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SONDE RÉFRIGÉRANTE DE GOLDENBERG

Le Dr H. Goldenberg (1) a imaginé un instrument spécial pour le traitement de la prostatite.

« L'appareil original d'Artzberger, destiné au traitement des hémorroïdes, est très utile quand on l'applique au traitement de la prostatite; si on l'emploie dès le début de l'affection, aucun cas ne va jusqu'à la suppuration. Mais sa forme rectiligue a parfois des inconvénients.

« Le malade se place dans le décubitus ou s'assied sur le bord d'une chaise. II peut introduire lui-même, avec facilité, la sonde réfrigérante, parce que celle-ci a une forme recourbée et qu'elle est munie d'un manche assez long. Lorsque l'instrument est en place, sa présence n'est pas désagréable au malade, même dans les cas aigus. Dans ces derniers, il est indiqué d'employer Teau glacée d'une façon prolongée; dans les cas chroniques, il est préférable de se servir d'eau aussi chaude que le malade peut la supporter. «

Le D^' Robert G. Kemp (2) a imaginé un réfrigérateur rectal

(1) Journal of Cutaneous and Genito-Urinary Diseases, mai 1896.

(2) American Meclico-Surgical Bulletin, 26 septembre 1896.

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(rectal cooler) fort ingénieusement construit, qui semble supérieur à l'appareil allemand, lequel, constitué par une vessie, manque de force et de stabilité. En se servant de cet appareil, on peut faire des applications froides ou chaudes sans mouiller le malade. L'instrument supporte bien la désinfection à l'acide phénique. On peut employer le sac de caoutchouc de cet appareil comme boule d'eau ordinaire, en bouchant les orifices, après l'avoir rempli d'eau.

On a employé, depuis longtemps, la vapeur d'eau bouillante comme agent thérapeutique, en vue de ramollir les fausses membranes dans le croup, de calmer l'irritation de la muqueuse congestionnée dans la laryngite et le faux croup. On obtient de la vapeur au moyen d'une bouilloire spéciale, que l'on place auprès du lit du malade. On recouvre le lit d'une sorte de dais formé de plusieurs draps fixés sur un cadre. Il est habituellement nécessaire d'employer plusieurs bouilloires; on entretiendra sous ces récipients la flamme d'une lampe à alcool, ou mieux, d'un bec de gaz ou d'un bec Bunsen. On fait passer sous le dais la vapeur produite, au moyen de tuyaux de caoutchouc ou de tubes de fer blanc; ces derniers sont préférables. Cette méthode de traitement, qui est en usage depuis l'époque de Trousseau, constitue encore un adjuvant efficace, que l'on peut utiliser dans les cas graves, ou comme un moyen d'empêcher l'inflammation laryngée de produire des fausses membranes. Tous les médecins qui ont une certaine pratique ont pu observer le grand soulagement qu'apporte au malade celte simple opération.

La vapeur a encore une autre application fort utile : c'est l'emploi qu'on en fait dans la douche écossaise, dont il est question dans différents endroits de cet ouvrage. Dans ce cas, la vapeur doit être produite, sous une pression peu élevée, par une chaudière parfaitement réglée. On aura soin d'éviter d'employer, au début d'une douche de vapeur, un jet contenant de la vapeur condensée.

Jansen (1) prétend que la douche de vapeur diminue la sensibilité faradique de la peau, et que cette sensibilité se rétablit sous l'intluence d'une douche froide, ce qui explique pourquoi

|ll Miinchener med.Woclienschrifl, l'J04.

la douche de vapeur écossaise est plus active que la douche écossaise ordinaire, qui fait succéder l'eau froide à l'eau chaude, et non au jet de vapeur.

Emploi de la vapeur comme styptique. — Celte nouA'elle application thérapeutique de la vapeur d'eau a été imaginée par le professeur Snegirjow, qui en a décrit la technique dans le quatrième volume des leçons de thérapeutique clinique du professeur Sacharjin. Snegirjow a, tout d'abord, employé la vapeur comme styptique dans les affections de l'utérus, en opérant de la manière suivante (1 1.

Après dilatation du col (sans aneslhésie) et curettage de l'utérus, on introduit dans la cavité utérine une sonde possédant de nombreuses ouvertures à son extrémité distale. L'autre extrémité de l'instrument est reliée au bec d'un vaporisateur. La vapeur est à une température de 100° C. Son action styptique et cautérisante est déjà remarquable au bout d'une minute ou d'une minute et demie ; un liquide brun comme du bouillon s'écoule de la sonde.

L'opération est indolore. On a étudié les effets qu'elle produit sur l'utérus en soumettant à ce traitement un utérus que l'on se préparait à enlever et en l'examinant après l'ablation. La muqueuse de l'organe était comme rôtie; elle était recouverte d'une mince pellicule blanche. L'opération faisait entièrement disparaître toute odeur dans les sécrétions, et la sensibilité de l'utérus.

En outre de ces effets caustiques, anesthésiques et désodorisants, la vapeur possède encore une action désinfectante et antiseptique, qui en fait un agent thérapeutique précieux.

L'emploi de la vapeur est particulièrement utile dans les hémorragies des organes parenchymateux ; à ce point de vue, ce procédé est assuré d'un brillant avenir.

Le professeur Snegirjow a pu réséquer des parties du foie, du poumon et des reins chez l'animal, en se servant de la vapeur, sans provoquer d'hémorragies.

Malgré que la sapeur paraisse avoir une action corrosive, la réunion des tissus se fait par première intention. C'est ce que l'on a pu constater, non seulement chez l'animal, mais encore chez un homme auquel on pratiquait une laparotomie.

(Il J. Jaworski, Monatschrift filr praktische Wasserheilkunde, janvier

Baruch. — Hydrothérapie. 26

i02 PRATIQUE DE l'ïïYDROTHÉRAPIE

On s'est encore servi de la vapeur pour arrêter l'hémorragie au cours de la résection du genou, que l'on exécutait sans employer la bande d'Esmarch ou de ligatures; dans l'amputation d'un sein carcinomateux; dans l'ablation de tumeurs de la peau (carcinomes, lipomes, angiomes) ; dans l'amputation du col ; dans une myomotomie.

Jaworski a étudié l'action de la vapeur sur du sang coagulé, qui avait été prélevé chez un urémique. Lorsqu'elle eut agi pendant quelques minutes sur le caillot, la surface de celui-ci se couvrit d'une mince pellicule, qui augmenta au point d'atteindre une épaisseur de plusieurs millimètres au bout d'un instant.

On a pu mener à bien plusieurs opérations, en se servant de la vapeur fournie par un appareil de Siegel et par un appareil à distiller, et amenée au point voulu par une sonde à double courant pourvu d'orifices multiples.

M..., 25 ans; faiblesse et misère physiologique ; avortement avec métrorragie; écoulement persistant depuis cinq semaines; utérus augmenté de volume, en antéflexion, mobile; orifice externe du col béant ; orifice interne moins large. L'utérus contient beaucoup de sang. Diagnostic : Utérus en subinvolution, endométrite (déciduale), métrorragie consécutive à un avortement. On fait un cureLtage de l'utérus et on applique la vapeur suivant la méthode de Snegirjow. L'introduction de la sonde cause une légère douleur ; mais celle-ci cesse après quelques secondes. On fait durer l'application de vapeur cinquante secondes. Au bout de quelques secondes, il sort de la sonde un liquide brun foncé, comparable à du bouillon; en même temps on perçoit une odeur tout à fait particulière, que l'on ne saurait décrire.

D'autres observations indiquent des résultais aussi favorables; le traitement fait cesser les pertes, les hémorragies, fait disparaître l'odeur, les douleurs.

Il importe d'employer de la vapeur sèche, surchauffée. Pour donner les meilleurs effets, elle doit avoir une température de 130-300° G.

En appliquant la méthode de Snegirjow, Ludwig Pincus, de Dantzig, a constaté l'efficacité des applications de vapeur à lOO^* G. (1). 11 « se sert d'un appareil à inhalation ordinaire, muni d'une soupape de sûreté. Le tuyau de dégagement de la vapeur doit être un peu plus large que dans l'appareil commun.

(1) CeniralhlaH fur (iynakologie, iSH.j, n" 11.

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A rextrémité de ce tuyau, on adapte un tube de caoutchouc long de cinquante centimètres. On Uxe à celui-ci une sonde dont rexlréniité est pourvue d'un grand nombre d'orifices, et qui doit être munie d'un manche quelconque, permettant de la manier lorsqu'elle est très chaude. On porte à l'ébullition l'eau contenue dans l'appareil, puis on éteint la lampe. On introduit alors la sonde dans l'utérus, et l'on rallume ensuite la lampe. »

Ludwig Pincus s'est servi de cet appareil pour traiter :

1'^ Un cas de carcinome de l'utérus avec hémorragies profuses, pertes fétides, et douleurs intenses du bassin ;

2° Trois cas d'endométrite cervicale avec perles abondantes.

Dans le cas du carcinome, les hémorrragies et les pertes s'arrêtèrent complètement après plusieurs applications de vapeur. Au bout d'une minute ou deux, il se produisait un écoulement de caillots et de débris par le col. Dans les cas d'endométrite., l'auteur constata que le col devenait plus large et que les pertes et les hémorragies étaient constamment diminuées. L'opération ne causait aucune douleur. Dans un seul cas, il se produisit des coliques utérines.

Diïhrssen (fig. 65) énumère de la façon suivante les indications de l'emploi de la vapeur en gynécologie. On l'emploiera :

1'^ Comme hémostatique. a.xec succès, dans les cas d hémorragies utérines survenant après la ménopause en dehors des tumeurs malignes. L'application de vapeur a une action curative dans les hémorragies irrégulières qui surviennent au cours de l'endométrile catarrhale, végétante ou hémorragique. Elle agit comme un palliatif dans certains cas de tumeurs fibreuses ou de cancers inopérables qui donnent lieu à des hémorragies;

2° Comme caustique. Lorsqu'on laisse la vapeur agir pendant un temps suffisamment prolongé, elle arrive à détruire la muqueuse utérine, même au point d'amener l'occlusion de la cavité uti-rine ;

3'^ Comme bactéricide, son action est très efficace dans le traitement des endométrites gonococciques, et des endométrites infectieuses d'origine puerpérale ;

A° Pour réduire le volume de Cutérus en subinvolution. On s'est souvent servi avec succès de la vapeur pour obtenir ce résultat ;

o° Dans le traitement des trajets fisluleux qui sont le siège de suppurations chroniques. On a rapporté des cas de guérison de fistules abdominales qui persistaient depuis plusieurs années et qui avaient résisté à tous les autres traitements;

PRATIOL'E UE L HYDROTIIERAI'IE

6° Comme moyen ■préventif dans les cas de cancer de Culérus au début. Dûhrssen recommande hautement dans ces cas l'emploi de la vapeur. Il soutient, avec Billroth, Thiersch, et Waldeyer, que le cancer se développe seulement aux dépens des éléments épithéliaux, et que les applications de vapeur, amenant

picr. 65, — Vaporisateur de Dûhrssen pour les applications locales de vapeur.

la destruction de répithélium utérin tout entier, dont les débris nécrosés sont ensuite expulsés, empêche le progrès ultérieur de la maladie. D'après le professeur Diihrssen, on obtient les meilleurs résultats, quandon emploie la vapeur dès qu'apparaît une perte révélatrice d'un cancer au début.

Comme cette méthode se justifie au point de vue théorique et au point de vue bactériologique, il me semble qu'elle pourrait être essayée dans les cas dendométrite puerpérale.

Le D' Otto Kiliani a examiné l'utilité des applications de vapeur dans le traitement des hémorragies graves qui surviennent parfois dans les opérations de cholécystectomie, après qu'on a séparé la vésicule biliaire du foie, qui se déchire dans certains cas (1). Ces hémorragies peuvent être mortelles, en particulier chez les obèses. Elles sont toujours plus à craindre chez les cholémiques. A la suite de la publication des travaux russes, le D^ Kiliani, qui avait l'occasion de pratiquer fréquemment des opérations sur la vésicule biliaire, entreprit des recherches expérimentales sur des lapins. Il met un rein à nu, le sectionne par le milieu et arrête instantanément l'hémorragie au moyen de la vapeur. Puis il extirpe le rein et arrête l'écoulement de sang qui se fait par l'artère et la veine rénales. Il ferme la plaie abdominale par une suture superficielle et l'animal guérit complètement. Le processus de coction des tissus, que détermine la vapeur, ne met pas obstacle à la réunion par première intention. L'action de la vapeur sur les tissus est lente à se produire, la coagulation qu'elle cause est superficielle. Pour arrêter l'hémorragie provenant d'une blessure grave de l'artère fémorale d'un chien, on fit agir la vapeur pendant trois quarts de minute.

Le D'" Kiliani a imaginé un appareil très simple. Il a fait agir la vapeur comme styptique dans une opération sur la vésicule biliaire et dans deux interventions pour abcès du foie ; il a trouvé son emploi très utile. Dans un cas d'abcès du foie, il eut à faire une incision profonde de cinq centimètres dans le tissu hépatique, et put, au moyen de la vapeur, rendre la section absolument exsangue. En outre du danger d'être brûlé auquel une manœuvre maladroite expose le malade ou l'opérateur, l'emploi de la vapeur présente un inconvénient capital: elle donne à tous les tissus qu'elle atteint un aspect de viande bouillie, et empêche ainsi qu'on ne distingue les différents tissus les uns des autres.

Emploi de la vapeur dans le traitement des maladies de la peau. — Libersohn (2j est le premier qui ait cherché à utiliser systématiquement la vapeur dans la pratique dermatologique,

(l)iN'ei/' Yorker medicinische Monatschrifl, février 1897. (2) Klinisch-therapeu Usche Wochensc/irifl, 18, 1899.

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en vue de laquelle il a construit un appareil ingénieux. Cet auteur a publié un grand nombre de cas d'eczéma, d'acné, de lupus vulgaire et de lupus érythémateux, d'ulcère de jambe. de sycosis. qu'il a traités avec succès par des applications locales de vapeur soigneusement faites.

Fodor {loc. cit.) a constaté que la s'apeur constituait un excellent moyen de traitement dans des cas d'eczéma, qui avaient été traités sans succès par les dermatologistes les plus compétents. Il appliquait le traitement une fois par jour au début, puis tous les deux jours, pendant cinq minutes sur chacun des points malades. On interrompait lapplication, lorsque la région présentait de l'œdème ou une rougeur marquée, on séchait la peau, on l'oignait de vaseline ou de lanoline et on la poudrait- Les cas graves de prurigo étaient soumis immédiatement au traitement par la vapeur; les points indurés et couverts de squames se modifiaient, la peau devenait souple, et la maladie était guérie au bout de six semaines. Pour pratiquer cette méthode, Fodor a créé un appareil spécial (1), qui consiste en une petite bouilloire de métal et une lampe à alcool. Un petit tube métallique incurvé, que continue un tuyau de caoutchouc long d'un mètre, conduit la vapeur à la région malade. Le tuyau de caoutchouc se termine par un tube de verre court (contenu dans une poignée en bois) par où sort la vapeur. Il est bon d'obturer une partie de la lumière de ce tube au moyen d'un morceau de liège, afin de diminuer le jet de vapeur et d'arrêter la vapeur condensée qui pourrait produire des brûlures. On évitera également cet accident, en renversant de temps en temps vers le sol le tube de verre, afin d'en faire couler l'eau qui s'y est condensée. On commence par lancer un petit jet de vapeur dune distance assez grande; puis on se rapproche progressivement de la surface traitée. On doit essuyer fréquemment l'eau de condensation, qui se dépose sur la peau.

Les engelures ont été souvent traitées avec succès au moyen de l'air chaud et de la vapeur. Bier (2i affirme que ces applications font disparaître immédiatement la tuméfaction, la douleur et la cuisson et amènent une cicatrisation rapide des ulcérations.

Je n'ai pas eu l'occasion de me faire une opinion sur le.s

(Il Blâller f. Idin'isclie Hydrofherapie, juin 1901. (2) Zeitsclir'ift fur Chirurgie, ;J8, 1901.

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applications de vapeur; j'en ai exposé les avantages, afin de bien montrer quelle est la souplesse de cet agent thérapeuti- (jue que constitue l'eau, afin de mettre en évidence ce fait que Feau peut être employée utilement sous toutes ses formes, depuis l'état de glace jusqu'à l'état de vapeur.

On a constaté, dans le service de clinique de Goldscheider, que la vapeur surchauffée produit le meilleur effet sur les escarres du décubitus, qui résistent à tous les autres traitements. Schlesinger se sert de l'appareil de Diihrssen, que nous avons décrit ci-dessus, pour appliquer la vapeur surchauffée; on la projette d'une distance de 10 centimètres, pendant cinq à dix minutes, sur les escarres, en particulier sur les bords de celles-ci, qui présentent habituellement des granulations récentes. On doit protéger les régions voisines avec du coton ou avec un onguent. On obtient, par ce moyen, outre une désinfection de la plaie, une hyperémie active qui stimule le bourgeonnement des tissus. On peut faire une application par jour, au début; on espacera les applications suivantes, à mesure que l'étendue de l'escarre diminuera.

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