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CHAPITRE YIII USAGE INTERNE DE L'EAU

Il n'est pas d'idée qui soit mieux établie dans l'esprit des médecins que la croyance que l'ingestion de grandes quantités d'eau, quelle que soit la température du liquide, détermine la diurèse, entraîne les produits pathologiques, purifie l'organisme par quelque procédé mystérieux. Ce n'est pas là un fait démontré, cependant. Il est vrai que, chez des individus enbonne santé, dont l'appareil vaso-moteur et les fonctions circulatoires sont intacts, l'ingestion d'une grande quantité d'eau peut amener une augmentation de la sécrétion urinaire. Mais, avec les malades atteints d'insuflisance cardiaque ou rénale, il faut être très prudent, comme Oertel l'a montré depuis longtemps. Glax (1 et d'autres auteurs ont établi que l'augmentation de la diurèse relève plus de la température que de la quantité de l'eau ingérée — aussi bien dans l'état de santé que dans la maladie. J'ai souvent eu l'occasion, en clinique, de vérifier l'exactitude de cette opinion. De même que l'effet d'une application hydriatrique externe diffère suivant la température (et le volume) de l'eau employée, de même l'usage interne de l'eau donne des résultats différents suivant la température du liquide; dans l'un et l'autre cas, en effet, c'est une action sur la circulation locale qui se produit tout d'abord. On doit avoir présente à l'esprit cette notion, toutefois, que l'un des cas comporte des conditions qui n'existent pas dans l'autre.

1° Pour la peau, la température est indifférente à 92" F. (33,3° C), tandis que, pour les muqueuses internes, la température indifférente est à IKS.O" F. (37^ C.) ou au-dessus;

2° On peut régler à volonté la durée du contact de l'eau avec la peau, tandis que la durée du contact de l'eau avec

(1) Lelirbucli der Balneotherapie, 1891.

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Testomac est limitée par la tolérance et la capacité de cet organe, qui peut l'évacuer rapidement.

On obtient facilement une réaction locale par l'ingestion d'eau, en vertu de cette loi hydrotliérapique qui fait que le choc bref de l'eau très froide ou très chaude produit une action locale plus marquée que l'application prolongée de l'eau à une température voisine de la température indifférente. Glax donne l'analyse de recherches qui démontrent que le pouls normal se ralentit, diminuant de six à trente pulsations par minute, quand on ingère un litre et quart d'eau à 43" F. (6,1" C), par doses d'im quart de litre prises toutes les six minutes, et que l'ingestion d'eau chaude amène une accélération du pouls, qui augmente de dix à seize pulsations.

L'ingestion de quantités modérées d'eau froide non seulement diminue la fréquence du pouls, mais accentue sa force et augmente le tonus artériel, tandis que l'ingestion d'eau chaude relâche les tuniques artérielles.

Glax présente une série de courbes intéressantes, enregistrées au moyen du cylindre élastique de Marey, qui renseignent sur les mouvements respiratoires, en même temps que des tracés sphygmographiques montrent l'état du pouls. On voit clairement, d'après ces courbes, que :

1" La tension artérielle s'élève immédiatement après l'ingestion d'eau froide; il est probable que l'inspiration profonde, qui se produit sous l'influence de l'eau froide avalée, contribue à ce résultat ;

2'^ Le nombre des pulsations commence à diminuer sensiblement au bout de trente secondes, mais il ne se produitpas à ce moment une augmentation marquée de la tension ; il arrive même parfois que le dicrotisme est plus prononcé ;

3° Quelques minutes après l'ingestion d'eau à 6° G. la hauteur de la tension artérielle est tout à fait égale à ce qu'elle était précédemment ;

40 La répétition de l'ingestion, au bout de cinq à huit minutes, accentue le ralentissement du pouls et augmentela tension artérielle ;

0° Les mouvements respiratoires sont plus fréquents, lorsque le sujet a pris une grande quantité d'eau (1.000 à 1.250 grammes).

Glax et Klemensiewicz ont étudié l'etTet de l'ingestion d'eau chaude sur le pouls chez un diabétique, âgé de trente-deux ans. Celui-ci, après avoir bu de l'eau chaude, présenta une

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