‹ La pratique de l'hydrothérapieChapitre 28 sur 105 · TRAITE.ME.MS · texte numérisé non relu

TRAITE.ME.MS

Vugl

Yogi

Vogl

Bouvcret ....

Brand

Lirand

Wilson J.-G.

Wilson J.-G.

Vogl

Tuttle

Sililer

Barker

Borniug

Barucli

Mûrira

Tyson J

Tho mpson W.-H.

Usler

G i 1 m a n Thompson

Hôpital militaire de Munich (2<= divisionl 1882-1887.

Hôpital militaire, de Munich fi'^ division), 1880.

Hôpital militaire de Munich. 1882-1887.

Hôpital de la Croix- Rousse, Lyon, 1891.

Sources diverses

Les mêmes cas, en exceptant ceux qui n'ont pas été traités avant le cinquième jour.

Hôpital allemand , Philadelphie.

Hôpital allemand , Philadelphie .

Hôpital militaire de Munich .

New-York Hospital,

Clientèle privée

Clientèle privée

Clientèle privée

Clientèle privée

Australie

Bains froids plus rigoureusement appliqués et méd.antither micjues en moins grande abondance.

Bains froids

Bains froids

Bains froids. .

Bains froids

Bains froids

Bains froids

Bains froids

Bains à 15° C

Bains froids

Bains froids

Bains froids

Bains froids

Bains froids

Bains froids

University Hospital, Philadelphie.

Roosvelt Hospital , New-York , 1889-

Johns Ilopkins Hospital.

i\ew-York Hospital et Presbyterian Hospital.

Bains froids

Bains froids

Bains froids

Bains froids

256 PRATIQUE DE l'hYDROTIIÉRAPIE

11 dit en concluant : « Cette méthode met entre les mains du médecin un moyen de guérison très efficace ; et je ne voudrais pas me confier, si j'étais atteint de fièvre typhoïde, aux soins d'un médecin qui n'appliquerait pas les principes de Brand, pas plus que je n'accepterais d'être opéré par un chirurgien qui ne respecterait pas les principes de Lister. »

Depuis que j'ai, adopté l'emploi exclusif de la méthode de :Brand, j'ai traité environ 100 cas dans la clientèle privée et je •n'ai eu qu'un décès ; tandis que j'avais perdu 33 pour cent de îmes malades dans la dernière année, où j'avais appliqué l'expectation ou la médication antithermique. Les cas que l'on voit ■en consultation dans la clientèle privée sont trop avancés pour donner tous les résultats de la méthode. Celle-ci ne peut être appliquée avec toute la rigueur nécessaire à sa technique, parce que le pouvoir réaclionnel du malade n'a pas été entretenu par des opérations hydriatriques antérieures. Toutefois, une adaptation judicieuse de la méthode à chaque cas particulier donne des résultais encourageants (1 ).

Le tableau ci-dessus, que j'ai composé, en prenant soin d'éliminer toutes les statistiques douteuses, permet de juger d'un coup d'œil les mérites respectifs des différentes méthodes de traitement. Ces chiffres me frappèrent lorsque je les eus réunis, et j'espère que la leçon qui s'en dégage laissera une marque ineffaçable dans l'esprit du lecteur.

Raisons qui expliquent la supériorité du bain froid dans le traitement des maladies infectieuses. — Les statistiques nous -ont démontré la supériorité de la méthode de Brand; mais il est bon que les médecins ne s'en laissent pas imposer par de simples chiffres; les statistiques, on l'a objecté, ne constituent, en aucune façon, une preuve absolue de quoi que ce soit. Nous devons donc rechercher quelles sont les raisons de la supériorité du bain froid sur l'expectatiou et sur la médication antithermique. Je ne demande donc pas que Ton accepte, sans exiger davantage, les conclusions que j'ai avancées, bien qu'on ne puisse trouver dans l'histoire de la médecine un seul problème thérapeutique, dont la solution ait pu s'appuyer sur des statistiques aussi imposantes, provenant de sources aussi autorisées et aussi diverses.

(1) i^tuelques cas désespérés de fièvre typliuide traités par le bain froid, ■ou sans le bain. Médical Record, !"■ octobre 18'JO,

LE BAIN FROID AVEC FRICTION 2o /

On doit abandonner l'idée que V h] jper thermie est la principale cause déterminante de la mortalité dans la fièvre typhoïde. Puissions-nous bientôt nous dégager de cette erreur, pour le plus grand avantage des malades. Cette opinion erronée a contre elle les conclusions d'un grand nombre de cliniciens et des démonstrations expérimentales. Au nombre de celles-ci, se place l'étude pénétrante et claire sur la fièvre publiée par le professeur Welch, de Johns Hopkins University, dans ses Cartirrïrjht Lectures, en 1888. Cet auteur a examiné avec beaucoup de conscience et de jugement, dans son travail, tous les arguments qui parlent contre le rôle de l'hyperthermie dans les fièvres, en les appuyant par des données expérimentales et cliniques, qui doivent convaincre tout esprit impartial. Il ajoute ceci (1) : « On a le droit de conclure, semble-t-il, que l'affaiblissement de l'énergie cardiaque est moins l'effet de l'hyperthermie, que l'effet des autres perturbations qui l'accompagnent. La diminution de la transpiration, l'altération des fonctions rénales et les troubles digestifs (qui comprennent exceptionnellement la constipation)peuvent être également rapportés surtout à d'autres causes qu'à l'élévation de la température. L'expérimentation et l'observation clinique fournissent l'une et l'autre d'excellents arguments à l'appui de cette opinion, aujourd'hui acceptée de toutes parts, qui fait considérer les troubles intellectuels, que l'on trouve au premier plan dans le groupe des symptômes typhiques, comme relevant beaucoup plus de l'infection ou de l'intoxication que de l'hyperthermie. Même dans les états fébriles, tels que la fièvre typhoïde et la pneumonie, où l'élévation de la température est, sans aucun doute, un signe très* important de la gravité de la maladie, il n'existe aucun parallélisme entre la température, d'une part, et la gravité des symptômes, d'autre part; il en serait tout autrement si ces symptômes étaient causés par l'augmentation de la chaleur organique. ■>

Au cours d'une discussion qui eut lieu au sujet d'un travail sur les anlilhermiques. que j'avais eu l'honneur de lire devant l'Académie de Médecine de New- York, le regretté Dr Wesley Carpenter s'exprima ainsi : « J'ai eu l'occasion de me faire une opinion sur l'afTaiblissement du cœur et la dégénérescence de ses fibres musculaires, en examinant au microscope le myocarde dans un nombre de cas assez étendu ; j'ai constaté que

(1) Médical Record, 28 a\Til 1888.

Barlxh. — Hydrothérapie. 11

258 PRATIQUE DE l'hYDROTIIÉRAPIE

ces complications ne surviennent pas aussi fréquemment qu'on pourrait s'y attendre d'après la lecture des auteurs allemands. )^

D'autres travaux américains et étrangers nous apportent une confirmation du fait que nous venons d'indiquer.

On regarde donc aujourd'hui comme un fait établi que l'iiyperthermie, en dehors de l'infection, ne produit pas ces dégérescences graves qu'on lui attribuait précédemment; par conséquent, c'est dansle processus infectieux, et dans l'intoxication ptomaïnique qu'il entraîne, que nous devons chercher la cause des altérations organiques qui minent Téconomie et parfois causent la mort du typhique. Comme on la démontré dans le chapitre consacré au mode d'action de ce procédé, le bain froid avec friction combat avec le succès le plus remarquable ces efifets des agents infectieux et toxiques, dont nous ne connaissons pas encore la vraie nature. Un grand nombre d'excellents observateurs ont établi que la stimulation réflexe, que reçoivent les terminaisons nerveuses périphériques, relève l'énergie des centres qui commandent aux fonctions circulatoire, respiratoire, digestive, excrétoire et aux fonctions de nutrition; de cette façon, l'organisme peut éviter les dangers que ferait naître l'arrêt de ces fonctions.

Tel est, en résumé, l'effet du bain froid dans les maladies infectieuses. La simple réfrigération du sang ne joue qu'un rôle secondaire, important toutefois.

Cette action stimulante du bain froid sur les centres nerveux, dont nous venons de parler, augmente l'énergie du cœur, ce qui rend le pouls plus lent et plus régulier et la tension artérielle plus forte ; elle excite l'appétit et les fonctions digeslives, et permet un accomplissement plus parfait des phénomènes de la nutrition, elle ralentit les mouvements respiratoires et en augmente l'amplitude, obviant ainsi à la stagnation des sécrétions bronchiques et aux complications pulmonaires; elle active toutes les sécrétions, elle repose et fortifie le malade et met toutes les chances de son côté dans la lutte qu'il soutient pour son existence. Combien sont différents les effets de l'expectationouceuxdelamédication antipyrétique ! Certainement, ces traitements peuvent abaisser la température, mais ils n'exercent aucune action stimulante sur les centres nerveux et les sécrétions, sauf sur la sécrétion sudorale. Vinay (l),qui a fait d'excellentes recherches sur ce sujet, nous apprend que l'anti-

(1) Lyo7} Médical, i8S8.

pyrine n'atténuepas le délire, cequi se trouve confirmé parmes propres observations; elle n'augmente pas la quantité des urines, comme le faille bain froid, qui permet ainsi l'éliminalion d'élér ments nocifs. Cet auteur confirme également l'opinion de Vogl, en assurant que la convalescence est beaucoup plus courte, lorsque la fièvre typhoïde est traitée par les Jjains froids, car il se produit une augmentation de poids rapide. La kairine, la résorcine et l'antipyrine (1) diminuent l'excrétion de l'urée et des composés azotés ; elles réduisent donc l'excrétion par les reins des produits pathologiques, tandis que les bains l'augmentent. Chez les sujets qui succombent après avoir été traités par l'antipyrine, le foie est plus lourd que chez ceux qui ont été traités par les bains froids. Ce fait a été confirmé par le Dr Porter (2), qui a constaté que les médicaments antithermiques déterminent une dégénérescence granulo-graisseuse du foie et des reins. En outre, l'antipyrine n'exercé aucune action favorable sur la circulation, tandis que le Ijain froid modifie très heureusement cette fonction.

Cette question a été discutée, il y a quelques années, au Congrès de Thérapeutique de Paris, sur la demande de Dujardin-Beaumetz. Lépine a indiqué, à cette occasion, qu'il estimait, d'après des recherches concluantes, que les antithermiques, dont l'action sédative sur le système nerveux est si manifeste, agissaient en inhibant l'activité du protoplasme; ils exercent leurs effets destructeurs surtout sur les globules rouges, soit en transformant l'hémoglobine, soit en altérant la structure même de la cellule; ils agissent comme des poisons à l'égard du protoplasme. Desplats, favorable à l'emploi des médicaments antithermiques dans les fièvres de courte durée, recommande, d'une façon catégorique, l'emploi exclusif du bain froid de Brand dans les fièvres prolongées, qui ont une tendance à ladynamie ou à l'ataxie. Stokvis et Semnola considèrent les antithermiques comme des médicaments dangereux. Semnola croit que tout ce qu'ils peuvent donner d'agréable au malade lui est accordé aux dépens de ses forces.

Les opinions sont toutes différentes, lorsqu'il est question delà méthode de Brand; car ce mode de traitement est de beaucoup plus efficace, même dans certaines formes anormales de la fièvre typhoïde.

Il) Suivant Jacubowi tell, /a/i;'6î<c/« /V/r Kiiidei'li.eUleunde,\].%io, et d'autres auteurs.

(2) Sew York Médical Journal, 30 juillet iSSl.

260 PRATIQUE DE l'hYDROTHÉRAPIE

Le D'^ Shattuck (1), professeur à l'Université Harvard, fait remarquer que le bain froid tel qu'on l'applique, modifié et atténué, aux Etats-Unis, ne peut fournir des résultats comparables à ceux delà méthode de Brand rigoureusement appliquée; il laisse encore subsister, en effet, une mortalité de 10 pour cent.

Le Dr Horatio C. "SVood, professeur de Thérapeutique à l'Université de Pennsylvanie, s'exprime ainsi au sujet de la méthode de Brand : « Je ne doute pas qu'un grand nombre de personnes, qui ont succombé à la fièvre typhoïde aux Etats- Unis, n'auraient été sauvées si les médecins américains avaient triomphé de l'opposition des profanes et de leurs propres préjugés. »

Le D'' Blackader (2j donne la relation d'une épidémie de fièvre typhoïde chez des enfants causée par l'usage de lait infecté à Montréal. On traita 53 cas à Ihôpital, et 29 cas dans la clientèle privée. Dans le plus grand nombre des cas on administrai bain froid toutes les fois que la température atteignit 103,2° F. (39,o"C.).Ondonnaitau bainuneduréededix minutes, et on le renouvelaittouteslestroisheures. L'auteur est convaincu de la grande valeur du traitement par les bains froids et les bains frais; il demande surtout à ce procédé de relever l'énergie cardiaque, et d'activer les fonctions respiratoires et sécrétoires. Le système nerveux de l'enfant réagit au bain froid avec plus de rapidité , cette rapidité est en raison inverse de làge. La température, la durée, et le nombre des bains doivent s'adapter à chaque cas particulier; en règle générale, on donne aux enfants des bains un peu plus chauds qu'aux adultes. Tandis qu'un bain à la température de 68° F. (20° C.) de 15° F. (23, 8° C.) même, peut déterminer un choc considérable chez l'enfant, un bain à 89" F. (31, 7^ C.), progressivement refroidi jusqu'à 85'^ F. (29. 4°C.). n'amène jamais de collapsus. Plus la maladie est avancée, plus la température du bain peut être basse. Lorsque la température est inférieure à 102,5° F. (39,1° C.j, l'administration quotidienne d'un ou deux bains froids favorise les fonctions cardiaques et hâte la convalescence.

Juhel-Renoy (3), le regretté médecin parisien, prétend que, -chez les vieillards mêmes, le seul traitement efficace est le bain

(i) Boston Médical and Surgical Journal, 1894, p. 00+ .

(2) Archives of Psedialrics, septembre 1900.

(3) Builelin de Thérapeutique, 1893, p. 530.

LE BAIN KROIl) AVEC FRICTION 261

froid, dont il a obtenu des résultats si merveilleux parfois, qu'ils méritaient le nom de résurrections.

Le D'H.-A. Hare, professeur de Thérapeutique au Jejferson Médical Collège {i), dit qu'aucune fièvre ne peut résister au bain froid. « Le bain froid est un ag-ent de guérison devant lequel toutes les autres méthodes doivent s'effacer. »

Le professeur Gerhardt a ouvert son cours de l'Université de Berlin, à la fin de 1896, par une leçon sur « le pronostic de la maladie », dans laquelle il dit que le pronostic de la fièvre typhoïde a été transformé par le traitement, car le bain froid de Brand a abaissé la mortalité de cette maladie au quart de ce qu'elle était auparavant.

On a démontré que le bain froid constitue un traitement antifébrile, tandis que les médicaments antithermiqiies ne sont rien de plus qu' antithermiques ; la supériorité du premier est .donc bien établie.

Liebermeister et Ziemssen défendent le traitement mixte. Ziemssen, qui est un des partisans les plus convaincus du bain froid (mais sans considérercelui-ci comme un simple agent antithermique), regarde le bain progressivement refroidi comme la méthode la mieux adaptée aux exigences de la clientèle privée, en convenant que les résultats obtenus par Vogl et par d'autres, dans l'exercice de la médecine militaire, ne laissent rien à désirer, Liebermeister a, jusqu'à ces tout derniers temps, insisté sur l'emploi du bain froid comme agent antithermique pour amener une rémission de la fièvre ; il administre de la quinine afin de rendre cette rémission plus durable. Par contre, Naunyn prescrit des bains plus tempérés, mais rejette toute médication antithermique.

Au quatrième Congrès international de Médecine (1885), d'éminents cliniciens ont exprimé sur le bain froid une opinion presque unanime. Jusqu'il ce que nous ayons découvert un agent thérapeutique spécifique contre la fièvre typhoïde, on doit préférer le traitement par le bain froid ; car il atténue ou fait cesser les effets des agents pathogènes plus sûrement qu'aucun autre; les médicaments antithermiques n'agissent que sur l'hyperthermie, mais ils ne sont pas susceptibles de modifier, comme le bain, le processus fébrile. Fielehne, Liebermeister, Jacksch, Slrumpell,Bossbach, Heubner, Jurgensen, Bamberger prirent part à cette discussion et leur inter-

(1) Fever : Pathology and Treatraent by Antipyretics.

PRATIQUE DE L HYDROTnERAPIE

vention amena une réaction décisive en faveur du bain froid, qui était exposé à se voir détrôner par les médicaments antithermiques.

Degré de certitude des données statistiques. — Berlin possède un service de statistique qui examine avec soin toutes les statistiques concernant la médecine. En 1887. Gutt stadt. qui en était le censeur, s'exprimait ainsi dans une communication faite à la Société de Médecine interne de Berlin : « Un important facteur de la diminution de la mortalité réside dans l'efficacité plus grande de la thérapeutique que l'on applique à l'heure actuelle, en particulier de la méthode de Brand ».

On trouve de précieux renseignements dans les rapports remarquables du D"" A. Vogl, médecin en chef de l'hôpital militaire de Munich, pour expliquer les raisons de la supériorité du traitement par le bain. Cet auteur a réuni toutes les observations des cas de fièvre typhoïde, au nombre de 8.325, traités dans cet hôpital pendant 47 ans, en exposant les détails du traitement, les constatations nécroscopiques et d'autres indications intéressantes. Le tableau suivant montre les résultats d'ensemble de ce travail. Toutefois, la remarque la plus intéressante qu'il permet de faire est celle que nous allons exposer. Jusqu'en 187.'3 on appliqua deux méthodes de traitement diflTérentes dans deux quartiers différents de l'hôpital.

R£i\SElGx\E.MENTS

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