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LE DEMI-BAIN

d'une serviette imbibée d'eau froide, on le place, ou, s'il n'est pas trop faible, on le fait asseoir, dans la baignoire qui contient de l'eau à 85'' F. (29,o°C.). L'infirmier bassine le visage et commence en même temps à frictionner le dos de la main gauche, tandis que, de la main droite, il projette de l'eau sur les épaules du malade au moyen d'un petit récipient à long manche (semblnble aux mesures qu'on emploie pour le lait). Pendant ce temps, le malade se frictionne lui-même la partie antérieure du corps avec les deux mains. On ajoute de l'eau plus froide, préparée à cet effet, jusqu'à ce que le malade ait froid. S'il claque des dents, on doit le retirer du bain. L'application'constamment renouvelée de l'eau etles' chocs successifs que reçoit le corps du fait de l'agitation de l'eau, ainsi que la friction, stimulent les nerfs périphériques et dilatent les vaisseaux superficiels. L'action réparatrice atteint l'organisme tout entier, plus intense que celle des ablutions. La pression que l'eau exerce sur le corps dans le bain complet manque dans le demi-bain; ce détail a une importance spéciale; en effet, la dilatation des vaisseaux superficiels est beaucoup moins favorisée par la pression de l'eau qu'elle ne l'est par les modifications sans cesse renaissantes de la température cutanée produites par le choc bref et répété de l'eau froide. D'autre part, il est plus facile de pratiquer des frictions sur le corps quand celui-ci nest pas immergé. Ainsi, l'action mécanique, qui est pour beaucoup dans l'efficacité d'un grand nombre de procédés hydriatriques, se trouve très accentuée dans le demi-bain. Si le malade est trop faible, il peut s'étendre dans la baignoire et s'abstenir de se frictionner lui-même; ou bien il peut passer de la position étendue à la position assise, de façon à se soumettre à une friction générale dans la première position et à l'arrosage opéré au moyen du seau dans la seconde. La température de l'eau sera abaissée à chaque bain de façon à éviter toute secousse inutile. Il est rarement nécessaire de l'abaisser audessous de 70'' F. (21,10 c ) g^ effet, de l'eau plus froide produirait dans les états subaigus des sensations douloureuses aux pieds, qui obligeraient à retirer le malade du bain. La principale objection que l'on puisse faire au demi-bain, dans l'opinion de Fauteur, est basée sur ce fait que les extrémités inférieures qui possèdent le pouvoir réactionnel le plus faible sont continuellement immergées dans l'eau froide, et qu'elles peuvent se glacer et devenir le siège de crampes pénibles, si elles ne sont pas soumises à des frictions.

13i PRATIiJLË DE L'HYDROTUÉRAriE

Indications thérapeutiques. — Le demi-bain, selon Winternitz, est de tous les procédés hydriatriqiies celui qui peut être le plus universellement utilisé, si l'on en possède bien la technique. Dans la période aiguë des fièvres, quand il n'y a pas de lésion organique, le demi-bain peut suivre l'ablution ou la remplacer. La petite quantité d'eau qu'il nécessite ninspire pas d'appréhension au malade; l'abaissement graduel et même rapide de la température de l'eau est à peine perçu; car l'agitation de l'eau empêche le refroidissement subit, et la friction provoque une réaction immédiate dans chaque région du corps. L'élévation de la température, dansun grand nombre de fièvres, en particulier dans celles qui ont une origine infectieuse, est due en partie à l'état de parésie dans lequel se trouvent les vaisseaux superficiels, état qui fait obstacle à l'émission du calorique par la peau; nous remplissons donc une des principales indications fournies par l'hyperthermie, en amenant la dilatation des vaisseaux, que donne à coup sûr unefriction succédant à une application énergique d'eau froide. Plus la soustraction de chaleur se fera lentement, plus sera persistant l'abaissement de la température de l'organisme. Dans le demi-bain, nous pouvons graduer la rapidité de la soustraction de calorique, en dosant convenablement la température de l'eau ei les frictions. Cependant, le demi-bain est moins utilisable que d'autres procédés dans les cas dont nous venons de parler; aussi ne nous arrêtons-nous pas à les mentionner longuement. Le demi-bain constitue plutôt une préparation à d'autres bains plus actifs, quand il s'agit d'obtenir un effet anti-fébrile.

Dans les maladies chroniques, quand le maillot humide, ou un autre procédé, a déterminé une dilatation des vaisseaux superticiels, l'intervention du demi-bain est nécessaire pour maintenir le tonus de ces vaisseaux. Dans ce cas, on remplit un quart de la profondeur d'une baignoire, soit, sur une hauteur de 23 centimètres avec de l'eau entre 90'' et So» F. (^32,2"- 29, o° C.) ; le malade et l'infirmier agiteront vivement cette eau avec les mains, suivant les règles que nous avons indiquées plus haut ; la durée de l'opération sera de six à dix minutes.

Lorsque le malade sort du demi-bain, on l'enveloppe d'un drap de grosse toile, que l'on a chautTé et placé à portée de la main, et on le sèche rapidement. Dans les maladies fébriles aiguës, on doit sécher le malade dans son lit ; on y dispose d'avance une couverture et un drap, et on opère comme il a été dit à propos des ablutions générales.

l'afklsion 1.3-

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