LE DRAP MOUILLE RUISSELANT
geur de la peau. Le malade, pendant les tout premiers jours, sort de l'opération fatigué, mais avec une sensation de bienêtre. Si la fatigue est très prononcée, on doit raccourcir la durée de l'opération, jusqu'à ce que le malade fasse preuve d'une résistance et d'un pouvoir réactionnel plus grands. Habituellement, il lui est possible de marcher, ce qui est un grand avantage. Quand il l'ait beau temps, il est indispensable
Fig. 23. — Drap mouillé ruisselant. Deuxième temps.
de faire s.uivre le traitement d'une paisiblepromenade; comme la respiration est plus ample, leâ poiimonsj absorbent ainsi une plus grande quantité d'oxygène.
Mode d'action. — Comme le drap mouillé enveloppe la surface tout entière du corps, l'excitation thermique qu'il produit est plus prononcée que celle que l'on obtient de l'ablution. Il
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excile les vaisseaux cutanés et les fibres musculaires de la peau; il les fait d'abord se contracter pendant un court instant, puis se dilater rapidement et complètement. Le va-etvient rapide et la pression de la main sur des régions limitées du corps recouvertes parle drap augmentent considérablement la dilatation vasculaire qui constitue la réaction. La friction amène ainsi, de l'intérieur à la surface cutanée, une grande quantité de sang.
Fig. 24. — Drap mouillé ruisselant. Le malade se retourne.
Des recherches physiologiques ont montré que les deux tiers de la masse totale du sang peuvent trouver place dans l'intérieur de la peau ; une bonne application du drap mouillé peu donc produire un effet dérivatif énorme.
Quand on répète l'excitation thermique, en versant de nouvelles quantités d'eau froide sur les régions que les mains du baigneur viennent de réchauffer par la friction, on en renou-
LE JjKAP mouille RUISSELANT
velle tous les résultats ; on obtient ainsi, dans les cas chroniques, des effets toniques, et, dans les cas aigus, des effets antifébriles dont la valeur est évidente.
Le docteur Storoscheff, de Moscou (1), a publié des observations intéressantes au point de vue pratique, sur l'effet du drap mouillé ruisselant. Il a constaté que ce procédé détermine un échauffement plus ou moins considérable de la peau, par-
Fig. 25. — Drap mouillé ruisselant. La friction.
fois assez intense pour que le drap émette des vapeurs. Cet effet tient sans doute à l'aftlux du sang dans les vaisseaux dilatés de la peau.
La respiration, d'abord haletante, devenait plus ample, puis s'accélérait. Gritzay, dans cinquante applications du drap ruis-
(1) Blatter fur klinische Hydrothérapie, n°^ 1 et 2, 1894.
loO PRATIOl'E DE l'hydrothérapie
selant, faites à seize infirmiers âgés de 21 à 24 ans, a vu l'intensité de la respiration diminuer dans trente-deux cas, rester la même dans neuf cas et augmenter dans trois. L'intensité de la respiration était déterminée à l'aido du pneumo-manomètre de Waldenburg. L'inspiration était augmentée dans quarantecinq cas, restait sans modification dans cinq cas; l'expiration augmentait dans trente-trois cas, était sans modification dans treize cas, était diminuée dans quatre cas. L'augmentation moyenne de l'inspiration dépassait celle de l'expiration.
Le nombre des battementsducœur était habituellement diminué. La tension artérielle était augmentée dans treize cas, non modifiée dans seize cas et diminuée dans trois cas seulement. L'élévation moyenne de la tension artérielle était de huit millimètres.
La température rectale était abaissée dans tous les cas. La force musculaire déterminée, pour les extrémités supérieures, à l'aide du dynamomètre de Berg, était augmentée, en moyenne, de 3,0 kg. Les tracés plétysmographiques montraient des ondes beaucoup plus basses figurées par des lignes obliques et des ondes secondaires plus distinctes.
Feit nous fournit le résultat d'expériences qu'il a faites, en vue de déterminer l'effet du drop mouille ruisselant sur la consommation de Vazote et l'assimilation des substances azotées de l'alimentation, chez quatre étudiants, âgés de 23 à 25 ans, qui furent soumis à une observation minutieuse pendant une période de vingt et un jours. L'auteur expose en détail la méthode qu'il a employée. On appliquait le drap mouillé, le matin et le soir. La consommation d'azote était augmentée dans tous les cas, au maximum de 31 pour cent, au minimum de i pour cant. L'assimilation des matériaux azotés était toujours activée. Vapprtit augmenta dans trois cas et diminua dans un cas. Le pouls se ralentissait, et restait plus lent pendant \ine heure. La respiration devenait plus ample et son intensité moyenne augmentait. La capacité vitale étudiée chez cinq femmes, était augmentée à la suite de l'application du drap ruisselant à 040F. (12,2'^ C).
En 1890, Everneelï a étudié lintluence du drap mouillé ruisselant sur l'assimilation des graisses chez des individus sains, âgés de dix-neuf à vingt-neuf ans. Bien que lappétit fût plus vif, on ne constata aucun changement appréciable dans Vassiviilation des graisses, estimée d'après les quantités excrétées d'acides gras, etc.