anxiété et exagération des symptômes locaux : gonflement, fétidité, coloration noirâtre de l'arrière-gorge et môme de la bouche, escharres gangreneuses.

Traitement. — Arsen. etLachesis sont les médicaments principaux. Quand le malade éprouve des défaillances et se refroidit on a recours à Moschus et à Phosph., sans abandonner pendant plus d'un jour l'emploi de Arsen. On ne doit pas cesser de faire prendre au malade des consommés et un peu de vin.

Angine couenneuse ou angine diphthéritique, croup. — L'angine diphthéritique ou couenneuse est particulière aux grandes personnes; chez les enfants elle constitue le croup. Cette sorte d'angine est caractérisée par l'inflammation de la muqueuse de l'arrière-gorge et particulièrement du larynx,

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par l'absence de douleur dans la déglutition, par l'engorgement des ganglions sous-maxillaires, par la production des fausses membranes, par une marche insidieuse, et par la contagion.

Chez les grandes personnes, l'angine couenneuse dans sa forme maligne, se traite comme l'angine maligne ou gangreneuse ; et, dans sa forme bénigne, comme \ angine pultacée à son plus haut degré d'intensité. Il ne nous reste qu'à nous occuper du croup : il présente les quatre formes -. bénigne, commune, putride ou gangreneuse et ataxique ou maligne; il est d'autant plus grave qu'il attaque des enfants plus jeunes ; et présente souvent deux périodes : une période angineuse, qui constitue une angine plus ou moins intense, suivie de la période croupale. La période angineuse manque fréquemment, alors la période croupale ou croup débute d'emblée.

Dans la forme commune, soit que le croup débute après Fangine, soit qu'il débute d'emblée, il est caractérisé par la toux rauque, sourde, croupale, en un mot; par la gène de la respiration, avec sifflement trachéal plus fort dans l'inspiration ; par l'apparition de plaques diphthéritiques dans l'arrière- gorge; par l'extension de ces fausses membranes au larynx et par leur reproduction facile, enfin par des accès de suffocation. A mesure que la maladie fait des progrès la toux disparaît, la voix devient inarticulée, le mouvement fébrile diminue, le malade tombe dans l'accablement et les accès de suffocation tendent à se rapprocher, à

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devenir continus. Quand ils s'éloignent c'est un bon signe. Dans la forme bénigne, tous les symptômes sont moindres, et les fausses membranes, limitées à la gorge, ne se reproduisent pas. Dans la forme putride, la prostration des forces se déclare de bonne heure ^et devient extrême, le gonflement des ganglions sous-maxillaires et de la gorge est considérable, des hémorrhagies se déclarent et il se forme des plaques gangreneuses. Dans la forme ataxique, on observe des symptômes malins, ou nerveux graves, une grande incohé* rence dans la marche de la maladie, des convulsions, le délire, le coma.

Traitement. — L'inflammation de la gorge qui précède quelquefois le croup se traite comme l'angine, suivant les symptômes; généralement par Bellad. et Merc.s, qui correspondent aussi à la tuméfaction des ganglions sous-maxillaires. Lorsque la période angineuse se prolonge on alterne Merc.s et Spongia, surtout en temps d'épidémie de croup. — Dès que la toux devient rauque, croupale, on donne Hepar-s et Spongia, successivement et à doses très-fréquentes, ils répondent à la diphthérie, aux fausses membranes ; cependant on a recours intercallairement à Moschus et à Sambucus, qui répondent au spasme de la glotte, à la suffocation. — Si la maladie marche lentement, il est bon, vers le 3 e jour, de revenir à Merc-s. que l'on alterne utilement avec Iodium. — Les phénomènes convulsifs, les accès de suffocation, l'angoisse

réclament Phosph. — Dès que des accidents gangreneux se manifestent, on a recours soit à Arsen. et à Phosph., qui répondent surtout à la prostration, aux plaques gangreneuses, aux hémorrhagies ; soit à Lachesis, qui répond aux mêmes symptômes et au gonflement énorme; soit à Carbo-v, qui répond aux symptômes d'asphyxie. — L'ataxie réclame Stramon, qui est adapté aux accidents cérébraux ; Phosph. 9 aux accidents paralytiques ; Secale-cor, aux convulsions, au refroidissement du corps, à la torpeur.

Dans le traitement du croup, il convient d'administrer les médicaments en potions, par cuillerées, toutes les demi-heures ou même plus souvent. Lorsque la maladie parait stationnaire, une dose de Sulfur. est quelquefois intercallée trèsheureusement. Nous ne parlons pas de la trachéotomie dont les indications et le procédé opératoire exigent toute la sagacité du médecin dans chaque cas particulier.

Angine granuleuse, ou glanduleuse, ou papillaire. — Elle débute comme l'angine catarrhale et passe à Tétat chronique avec des recrudescences plus ou moins fréquentes • Elle est caractérisée par des granulations développées sur la membrane muqueuse, dans ses glandules et ses papilles ; elle se combine souvent avec la laryngite granuleuse.

Traitement. — Le traitement du début et des recrudescences est le même que celui de l'angine catarrhale. — lodium et Sulfur. répondent aux

symptômes sub-aigus; — Caustic, Lachesis. et Hepars, à l'état chronique.

Angines symptomatiques. — Ces angines, qui accompagnent le rhume, les fièvres éruptives et diverses affections goutteuses, hémorrhoïdaires, rhumatismales, scorbutiques, syphilitiques, sont souvent éphémères.

Traitement. — Elles se combattent d'ailleurs par les moyens dirigés contre la maladie principale ; cependant Iquatia est quelquefois indiqué dans certains cas de névroses ; Cantharis, lorsqu'il y a sécheresse et ardeur ; Pulsatil, quand on reconnaît une métastase rhumatismale.

Laryngite. — Caractérisée par l'inflammation de la muqueuse du larynx. Comme l'angine, cette inflammation est tantôt simple ou essentielle, tantôt symptomatique du rhume, d'une fièvre éruptive, d'une diathèse. Dans la plupart des cas la laryngite est une extension de l'angine ; c'est ainsi que la laryngite diphthéritique constitue le croup dont il est question plus haut, bien qu'elle ait reçu quelquefois le nom inutile de trachéite. Nous n'avons à parler que des affections du larynx ayant des caractères et un traitement propres.

Laryngite simple, oucatarrhale. — Chaleur, rougeur et sécheresse du larynx; voix rauque ou aphonie, toux, parfois mouvement fébrile et difficulté de respirer; durée de une à deux semaines.

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Traitement. — Bellad. et Lachesis au début. — Cantharis, si l'ardeur et la sécheresse locales persistent — Hepar-s, lodium et Phosph. sont souvent nécessaires à la fin, et contre l'enrouement opiniâtre.

Laryngite granuleuse. — Elle débute comme la laryngite simple et passe à l'état chronique avec de fréquentes recrudescences, sous l'influence de la moindre cause irritante : l'exercice de la parole, l'air froid.

Traitement. — Bellad. et Lachesis dans la période inflammatoire ; — lodium et Bellad. dans les recrudescences. — Lachesis, Caustic et Hepar-s. conviennent ensuite à la sensibilité du larynx et à la douleur d'excoriation excitée par la parole, la toux, la respiration. Le traitement est souvent très-long, surtout chez les orateurs, les hommes d'affaires ; et Ton est obligé de combiner l'action de ces médicaments avec celle des affections concomitantes et de quelque maladie générale.

Laryngite tuberculeuse, ou phthisie laryngée. — Caractérisée par l'existence de tubercules au larynx. Elle constitue une affection scrofuleuse, qui présente certaine variété de symptômes au début, suivant le siège qu'occupent les tubercules. On la trouve toujours liée à la phthisie pulmonaire, qu'elle précède quelquefois, et que d'autres fois elle semble effacer par la prédominance de ses symptômes.

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Traitement. — Les médicaments du début sont ceux de la laryngite granuleuse. La maladie caractérisée réclame l'emploi des médicaments indiqués contre la toux, selon ses variétés, et l'usage prolongé de Spongia et Bryonia alternés, puis de Thuya et Sulfur. — En outre, Lachesis répond au gonflement du larynx, — Phosphor., à son extrême sensibilité, — Hepar-s. et Apis-mel sont adaptés aux crachats purulents (on a conseillé Coralia rubra et Bromum). Enfin cette affection, dont la gravité n'est pas moindre que celles de la phthisie pulmonaire, exige les mêmes soins hygiéniques et les mêmes moyens généraux qu'elle.

Laryngite striduleuse, ou faux croup. — Affection propre à l'enfance. Elle est caractérisée par des accès nocturnes de suffocation occasionnés par une disposition particulière de la glotte dans le jeune âge.

Traitement. — Bellad. et Merc.-sol sont aptes à calmer l'orgasme sanguin, l'inflammation locale et le mouvement fébrile. — Sambucus répond ensuite à la suffocation par accès, à l'inspiration sifflante, à la toux sèche.

Rhume. — Caractérisé par l'inflammation de la muqueuse des voies respiratoires. Le rhume est d'autant plus grave qu'il affecte des enfants plus jeunes ou des vieillards plus 'affaiblis. Il est souvent une affection de la scrofule, de la goutte et d'autres maladies ; c'est ce qui explique la variété

Alexis Espankt. '

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de ses symptômes et la longue durée qu'il a quelquefois.

Le rhume débute généralement par la courbature, le mal de tête, la sécheresse du nez avec douleur gravative à la racine. Les frissons se déclarent du deuxième au troisième jour, ils sont suivis de bouffées de chaleur et d'un mouvement fébrile qui s'aggrave le soir. Dès le troisième jour, et quelquefois dès le début, on observe le larmoiement , Tenchifrènement , le prurit du nez et l'écoulement d'un mucus limpide et irritant. Bientôt l'inflammation gagne les bronches ; la toux, d'abord sèche, devient grasse, et l'affection suit la marche d'une bronchite. Parfois le rhume se borne à la muqueuse du nez et de la gorge, parfois aussi il débute par les bronches.

Traitement. — Les fréquentes récidives de rhume chez certaines personnes doivent porter à user de moyens éprouvés pour la prévenir. Snlfur et Mercursol alternés remplissent ordinairement cette indication, on doit les employer aussitôt que l'on ressent les premiers symptômes du coryza. Mais si une impression de froid en a été la cause, il est bon de débuter par icontt pris le soir au moment du coucher, avec la précaution de provoquer la sueur. Lorsque les malades éprouvent plus habituellement de la sécheresse des fosses nasales au début, Nu&vom peut être préféré à Sulfur et Mercur-s. Ordinairement ces moyens font avorter le rhume en un ou deux jours.

PHLEGMASIE9 DBS MEMBRANES MTVQTJEUSES ill

Quoi qu'il en soit, Mercs répond à la douleur gravative vers la racine du nez, au flux séro-muqueux des narines, au prurit, à la chaleur, au mouvement fébrile s'aggravant le soir; — Nuxvom. à Penchifrènement avec sécheresse au début, à la douleur gravative, aux frissons fréquents; — Phosphor, aux symptômes de Merc.-sol et à l'extrême sensibilité ou froid. — Puisât, à l'accablement, à la sensation de froid interne, aux fris* sons. — Les autres indications sont les mômes que pour le catarrhe pulmonaire ou le coryza.

Les tisanes et les boissons aqueuses chaudes ne conviennent que tout à fait au début du rhume ; plus tard elles sont nuisibles par la moiteur qu'elles provoquent, parce que le malade, plus sensible, se refroidit plus facilement, ce qui éternise le rhume. Les personnes âgées, les scrofuleux usent utilement, après les premiers jours, d'un peu de vin chaud, puis de café.

Catarrhe pulmonaire. — Caractérisé par l'inflammation de la muqueuse des bronches. Lorsque cette phlegmasie comprend la muqueuse nasale, elle constitue le rhume; bornée aux bronches c'est une bronchite, que nous désignons sous le nom de catarrhe pulmonaire, lequel est aigu ou chronique.

Le catarrhe pulmonaire aigu est bénin ou grave. Dans la forme bénigne, il ne se prolonge pas audelà de cinq à huit jours : là fièvre est modérée, la toux sèche au début, l'expectoration de plus en

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