SOMNAMBULISME
Il s'agit ici de la névrose caractérisée par un sommeil contre nature, pendant lequel le malade parle, agit, marche et éprouve divers phénomènes nerveux : convulsions, spasmes variés, corybantisme, catalepsie, extase. Les convulsions et les spasmes consistent plutôt en secousses plus ou moins accentuées se produisant par accès ; le corybantisme est caractérisé par des sauts , des danses plus ou moins continues ou cadencées ; la catalepsie consiste en un état d'immobilité plus ou moins convulsive, avec diverses attitudes d'une personne qui médite, harangue, discute; l'extase, ou mieux l'extase pathologique , n'est qu'une espèce de catalepsie avec l'attitude méditative ou contemplative.
Traitement. — Indépendamment des médicaments indiqués par la maladie principale : hystérie, chlorose, helminthiase, on donne : Bryon et Phosph, quand le malade se lève, parle, agit avec un discernement apparent — Crocus et Aconit quand il éprouve des convulsions, rit, danse et regarde fixement — Chamom, et Mercur-s quand il garde une immobilité extatique — Secale-c, et Silicea quand il se livre à des mouvements convulsifs, à des marches périlleuses — Bellad. et Hyoscia. quand il éprouve un mélange de phénomènes somnambuliques et d'hallucinations — Lachesis quand l'accès
se termine par le coma. (Cicuta virosa a été conseillé, ainsi que Tarentula ; le premier contre la fixité du regard durant l'accès avec convulsions ou tressaillements ; le second contre le retour périodique des accès).
Les spasmes constituent une névrose caractérisée par des contractions involontaires de certains muscles de la vie de relation, et de ceux de la vie organique, par la répétition de ces contractions à intervalles inégaux, et par leur excitation sous l'influence des contractions volontaires. Tels sont les spasmes de la glotte, des paupières, des muscles de F œil, de l'œsophage, du diaphragme, du vagin, de l'anus, de la vessie, des bronches, des muscles de la phonation, du cœur et de l'estomac.
Spasme de la glotte. — Il affecte les enfants et se produit par des accès irréguliers de suffocation avec sifflement de la respiration. Les auteurs lui ont donné les noms divers de : asthme thymique, asthme de Kopp 9 asthme des enfants, asthme de Millar.
Traitement. — M oschus, puis Cantharis — Plalina et Chamom quand l'affection résiste — on a aussi conseillé Plumb, par son action élective sur les sphincters.
spasme des paupières, ou blépharospasme. — Il
consiste dans un clignotement fréquent et involontaire des paupières.
Traitement. — Crocus, Platina.
Spasme des muscles de l'œil. — Il consiste dans la divergence des yeux, l'un regarde en dedans quand l'autre regarde en dehors. Si les deux sont affectés ils peuvent tous deux regarder en dedans ou en dehors, c'est le strabisme convergent ou divergent.
Traitement. — Belladona et Cuprum — Hyociamus, Rhus et Spigelia ont aussi été employés avec succès. Le strabisme est fréquemment causé chez les enfants au berceau par quelque objet qui fixe leur regard à contre jour, ou trop près des yeux.
Spasme de l'œsophage, ou œsophagisme. — Déglutition difficile par accès, avec sensation de construction et symptômes d'asphyxie. La simple difficulté d'avaler a reçu le nom de Dysphagie.
Traitement. — Frictions, massage du cou ; manger lentement et mâcher parfaitement. Moschus par olfaction, dans les accès ; le môme médicament à Pintérieur durant les intervalles — on emploie aussi Ignat, Lachesis, Plumb — et enfin Canthar, Platina, Stramon, Chamom.
Boule hystérique. — Spasme qui donne la sensation d'une boule s'élevant de la matrice ou de l'estomac, vers la gorge, avec spasme de l'œsophage. C'est une affection hystérique.
Traitement. — Beiladona et Moschus — viennent ensuite Platina, Ignatia, Nux-vom. (On a aussi employé Valeriana et Asa fœtida.)
Spasme du diaphragme. — Il simule parfois le spasme de la glotte avec menace de suffocation à chaque accès, mais sans sifflement de la respiration. D'autres fois il consiste en une contraction brusque du diaphragme avec un bruit particulier*, appelé hoquet.
Traitement. — La simple compression du poignet, une émotion morale , une aspersion d'eau froide sur la figure, l'application d'un corps froid sur la nuque, suffisent ordinairement pour faire cesser le hoquet — Pulsatil, Beiladona, sont souvent utiles. Le spasme opiniâtre a quelquefois cédé à quelques gouttes d'esprit de camphre, à l'olfaction de l'alcali volatil, ou à l'emploi de dérivatifs.
Spasme du Vagin ou Vaginisme. — Ce spasme s'oppose quelquefois au rapprochement sexuel, par l'excessive sensibilité des parties. C'est un symptôme hystérique.
Traitement. — Ce spasme a quelquefois cédé à la dilatation forcée. Les bains tièdes et le massage sont utiles — Beiladona et Platina s'emploient en même temps, ou peuvent agir seuls.
Spasme de l'anus. — Il consiste dans une contraction excessivement douloureuse de l'anus dans les efforts de défécation. Ce spasme accompagne les fissures à l'anus.
Albxxs Espanet. 12
Traitement. — Plumb. et ïgnatia se montrent ^ordinairement comme spécifiques — Nitri-acid. et quelquefois Merc-cor, ont aussi été employés avee sucés.
Spasme de la vessie. — Il détermine par accès le lénesme de la vessie, avec difficulté plus ou moins grande d'uriner (Dysurie, Strangurie), et môme la rétention d'urine {Ischurie).
Traitement. —Massage du bassin. Cataplasmes émollients sur le ventre. Bains tièdes. — Les meilleurs médicaments sont : Nux-vom et Cantharis — quelquefois Belladona et Plumbum ont réussi — au besoin on peut donner une tasse de café noir.
Spasme des muscles de la phonation. — Ce spasme réside dans les musclés qui servent à l'articula* tion de la voix, et produit le bégayement. - . >
Traitement.*— Indépendamment de remploi prolongé de Belladona et Platina, on doit diriger l'exercice de la parole, soit en forçant la voix paF une déclamation méthodique, soit en parlant avec cadence, en marquant les syllabes par un mouvement, un geste. ;
Spasme du cœur. — Il détermine la syncope à un degré plus ou moins marqué, avec ou sans palpitations. Les palpitations sont .quelquefois accompagnées d'angoisse et de mouvements très-tumuK tueux du cœur (asystolie).. La syncope proprement dite est caractérisée par la cessation momentanées
de l'action du cœur, avec perte de connaissance et mort apparente; leur fréquence constitue Y état syncopal. A un moindre degré, avec conservation de la connaissance, on lui donne le nom de lipothymie. On l'appelle aussi évanouissement, défaillance.
Traitement. — L'aspersion d'eau froide sur la figure suffit dans les cas ordinaires — L'olfaction de YEther, de Y Acide acétique, de Y Alcali volatil est préférable dans les syncopes de l'anémie et dans les cas graves, avec suspension de l'action cérébrale sur le cœur; Y état syncopal se traite par Arsenic, Veratrum, lpeca. Cet état syncopal est un symptôme de la suette, des affections organiques du cœur ; les indications sont tirées de ces affections. On a vu des syncopes accidentelles se prolonger d'une manière inquiétante et ne céder qu'à l'application de chloroforme ou d'un corps brûlant sur la région du cœur. — Du reste, dans les lipothymies occasionnées par la joie, on donne Coffea cr. y — par la peur : Aconit $ — par une douleur : Chamom et Arsenic. — L'asystolie exige l'emploi de Aconit promptement suivi de Spigelia, — au besoin de Y Esprit de camphre ou de l'ifttoer par gouttes. (Tabacuma, été aussi proposé.)
Spasme de l'estomac. — Il détermine le vomissement. Ses causes sont une impression morale de dégoût, une vive émotion, une névrose.
Traitement. — Quand le vomissemenl se répète on peut recouru' à iYtw?-t?,et au besoin à Ipéca, à Chamom.
D'après l'axiome : Febris solvit spasmos, la fièvre dissipe les spasmes, il est quelquefois très-utile de provoquer une excitation sanguine. On peut donc, dans les spasmes durables, ou trop souvent répétés et réfractaires au traitement indiqué , employer YEsprit de camphre ou le Chloroforme > comme il est dit ailleurs.