LE DRAP MOLILLÉ RUISSELANT
Indications thérapeutiques. — Le drap mouillé ruisselant peut être employé dans un grand nombre de maladies, en particulier pour remplacer la douche, que Ton ne peut avoir que dans des établissements spéciaux. On l'administre comme tonique dans la chlorose, l'anémie et la neurasthénie, comme dérivatif dans le catarriie intestinal, comme révulsif et fortifiant dans la mélancolie, Thypocondrie, les névralgies, entin dans les affections bronchiques et pulmonaires.
La simplicité et la souplesse de cette méthode la rendent particulièrement recommandable. C'est probablement le procédé le plus maniable que l'on connaisse. Le praticien peut augmenter l'excitation locale portant sur les nerfs et les vaisseaux cutanés, exactement dans la mesure qu'il juge nécessaire, simplement en tordant bien lé drap, en se servant d'un drap plus grossier, en abaissant la température de l'eau, en raccourcissant la durée de l'opération, en frappantle drap mouillé du plat de la main. On rendra plus énergique l'action antipyrétique de ce procédé en faisant absorber au drap une plus grande quantité d'eau; on la rendra plus intense encore en prolongeant l'application et en faisant de plus fréquents arrosages avec de l'eau plus froide^ ou encore en employant un drap de toile plus fine. La durée du drap mouillé doit être déterminée avec le plus grand soin. Il suffit de deux à dh: minute s, dans la plupart des cas, pour obtenir un effet tonique; mais il faut parfois de quinze à vingt minutes pour avoir un effet antipyrétique. Il va de soi que la sensibilité excessive de la peau dans les affections cutanées, ou une inflammation étendue en surface interdisent absolument l'emploi du drap mouillé. Adapter le drap mouillé, comme la plupart des autres procédés hydriatriques, aux différentes nécessités de la pratique demande de l'attention et du jugement; c'est dans cette nécessité qu'il faut chercher la raison pour laquelle les médecins les plus compétents, en France et en Allemagne, envoient leurs malades chroniques, que n'ont pas soulagés les médications ordinaires, à des collègues qui possèdent une connaissance spéciale de l'hydrothérapie, et confient entièrement à ceux-ci le traitement de ces malades. Une expérience étendue permet à ces spécialistes d'obtenir de leurs opérations, en y apportant des modifications qui peuvent paraître insignifiantes aux yeux des profanes, des effets vraiment curateurs, dans des cas oîi parfois ont échoué les moyens hydrothérapiques appliqués aA'ec moins de discernement.
152 PRATIQUE DE l'iIYDROTUÉRAPIE
Je désire, toutefois, qu'on ne me prête pas la pensée que le médecin praticien ne saurait traiter convenablement des cas de cette sorte par la méthode hydriatrique. Au contraire, le but de cet ouvrage est précisément d'aider ce médecin à entreprendre le traitement hydriatrique de ses malades chez eux, et de i^econnaitre les limites du traitement à domicile; car beaucoup de cas doivent nécessairement être envoyés aux établissements hydrothérapiques, oii l'eau ne serait rien si elle n'était appliquée scientifiquement.